Celles qui attendent
Fatou Diome participait hier soir à un café littéraire organisé par la librairie Hartmann au centre Théodore-Monod, à Colmar. (Photo DNA-Michel Petry)
Le prix de l’amour
Celles qui attendent raconte le quotidien des Pénélopes du Sénégal. Arame et Bougna poussent leurs fils Lamine et Issa à rallier l’Europe, utopique et lointain Eldorado. Sur l’île de Niodior, où se déroule le roman, travaillent surtout des pêcheurs soumis à la concurrence des chalutiers occidentaux. On sait y vivre en silence, tenir en même temps sa peine et ses espoirs. Mais « ceux qui nous font languir nous assassinent ! », pensent tout bas Daba et Coumba, les épouses délaissées.
Dans une langue simple, Fatou Diome brosse une fable où l’amour et les rêves se paient au prix fort. Jamais résignés, ses personnages oscillent entre leurs rêves les plus fous et un pragmatisme familial où le calcul financier motive les alliances. En décrivant un système polygame où le sort des mères et des épouses dépend de la réussite des hommes partis faire fortune, l’auteur s’attaque à la fois aux conséquences méconnues de la mondialisation et à une structure familiale coercitive.