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Medias - SUD-OUEST - Sud Ouest

Caché au nom des valeurs d’humanité

 
La communauté de Tarnos a caché le sans-papiers « comme l’aurait fait l’abbé Pierre »

« À aucun moment, je ne me suis posé de questions quant à son statut. Il était sans papiers mais il bossait comme un fou. » Patrice Sarrazin est nommé responsable de la communauté de Tarnos en janvier 1996. Cela fait donc déjà trois ans qu'Omar vit en souterrain. « Avec ou sans papiers, ce n'était pas mon problème. Notre rôle consiste à accueillir ceux qui n'ont plus où aller, souvent cassés par la vie. »

Aujourd'hui directeur de Relais (1) à Bordeaux, le quinquagénaire militant de l'humain jusqu'au plus profond de sa sensibilité confesse n'avoir « jamais craint les risques de ce choix », s'en référant aux valeurs portées par l'abbé Pierre.

 

« Viens m'aider à aider »

« Les communautés sont nées parce qu'un jour l'abbé a dit à un sans-abri : " Viens m'aider à aider ". J'ai fait pareil avec Omar. Quand on entre à Emmaüs, on fait partie du mouvement, on en épouse aussi les valeurs. Il subissait des conditions de vie draconiennes, obligé de rester enfermé dans la communauté (NDLR : lire par ailleurs). Il m'était devenu indispensable, techniquement et humainement, pour gérer la communauté. Alors, je me suis battu. » S'instaure entre les deux hommes un lien que renforcent le destin, le quotidien et l'épreuve. « Quand quelqu'un, au-dessus de vous, a pris des risques avant vous, vous n'hésitez pas. Omar était devenu mon adjoint. Quand j'étais en déplacement à Paris, c'est lui qui gérait la communauté. Il travaillait de jour, de nuit, les dimanches. C'est comme cela quand on gère une communauté, cela va au-delà du contrat de travail. » C'est ce qu'il a dû expliquer aux autorités. Emmaüs s'est entouré d'un avocat, a monté un dossier. Seulement, pour demander une carte de séjour, il faut un contrat de travail… et pour obtenir un contrat de travail, il faut un titre de séjour ! Omar a tout de même fait l'objet de deux reconduites à la frontière, pour lesquelles les autorités ont fermé les yeux. Difficile d'imaginer l'adjoint d'Emmaüs chassé du territoire. « Nous avons parlementé avec le préfet des Landes, les gendarmes le connaissaient bien. Nous avons menacé de bloquer la préfecture avec tous les camions de la communauté. Nous avions pour nous la puissance de l'image d'Emmaüs. L'abbé lui-même a emmerdé les politiques pour qu'on l'écoute. »

Un soir de 1998, les deux amis ont fêté le titre de séjour d'Omar devant un match de la Coupe du monde de foot.

(1) Relais, installé quai de Queyries, sur la rive droite, récupère le textile pour le recycler

dimanche 24 octobre 2010.

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