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Medias - DNA - Dernières Nouvelles d Celles qui attendent

Entretien avec Fatou Diome - La face cachée de l’émigration

 


Fatou Diome participait hier soir à un café littéraire organisé par la librairie Hartmann au centre Théodore-Monod, à Colmar. (Photo DNA-Michel Petry)

Le prix de l’amour

Celles qui attendent raconte le quotidien des Pénélopes du Sénégal. Arame et Bougna poussent leurs fils Lamine et Issa à rallier l’Europe, utopique et lointain Eldorado. Sur l’île de Niodior, où se déroule le roman, travaillent surtout des pêcheurs soumis à la concurrence des chalutiers occidentaux. On sait y vivre en silence, tenir en même temps sa peine et ses espoirs. Mais « ceux qui nous font languir nous assassinent ! », pensent tout bas Daba et Coumba, les épouses délaissées.

Dans une langue simple, Fatou Diome brosse une fable où l’amour et les rêves se paient au prix fort. Jamais résignés, ses personnages oscillent entre leurs rêves les plus fous et un pragmatisme familial où le calcul financier motive les alliances. En décrivant un système polygame où le sort des mères et des épouses dépend de la réussite des hommes partis faire fortune, l’auteur s’attaque à la fois aux conséquences méconnues de la mondialisation et à une structure familiale coercitive.

Fatou Diome est née au Sénégal et vit à Strasbourg. Elle vient de publier son nouveau roman : Celles qui attendent (Flammarion). Un livre simple sur le prix des rêves de clandestins, l'espoir et la (fausse) fatalité.

DNA : Vous portez votre regard sur « celles qui attendent » le retour des migrants. Raconter la vie ordinaire de femmes qui restent au pays : est-ce une autre manière de dénoncer le concept d'« immigration choisie » par l'Union européenne ?  Fatou Diome : Ces femmes sont la face cachée du drame de l'immigration clandestine. D'ailleurs vous dites « immigration » parce que vous regardez cela de l'Europe ! En Afrique, « émigration » signifie : départ, absence, vide. Mais aussi espoir : espoir dans le désespoir ! ...

 Propos recueillis par Baptiste Cogitore


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dimanche 28 novembre 2010.

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