
Le tribunal administratif de Marseille a suspendu mercredi l'expulsion d'un Comorien au motif qu'il pourrait avoir contracté la légionellose au centre de rétention administrative (CRA) de la ville, selon un jugement dont l'AFP a eu copie jeudi.
Cette décision intervient après la détection, le 1er décembre, d'une concentration anormale de légionelles dans une partie des locaux du centre du Canet, qui avait conduit, en fin de semaine dernière, à la libération de dix personnes et au transfert de douze autres dans d'autres CRA.
Aucun cas de légionellose n'a été signalé et des mesures de désinfection des locaux ont été prises.
Mais le tribunal, saisi selon la procédure du référé-liberté après une décision défavorable du juge des libertés et de la détention, a estimé qu'une contamination du Comorien, détenu au CRA depuis fin novembre, n'était pas exclue, la période d'incubation variant de deux à 10 jours.
Le système de santé des Comores ne garantissant pas un traitement de la maladie, au vu des pièces fournies par la préfecture, le tribunal a conclu qu'une expulsion serait contraire au droit à la vie protégé par la Convention européenne des droits de l'Homme. Une autorisation provisoire de séjour lui sera délivrée dans l'attente d'examens de santé.
Une vingtaine de cas similaires doivent être examinés par le tribunal administratif de Marseille d'ici ce week-end, selon les avocats qui représentaient le Comorien.
Voir à ce sujet :
Centre de rétention de Marseille : 10 libérations et 12 transferts pour cause de légionelles