
Communiqué du 19/10/2011 sur l’expulsion d’Ali Hounat
Ali Hounat, marié à une française et père de trois enfants français dont le plus jeune a aujourd’hui trois ans, fut expulsé vers l’Algérie le 8 septembre 2010 après un mois de rétention au Canet à Marseille. Il était en effet sous le coup d’une interdiction « définitive » du territoire prononcée il y a 14 ans !
La pétition de soutien à ce père de famille proposée sur le site de Resf (P1625) fut signée par 631 personnes et, parallèlement, ses voisins de quartier à Aix-en-Provence firent circuler une pétition papier qui reçut 237 signatures.
Une manifestation, bien relatée par la presse locale, eut lieu lors de la remise de cette pétition à la Sous-préfecture d’Aix-en-Provence alors que Monsieur Hounat se trouvait encore au centre de rétention. De nombreuses personnes se déplacèrent aussi pour manifester concrètement leur soutien ; elles le firent au Tribunal de Grande Instance proche du Canet lors de ses deux passages devant le Juge des Libertés et de la Détention puis, de nouveau, devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.
Rien n’y fit, et pour couronner le tout la Police de l’Air et des Frontières organisa un départ précipité et trompeur d’Ali Hounat vers l’aéroport de Nice pour éviter de l’expulser à partir de Marseille où la forte mobilisation des militants de Resf et des associations de solidarité aixoises aurait pu l’encourager à résister à son embarquement.
Ainsi, un père de trois enfants français scolarisés est exilé et n’a pour le moment aucune perspective de retour car la demande de levée de son interdiction du territoire qu’il avait déposée en rétention n’a pas abouti (elle ne peut être formulée qu’à l’étranger, en assignation à résidence ou en prison) et la nouvelle demande qu’il est en train d’e faire prendra encore plusieurs mois avant d’être examinée…
Ali Hounat déprime beaucoup à Alger car il est quasiment SDF et n’a pas de travail. Son épouse et ses trois enfants vivent tristement et misérablement à Aix-en-Provence avec des fins de mois très difficiles, des loyers en retard, etc., etc.
A la question que Resf posait le 14 août 2010 :
« Est-il concevable qu’après avoir passé plus de la moitié de sa vie en France, qu’après 14 ans de mariage avec une Française, avec trois enfants à charge, on puisse imaginer de le renvoyer dans son pays d’origine alors qu’il n’y possède plus aucun lien et que toute sa vie est évidemment ici à Aix-en-Provence auprès des siens ? »
on peut répondre que pour l’attelage Sarkozy-Hortefeux-Besson-Guéant la réponse est « oui ! » sans équivoque.
Amra, Hakim et Afid ont besoin de leur père.
Libérez Ali HOUNAT !
Vivant à Aix-en-Provence, marié à une Française et père de trois enfants de nationalité française, Amra 16 ans qui entre en CAP Vente cette année, Hakim 8 ans qui passe en CE2 à l'école J. Prévert (Aix) et Afid tout juste 2 ans, monsieur Ali Hounat (de nationalité algérienne) a été interpellé le 11 août.
Suite à une interdiction du territoire qui date de septembre 1997 il a été placé au centre de rétention du Canet à Marseille.
Monsieur Hounat a maintes fois tenté de se faire régulariser, il a en effet cherché à suivre les avis du Juge des Libertés puis du Juge de la Cour d'Appel d'Aix-en-provence qui lui avaient conseillé tous les deux, lors d'une précédente mise en rétention il y a trois ans, de "demander le relèvement de son interdiction du territoire"...
Mais sans succès jusqu'à maintenant, car si la double peine a été reconnue comme une mesure inhumaine elle n'a toujours pas vraiment disparu, contrairement à ce qui avait été largement proclamé il y a quelques années s'agissant de faits de délinquance mineurs.
Monsieur Ali Hounat mène pourtant une vie paisible et sans histoire, de nombreuses personnes qui le connaissent bien à Aix-en-Provence sont prêtes à en témoigner.
Nous demandons donc au Préfet des Bouches du Rhône de lui accorder la possibilité de s'occuper sans crainte de sa famille en l'assignant à résidence durant le temps nécessaire à la présentation d'une nouvelle demande de relèvement d'interdiction du territoire.
