
Encadrée par les forces de l’ordre, une centaine de personnes ont manifesté leur soutien aux demandeurs d’asile. Deux militants ont été interpellés.
Le collectif des demandeurs d'asile l'avait dit et annoncé samedi, lors de sa manifestation sur l'avenue Jean-Médecin : cette action ne serait pas la dernière. Hier matin, ils ont donc remis le couvert en s'invitant à la grand-messe célébrée en la basilique Notre-Dame pour fêter la fin des travaux de rénovation (lire en page 7). Sauf qu'ici, pas question de manifester. Juste d'imposer leur présence silencieuse devant le parvis de la basilique, pour dénoncer l'absence d'hébergement pour les demandeurs d'asile.
Autant dire qu'hier, à la sortie de l'office, il y avait de la tension dans l'air. Encadrés par un important dispositif des forces de l'ordre, une centaine de manifestants a guetté la sortie des élus et des nombreux fidèles en brandissant pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « 35 enfants à la rue, joyeux Noël ! »
Un comité d'accueil symbolique pour interpeller les autorités sur le sort des demandeurs d'asile qui, expulsés jeudi dernier de l'immeuble de l'avenue Georges-Clemenceau, se retrouvent sans toit en période hivernale.
Tentatives de médiation
Pourtant, des tentatives de médiation, il y en a eu. De la part du maire Christian Estrosi, qui a proposé à trois reprises de recevoir les membres du collectif pour « les écouter et les entendre », s'ils renonçaient à leur manifestation. Proposition qui a été déclinée.
« Quand j'invite quelqu'un, je ne mets pas de condition, a répliqué Bernard Neuville, l'un des porte-parole du collectif Asile. Nous avions prévu de faire du bruit en nous munissant de casseroles. Face au geste du maire, nous y renonçons. » Mais il n'y a pas eu de tentative de dialogue, hier. Dès l'office terminé, les élus sont partis, sans un regard, et la fête sur le parvis de la basilique a été écourtée.
Plus tôt, à l'ouverture des portes de l'église pour accueillir les fidèles, la tension était encore montée d'un cran avec l'arrestation, sans violence, de deux manifestants.
Alors qu'il distribuait un tract rappelant la solidarité du Secours catholique et des associations chrétiennes face à la détresse des demandeurs d'asile, Michel Abada, l'un des porte-parole du collectif Asile, s'est refusé à quitter le perron de l'église comme l'y invitaient les forces de l'ordre. Le ton est monté et Michel Abada a été interpellé et placé en garde à vue pour rébellion. Une arrestation à laquelle une manifestante a voulu s'opposer. En tentant de faire barrage à la voiture de police qui emmenait Michel Abada à la caserne Auvare, elle a arraché un essuie-glace. Interpellée, elle a été placée en garde à vue pour détérioration de véhicule administratif. Tous deux ont été relâchés en fin d'après-midi.
Après ces deux interpellations, la manifestation du collectif Asile s'est déroulée dans le silence et sans autre incident.
V.m. Nice-Matin
Voir à ce sujet :
Nice - Les demandeurs d’asile expulsés du squat