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Sud-Ouest / Epoux Hoxha : l'histoire d'une double peine

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Epoux Hoxha : l'histoire d'une double peine

 

Après avoir fui l’Albanie, ils pourraient être contraints d’y retourner. Ils sont suspendus à une décision de justice.


Les bénévoles et salariés du Secours populaire attendent avec angoisse la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme, espérant que les époux Hoxha pourront revenir dans le Gers. photo philippe bataille

Jeudi 9 décembre, 8 h 30. Luan et Fatbardha Hoxha sont en train de prendre le petit-déjeuner, lorsque des policiers en civil se présentent à l'appartement que leur prête l'association Regar. Ils ont à peine le temps de prendre quelques affaires, avant d'être conduits au commissariat. Très vite, c'est la mobilisation devant l'hôtel de police d'Auch.

Luan et Fatbardha sont bénévoles au Secours populaire. Les membres de l'association caritative ont sonné le tocsin et n'ont pas eu besoin de battre le rappel longtemps pour que se massent, dès midi, une trentaine de personnes, des syndicalistes, associatifs et citoyens scandalisés par la mesure d'expulsion qui se profile, alors que Luan et Fatbardha étaient tout près de décrocher chacun un travail stable. Lui dans l'abattoir kasher de Kasher Delicatessen, elle en tant qu'agent d'entretien au Conseil général.

Au centre de rétention

Rien à voir bien sûr avec les professions (1) qu'ils exerçaient avant de devoir fuir l'Albanie, mais « ils voulaient s'intégrer ici, livre Mathias Felon, secrétaire général du Secours populaire du Gers. Chez nous, c'est un petit peu le passage obligé des sans-papiers afin d'obtenir une attestation pour leur demande de titre de séjour. Généralement, dans 98 % des cas, une fois qu'ils ont obtenu le sésame, on ne les revoit plus. Luan et Fatbardha sont restés fidèles. Ils ont participé pleinement à la vie de l'association pendant un an et demi. »

Dès la fin de l'audition dans les locaux de la police auscitaine, le couple est discrètement conduit au centre de rétention de Cornebarrieu, en Haute-Garonne, où il attend depuis d'être fixé sur son sort. Sachant que les consignes martelées par Brice Hortefeux à tous les préfets de France et de Navarre qu'ils avaient convoqués à Paris lundi dernier n'indiquent pas un assouplissement des mesures d'expulsion.

Avant même d'être arrêté, Luan tenait en main une promesse d'embauche. Depuis début octobre, il avait reçu la promesse d'être employé comme ouvrier à l'abattoir kasher de la société Kasher Delicatessen. Cette société devait s'implanter dans le Gers mais pour des raisons administratives, elle abattra les volailles pour le marché de luxe kasher et allal à côté de Saint-Gaudens (31). L'entreprise n'attend plus que l'autorisation des services vétérinaires pour commencer son activité. « Mais les contrats de travail sont prêts depuis des mois », affirme Mickaël Chekroun, le chef d'entreprise.

Selon nos informations, Luan doit signer, aujourd'hui même, sa promesse d'emploi depuis le centre de rétention. Un job d'ouvrier d'abattoir. « Luan est un homme vaillant, dévoué et doté d'une grande résistance physique, explique Mickaël Chekroun. Nous recherchons des gens comme lui. Certes, nous voulons donner leur chance à des personnes qui ont besoin qu'on leur tende la main mais on n'embauche pas n'importe qui, juste pour faire de l'humanitaire. Nous avons une entreprise à faire tourner et nous avons besoin de gens sur qui compter pour cela. »

Recours européen

Dans une optique optimiste, Luan commencerait à travailler en mars, date à laquelle l'abattoir débutera son activité de foie gras et volailles destinés au marché des consommateurs de confession juive et musulmane. Un marché économique actuellement en pleine expansion.

Un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme a également été déposé il y a quelques jours pour que la mesure d'expulsion à l'encontre du couple soit retoquée. La réponse, attendue hier soir, devrait être finalement donnée aujourd'hui.

En cas de réponse négative, Luan et Fatbardha pourraient être conduits vers leur pays d'origine à tout moment. Un pays où ils risquent leur vie. « Le cousin de Luan a tué là-bas un opposant politique, explique Josette Mathurin, salariée au Secours populaire. Depuis, les époux Hoxha se retrouvent sous le coup du Kanun, une loi sociale albanaise qui implique un droit de vengeance entre familles, le sang pour le sang. »

Après s'être terrés chez eux et avoir été victimes d'une tentative d'assassinat, le couple et leur fils avaient décidé de gagner la France et le Gers, en décembre 2008. « On travaillait la langue et la recherche d'emploi pour qu'ils puissent vivre ici, reprend Josette Mathurin. Les migrations ont toujours existé. Le fait de ne pas pouvoir circuler librement me révolte. Ils ont abandonné un niveau de vie aisé, ils ont tout largué pour se réfugier chez nous. On ne peut s'imaginer les traumatismes importants qu'ils endurent depuis des mois. »

(1) Luan était commerçant dans la téléphonie et Fatbardha professeur de littérature.


Voir à ce sujet :

 

  • Medias - La Dépêche - La Dépêche du Midi - La Depeche du Midi Auch. Mobilisation pour les bénévoles albanais
    mercredi 15 décembre 2010
  • Medias - La Dépêche - La Dépêche du Midi - La Depeche du Midi Gers - Les bénévoles menacés d’expulsion devant le JLD
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  • Medias - SUD-OUEST - Sud Ouest Gers : un couple d’Albanais en voie d’expulsion
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vendredi 17 décembre 2010.

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