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Nord Littoral / Jacqueline Stubert, Calaisienne - Elle aide et héberge des migrants

 
«Je ne peux pas supporter de voir quelqu'un mourir de faim.» «Je ne peux pas supporter de voir quelqu'un mourir de faim.»

C'est une personnalité de Calais Nord. Cette dame ne passe pas inaperçue avec ses cheveux rouge vif. Son visage est familier des migrants qu'elle héberge quelque fois.


Les passants la repèrent grâce à ses cheveux rouge flamboyant. Sa démarche est dynamique, elle porte des bottines recouvertes d'un jean coupe droite, une veste à moumoute et un polo légèrement échancré. Par coquetterie, elle veut taire son vrai âge et préfère en donner un autre : 65 ans. Jacqueline Stubert tient à son apparence. Elle ne sort jamais sans ses paupières et lèvres fardées, et ses pendants aux oreilles. Quand un migrant la croise, c'est l'espoir d'un café ou d'un soda. «

 Jamais d'alcool »

, appuie-t-elle.



Un café ou un soda

Comme elle ne maîtrise pas l'anglais, leurs conversations sont très élémentaires.

« Quand je leur offre à boire ils me disent "good ! Very good !" »

Habitante de Calais Nord, elle est bien placée pour les rencontrer.

« Je les croise dans la rue  ! Mais je ne vais jamais dans les parcs ! »

Cette Boulonnaise d'origine n'a pourtant rien d'une militante associative.

« Je la connais de vue, mais c'est tout »

, a déclaré une responsable de l'association d'aide aux migrants Salam.


Jacqueline Stubert ne sait pas pourquoi elle vient en aide aux clandestins.

« Est-ce par mes origines que je fais ça ? J'ai du sang indien, anglais et italien. Je ne peux pas supporter voir quelqu'un mourir de faim. »

De temps en temps, elle héberge un sans-papier.

« Une fois, on m'a dénoncée. Les policiers sont venus chez moi et ils sont repartis. Ca ne plaît pas aux voisins. Mais les migrants ne font pas de bruit ! Quand j'en héberge un, il dort sur le canapé. Je lui donne à manger. Il peut se laver. »

Dernièrement, elle a accueilli un sans-papier tunisien.

« Il s'est fait expulser. Je lui ai conseillé d'aller en Italie. »

De temps en temps, les migrants qu'elle a hébergés et qui sont partis, la recontactent. Comme ce Soudanais. « Il a même fait le ramadan chez moi ! Il est parti à Paris, puis est revenu à Calais pour voir des amis. Je l'ai hébergé. Je lui ai fait un steak et des spaghettis », raconte-t-elle. Du steak et des spaghettis, un plat qu'elle a l'habitude de faire aux migrants. « Une fois, j'en ai fait une marmite pleine pour huit réfugiés ! », clame-t-elle.



« Je ne supporte pas la solitude »

Elle affirme les héberger gratuitement.

« Je ne leur demande pas d'argent. Je ne leur demande qu'une chose. Qu'ils ne mettent pas le bazar. Je tiens à ce que mon logement reste propre ! »

Quand elle n'accueille pas de clandestins, elle vit seule. Malheureusement, elle n'a pas toujours des nouvelles des clandestins qu'elle héberge.


« Une fois, le Tunisien m'a volé. Il n'a pas de reconnaissance. Mais je l'aime bien quand même. Il m'a aidé à passer l'aspirateur quelque fois. Il m'a tenu compagnie. »

En dehors de ces épisodes, elle vit seule.

« Je ne supporte pas la solitude. »

Une solitude qu'elle combat à l'aide de ses actes de générosité.


A. V.

mardi 2 novembre 2010.

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