
Un couple de Roms et leurs enfants ont été conduits vers Hendaye. Les militants des Droits de l’homme s’indignent.
La famille de Roms Kosovars était restée à Agen en attente d’une convocation à Bordeaux. photo jean-louis borderie
La famille Krasnici et ses trois enfants de 3, 5 et 7 ans ont été interpellés hier à 6 heures du matin, dans leur chambre de l'hôtel Régina, à Agen, où ils étaient hébergés. Cette opération, qui a provoqué un véritable tollé au sein des associations de défense des sans-papiers est la conclusion d'une situation administrative délicate pour cette famille de Roms Kosovars.
Parents et enfants ont été conduits, hier, au centre de rétention administrative de Hendaye (64) en attendant « d'être présentés devant un juge des libertés sous 48 heures », indiquait-on, hier soir, du côté de la préfecture. « Cette famille a déposé une demande d'asile auprès de l'Italie. La France a donc choisi de ne pas donner suite et ils ne sont plus admis sur le sol national où ils étaient en situation irrégulière », a ajouté cette même source.
« Rafle et déportation »
Au-delà du fond, c'est surtout la forme qui a profondément choqué les associations de défense, usant de mots très durs pour qualifier cette expulsion manu militari. Le terme de « rafle » a même été employé à plusieurs reprises.
« Le personnel de l'hôtel voulait donner des madeleines aux petits, on les en a empêchés. Lorsque la personne de RESF (Réseau éducation sans frontières) est venue comme prévu porter un repas à l'hôtel, la famille n'était plus là. On essaye de se réunir et de travailler ensemble pour arrêter ces rafles et déportations ou on attend encore ? », s'est indigné un membre de RESF dans un communiqué.
Côté policier, on oppose que cette intervention est l'application d'une décision préfectorale et que les enfants ont eu de quoi se restaurer en arrivant à l'hôtel de police.

