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Le Journal de Saône et Loire / Eva, 7 ans : « J'ai vu un grand feu, partout »

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suites incendie du Foyer de Dijon

Le Journal de Saône et Loire / Eva, 7 ans : « J’ai vu un grand feu, partout »

 

Parmi les personnes logées au foyer Adoma de la Fontaine d’Ouche, 16 demandeurs d’asile ont été pris en charge à Chalon.


Valentina, 33 ans, vivait depuis près d’un an au foyer de la Fontaine d’Ouche. Elle ne sait pas combien de temps elle restera à Chalon où elle est relogée, comme la petite Tiva. Photo Gilles Dufour

Après l’incendie qui a détruit le foyer Adoma de la banlieue dijonnaise, les sinistrés sont relogés. Seize d’entre eux sont à Chalon.

 

Incendie. 16 personnes et sans doute 6 de plus d’ici ce matin sont relogées au foyer Adoma des Aubépins, à Chalon. Asile. Ils viennent du Kosovo, du Bangladesh, de République Démocratique du Congo et sont demandeurs d’asile. Victimes. 7 personnes ont perdu la vie dans l’incendie du foyer Adoma dont il semblerait qu’il soit d’origine criminelle.

Le dessin fait froid dans le dos. À la cafétéria du foyer Adoma de Chalon-sur-Saône, Eva, 7 ans, dessine au feutre jaune le bâtiment dans lequel elle vivait avec ses parents et sa petite sœur depuis leur arrivée du Bangladesh. Sur le côté de l'immeuble de la Fontaine-d’Ouche, elle décrit « le grand feu qui allait partout ». Et sur le devant, trois petits bonhommes bleus qui se jettent par la fenêtre… Les grands yeux noirs d’Eva sont pleins d’émotion quand elle parle de l’incendie dont elle a été témoin dans la nuit de samedi à dimanche. Elle s’interrompt pour consoler sa maman qui pleure en silence. Les parents parlent peu le français. Leur fille traduit. Ils remercient, sans cesse. Et tentent de contenir les larmes qui affleurent à l’évocation du drame qui a, une fois de plus, fait basculer leur vie.

Kosovo, Allemagne, Dijon et Chalon

À Chalon, Eva et sa famille ont été accueillis par l’équipe du foyer Adoma dans le quartier des Aubépins dès dimanche soir. À leurs côtés, Valentina, 33 ans. La jeune Kosovare sourit timidement en montrant ses baskets. Des chaussures trop petites, les seules qu’elle a pu récupérer après l’incendie. Valentina a fui le Kosovo lors de la première guerre, en 1991. Et s’est réfugiée, comme beaucoup de ses compatriotes, en Allemagne, pendant dix ans. Jusqu’à ce que le gouvernement allemand les renvoie au pays. « J’y suis retournée mais il n’y avait plus personne. Tout le monde était mort, je n’avais que des problèmes là-bas. » Elle a repris son sac et a de nouveau tenté sa chance de l’autre côté du Rhin. Elle a déposé sa demande d’asile il y a près d’un an. Depuis, elle vivait àla Fontaine-d’Ouche. Samedi soir, elle a eu « beaucoup de chance ». Elle dînait chez un ami dijonnais de sa meilleure copine tchétchène. « J’étais malade et comme il faisait froid, ils ont insisté pour que je reste dormir chez eux ».

« Je suis triste, tellement triste »

Les larmes lui viennent quand elle parle de cet homme qui habitait sur son palier et qui est décédé dans l’incendie. « Je suis triste, tellement triste », confie-t-elle dans un allemand impeccable. Comme Eva et Valentina, ils sont 16 à avoir posé leurs valises - quand ils ont pu les sauver des flammes - à Chalon. Six autres devraient les rejoindre ce matin, une fois sortis de l’hôpital. Le foyer les loge et les nourrit. S’ils restent à Chalon, les enfants seront scolarisés dans la semaine. Après Dijon, Tiva et Eva devront se faire de nouveaux amis à Chalon. Et oublier « le grand feu » qu’elles revoient, la nuit, dans leurs cauchemars.

fpoli@lejsl.fr
 

mercredi 17 novembre 2010.

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