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Henri convoqué au commissariat suite à la manif du 4 septembre

 

Chers amis, chers camarades,
Lundi donc à 9h00 je suis convoqué au commissariat suite à notre manifestation du samedi 4 septembre.
Merci du soutien que nombre d'entre vous m'ont manifesté, mais ma personne compte peu dans cette histoire ...d'autant qu'à franchement parler, je ne risque pas la lapidation !
C'est peut-être en revanche l'occasion d'un vrai combat politique et républicain dont nous avons besoin, face à ces symptômes d'une claire volonté de restreindre nos libertés.
Plusieurs ont proposé d'être présents lundi au même moment devant ou dans le commissariat, je pense en effet que c'est un bon début, mais "ce n'est qu'un début ...".
Il appartient au collectif de prendre la direction des opérations. Pour cela je passe la main à Dominique et Hervé cosignataires de la déclaration et à Régis à ma place pour la LDH ou à toutes personnes que le collectif désignera.
Pour la clarté de notre point d'appui, j'ai résumé ci-dessous les faits de cette "folle journée". Il appartient à chacun d'y apporter des compléments ou d'éventuelles corrections, pour en diffuser l'information, expurgée du commentaire ci-dessus.
Amitiés à tous
Henri
 


Une manifestation dans les règles
Dans le temps imparti nous faisons la "déclaration de manifester".
Le Sous-Préfet nous fait annoncer par mel de la préfecture (ci-dessous), vendredi soir à 17h50 (heure de l'envoi, donc je n'en prends, connaissance, et par chance, que plusieurs minutes plus tard) c’est-à-dire au moment où quasiment plus personne n’est joignable en sous-préfecture et en préfecture, l’interdiction de nous rassembler devant le Monument aux morts et le refus du trajet proposé pour notre défilé, sans aucune alternative.


Un sous-préfet provocateur
Pour comprendre sa provocation, car cela en est une, il faut savoir qu'en nous refusant le monument aux morts qui est un endroit paisible, avec un square, entre l'agitation de la gare des bus et des Allées proches, il nous proposait précisément de nous réunir sur les Allées (sans droit de défiler après le rassemblement) où se tenaient à ce moment-là de façon hebdomadaire : une exposition de plusieurs dizaines d'artistes qui y viennent régulièrement exposer leurs oeuvres, une brocante très fréquentée, des joueurs de boules (devinez leur nombre un samedi après-midi ensoleillé !), tous espaces prolongés par des terrasses de café ...et une foule de promeneurs ! Où devions-nous nous mettre ? Lorsque j'ai posé cette question à la secrétaire du cabinet du préfet, au reçu du mel, elle a immédiatement appelé le sous-préfet pour la lui soumettre et il a confirmé son ordre sans prendre ma communication. Après, je n'ai plus pu joindre personne.


Le maire circonspect
Le samedi matin, le maire à qui je téléphone, ne comprend pas la position du sous-préfet : un rassemblement sur les Allées est impensable et pour le défilé, "le salon nautique ne commence que lundi" et de toute façon, nous passerons "au large" de l'espace de ce salon que nous laisserons dans notre dos. Il nous autorise donc à nous rassembler comme prévu devant le monument aux morts, côté sud de la mairie, et à défiler ensuite sur l'itinéraire choisi, avec des escortes de la police municipale dont le directeur doit, me promet-il, me téléphoner pour en arrêter les modalités. Ce qu'il fait immédiatement vers 11h00.
A 14h20, le responsable du dispositif de la PM, se met à notre disposition.


Un ordre c'est un ordre, scogneugneu
Mais à 14h30, il me présente un gradé de la police nationale entouré de deux autres flics qui me déclare que le maire n'a aucune compétence pour nous laisser défiler et que la voie publique est du ressort du sous-préfet. Même discours de l'inspecteur des RG. Donc lui, applique cette décision et nous interdira de partir (tout en reconnaissant qu'il n'est pas possible d'aller sur les Allées ...même si c'est un ordre du sous-préfet !). Nous avons donc décidé d'inverser l'ordre des choses et de prendre nos dispositions après le discours que je prononçai presqu'aussitôt.


La grande récré ...et première tentative d'intimidation
Et après, cela a dégénéré : devant la volonté des 250 participants de ne pas en rester là, nous avons collectivement décidé de parcourir une cinquantaine de mètres symboliquement pour faire un sitting au carrefour tout proche et nous disperser ensuite. Ce que j'ai annoncé aux flics interloqués (voir photos) qui, bûtés, ont exigé que l'on arrête immédiatement notre mouvement qui avait commencé sur la chaussée. Comme réponse, nous sommes partis dans l'autre sens ...en applaudissant !! Au bout de 100m on a fait un nouveau demi tour ! Et nous nous sommes à nouveau arrêtés tandis qu'à deux reprises le chef des flics m'interpelait, voulant me conduire au commissariat une première fois (menace de garde à vue ?). Devant la réaction de plusieurs camarades du collectif il s'est dégonflé et m'a donné 2mn, "pas une de plus" (sic) pour faire évacuer la voie publique.


"Ya basta" semble répondre notre échantillon cannois du peuple à Sarko Ui
Ce que je me suis bien gardé de faire en leur disant (il était toujours flanqué de l'inspecteur des RG) que tout cela était le résultat d'un ordre stupide du sous-préfet et de l'exaspération de la population, qui en avait marre du sarkozysme et qu'il fallait qu'ils disent à leur hiérarchie, dans leur rapport, que les choses devenaient très grave, que pour notre part nous étions effectivement dépassés par le nombre (dans la déclaration nous avions annoncé "50 personnes ou plus") et par autant de détermination et de résistance, qu'à voir le public, ce n'était ni des "jeunes en capuches", ni des "terroristes barbus", mais des gens simples, jeunes et moins jeunes, bref le peuple.
10 mn plus tard, d'accord avec le collectif, j'annonçai la dispersion ...et le flic prenait mes coordonnées en vue d'une prochaine convocation pour "25 minutes d'occupation illicite de la voie publique" !


En outre, le préfet ne nous harcelle-t-il pas, depuis peu, pour les déclarations de cercle de silence ?
J'ajoute qu'en considérant l'info ci-dessous, sur l'attitude des pouvoirs publics à Paris, aux antipodes de l'attitude de nos préfet et sous-préfet il est urgent, hygiénique même, à notre avis de leur donner un coup de règle sur les doigts par une action en justice. Est-ce l'occasion ?
 
Droit de manifester
"La préfecture m'a appelé pour me dire qu'ils n'étaient pas en mesure d'interdire cette manifestation. Je le regrette", a assuré le maire du IIe arrondissement Jacques Boutault qui avait écrit au préfet de police de Paris fin août.
La PP "souhaite rappeler son attachement au droit de manifester prévue par la Constitution" rappelant que depuis le début de l'année, 3.438 rassemblements se sont tenus à Paris.
"L'exercice des libertés publiques devant toujours être préférée", dit-on à la préfecture de police, la jurisprudence a établi qu'une manifestation peut être interdite en cas de menace "exceptionnellement grave" pour l'ordre public et si "aucun dispositif policier ne parait adapté pour se prémunir contre un risque de trouble grave à l'ordre public".
Conformément à cette jurisprudence, ajoute-t-on de même source, la préfecture de police de Paris avait, en juin, interdit l'"apéro saucisson pinard", car elle estimait que "de forts troubles à l'ordre public n'auraient pas manqué de résulter du caractère provocateur de cette manifestation, dans le quartier de la Goutte d'Or".
Mais en revanche pour samedi, "aucun élément ne permet d'interdire le rassemblement", assure-t-on à la PP. Pour autant, la préfecture de police, "comme elle le fait pour toute manifestation de voie publique, mobilisera des moyens de police adaptés pour que ce rassemblement se déroule dans des conditions de sécurité satisfaisantes".

jeudi 9 septembre 2010.

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