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témoignages : Six migrants sur la grue à Brescia Italie depuis une semaine

 

Bonjour

Je suis en Italie, à Brescia et peux témoigner d'une situation dramatique de répression contre des sans-papiers. Ce soir, émission TV nationale en direct sur place (Annozero) sur les migrants sur la grue.

Voilà la situation :

Suite à la procédure de régularisation de certaines catégories de travailleurs sans papiers lancée en mars 2009 par le gouvernement italien, de nombreux immigrés ont rempli les papiers demandés par la préfecture et payé plusieurs centaines d'euros en vue de leur régularisation (500 euros pour la procédure elle-même plus la régularisation des contributions sociales). Depuis, ici à Brescia (ville industrieuse du nord d'environ 400.000 ha, à 70 km de Milan) 4000 demandes ont été mises en attente et 1000 ont été rejetées (l'argent ayant été par contre bel et bien encaissé par l'Etat).

On a organisé un sit-in devant la préfecture pendant 32 jours, peu visible (la préfécture n'étant pas dans le centre) mais régulier, avec aussi des manifs de soutien régulières. Profitant d'une manif (non autorisée) le samedi 30 octobre dernier, la police a rasé le camp de protestation. 6 migrants de diverses nationalités, désespérés, ont alors grimpé sur une grue, à 35 mètres de hauteur, sans sécurité, en plein centre ville; c'est une grue d'un chantier pour la construction du métro (et la ville - liée à la LEGA Nord- nous reproche les 25000 euros quotidiens que couteraient le blocage du chantier).

On a organisé un nouveau sit in en bas de la grue pour rester en contact avec les six, leur transmettre vivres, couvertures et changes secs régulièrement.

Samedi dernier, du jamais vu ici à Brescia, une manifestation de solidarité aux migrants de 10.000 personnes. Résultat: lundi matin à l'aube, nouvelle offensive de la police qui a défait le sit-in, arrété violemment des militants, des journalistes, avec chasse au clandestin dans les rue de la villes, plusieurs se sont retrouvés en centre de détention et leur futur est incertain.

La journée de lundi a été tendue, les citoyens, on était 500-600, se sont regroupés spontanément sous la grue, dans le périmètre laissé libre par la police, qui a chargé. Progressivement la situation s'est détendue mais les frères sont désormais isolés, on ne peut leur faire passer les vivres que ponctuellement, en négociant à chaque fois, il y a du monde jour et nuit face au cordon permanent de la police. L'artère centrale de la ville est ainsi bloquée. Le cordon est juste en face de l'entrée de l'université et les entrées sont filtrées.

On multiplie les actions de solidarité. Ce matin on a organisé des "leçons sous la grue" avec des enseignants universitaires sur l'économie de l'immigration et la légalité des procédures.

L'ambiance n'est pas des plus joyeuses, on a peur que le découragement des "fratelli" comme on les appelle ici (les frères), ne leur fasse commettre l'irréparable ou que tout bètement, ils glissent sur les tubes d'acier. Ils n'ont aucune protection, les pompiers ont refusés de les déloger par la force car dès qu'ils s'approchent les migrants menacent de se jeter. Pas de dialogue avec les autorités qui demandent à ce qu'ils descendent avant toute négociation.

Solidarité à Milan où 5 autres migrants occupent une tour de 90 m de haut. On commence à avoir une certaine audience dans les média, mais relative.

Les migrants s'appuient sur deux organisations locales très militantes : l'association antiraciste "Diritti per tutti" et la radio libre locale "Radio onda d'urto" ( (www.radiondadurto.org).

Quelques photos et video sur ce site:
http://milano.corriere.it/notizie/cronaca/10_novembre_8/immigrati_brescia_milano-1804119175852.shtml

Tous les témoignages de solidarité sont les bienvenus et transmis dans la mesure du possible aux migrants.

Dernière minute: hier dans l'après-midi, Singh, l'un des six, de la communauté indienne, est descendu de la grue. Il a été amené par les forces de l'ordre et nous n'avons plus de contact, nous savons juste qu'il a été examiné par des médecins et qu'il va bien. Le juge de paix (qui peut prononcer l'ordre d'expulsion immédiate) examine son cas aujourd'hui. Nous savons que les 5 frères qui sont encore sur la grue sont très déterminés. En revanche, depuis que l'on ne peut plus assurer leur ravitaillement librement, ils ne reçoivent très peu ou pas de nourriture et les forces de l'ordre ne veulent pas faire monter de couvertures (il fait déjà très froid ici). Il n'y a pas non plus la possibilité de recharger leurs téléphones et le seul contact possible est visuel, nous sommes toujours plusieurs dizaines ou plusieurs centaines à leur manifester notre solidarité, jour et nuit.

Il y a eu hier une petite manif de soutien à Paris face à l'ambassade italienne.

Toute manifestation de soutien, expression de solidarité est la bienvenue.


Voir à ce sujet :

  • Medias - 20 Minutes - 20Minutes Italie : Six clandestins sont perchés sur une grue de 35 mètres depuis une semaine
    mercredi 10 novembre 2010


 

jeudi 11 novembre 2010.

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