
Un sans-papiers tué
Les spectateurs de La Cale auront entre-temps fait connaissance avec le comédien ivoirien de Théâtre en action, Koffi Yobouet, alias Désiré, « un sans-papiers écrasé par une voiture alors qu'il tentait de fuir un contrôle de police ». Dans cette pièce écrite par Renata Scant, la directrice de la compagnie, l'auditoire sera confronté à « un fait divers qui pourrait être réel » et à toutes « les controverses » qu'il pourrait susciter.
Un témoin très concerné
Il y retrouvera notamment, Myriam, « témoin de l'accident, tombée sur une valise renfermant toutes les lettres qu'écrivait l'immigré pour raconter son parcours à sa mère ». Il abordera alors « tous les points de vue que l'on peut observer au sein de la société à travers la famille de Myriam, emmenée jusque dans les comités de soutien et autres centres de rétention des sans-papiers ».
Née du « durcissement des lois sur l'immigration » et des « quotas instaurés par Hortefeux », la pièce « Ils marchaient vers une terre d'asile » est volontairement très « engagée », défend Renata Scant. « Des références aux " Suppliantes " d'Eschyle sont là pour rappeler la permanence de cette problématique à travers les siècles, de même que la référence à " L'Antigone " de Sophocle rappelle la contradiction entre loi et conscience », précise la comédienne avec force et conviction.
Ce nouveau grand mythe de la conscience et de la résistance sera joué le mardi 30 novembre.
