

Il est 22 heures. Sans trop comprendre la scène qui se déroule sous leurs yeux, des enfants dont les parents - des Tchétchènes principalement - ont déposé une demande d'asile en France, jouent sous ces abris provisoires. La Croix-Rouge est venue leur fournir des sandwichs. Ces quatre familles de demandeurs d'asile, dont treize enfants, se sont retrouvées « encore une fois à la rue », déplorent les bénévoles de la Cimade, de RESF, des représentants du Parti de gauche... soit une trentaine de militants et sympathisants venus les soutenir. « On dort là tant que la préfecture n'aura pas trouvé de solution. On demande juste que la loi soit respectée. C'est-à-dire que ces familles de demandeurs d'asile soient hébergées. Et ce n'est pas à nous de décider des niveaux de responsabilité entre la préfecture du Gard, la préfecture de Région ou le conseil général », déclarent plusieurs bénévoles en colère. Car depuis quelques jours, les militants de ces associations, et plus particulièrement La Cimade, ont l'impression que les pouvoirs publics (préfecture et conseil général) se renvoient la balle. Le conseil général, qui se défend d'avoir fait plus qu'il ne devait jusqu'à ces derniers jours (lire ci-contre), a décidé de revenir sur une partie des prises en charge. Résultat, constate Fabienne de La Cimade, « des familles ont été mises à la porte de leur hôtel ». D'ici quelques semaines, une cinquantaine de personnes, dont des enfants, devraient ainsi se retrouver à la rue. De son côté, Jean-Paul Boré, conseiller régional communiste-frêchiste, a écrit au préfet du Gard et signalé, dès lundi, les cas de douze enfants et plusieurs femmes enceintes à qui un service qui dépend du conseil général a refusé un hébergement. Dans la journée d'hier, Hélène Reille, présidente de la Cimade, ou encore le pasteur Cyrille Payot, avaient rencontré Martine Laquièze, la secrétaire générale de la préfecture. « C'est une déception », a déclaré deux heures plus tard le pasteur à sa sortie de la préfecture. Selon les membres de la délégation, la secrétaire générale a renvoyé les associations vers la préfecture de Région, le tribunal administratif ou le conseil général. Jointe dans la soirée, Martine Laquièze a indiqué qu'elle comptait s'adresser de nouveau, « et très vite, au préfet de Région pour trouver une solution de fond et durable à ce problème. » En attendant, les militants et demandeurs d'asile se sont installés avenue Feuchères. Photos Fabrice ANDRÈS
