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BLIS n° 49 : CUEILLIS A LA FLEUR DE l'ASE

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le Bulletin de Liaison Intermittent et Sporadique du RESF

BLIS n° 49: CUEILLIS A LA FLEUR DE l'ASE

 

au sommaire du n° 49 :
• Cueillis à la fleur de l’ASE
• 9 mineurs enfermés
• Campagne lycéens sans papiers
• Libres, Latir et Roni
• Abderrahmane Semgane
• Les lycéens parisiens mobilisés
• L’Oise mobilisée
• Enfermé à 13 mois, expulsé au Kosovo
• Vazgen, 6 ans, en rétention
• Le parcours de son père,David
• 22 février, folle nuit chez le sous-préfet
• Montpellier, Quinzaine RESF
Et un cahier spécial ( pages I à IV) : Orphelins de Noël et du Nouvel An.
• Chroniques de rétention
• Chroniques d’expulsions évitées
• Parrainages à Metz
• Leur mère est morte, leur père en rétention

CUEILLIS à LA FLEUR de L’ASE

 

15 février, arrestation matinale de 9 jeunes, mineurs isolés, pris en charge par l’ASE, dans les deux foyers où ils sont hébergés. L’un d’eux, témoigne avoir été menotté, interrogé en garde à vue sans interprète. Les neufs adolescents sont ensuite dispersés dans 4 Centres de rétention. Leur forfait ? Le préfet de la Somme affirme tranquillement que ces jeunes Africains ont menti sur leur âge, que leurs documents sont falsifiés, que les expertises osseuses les déclarent majeurs.

À ce jour, les tribunaux en ont libéré huit sur neuf. Et confirmé la minorité de certains d’entre eux, contredisant le préfet. Par contre, Christian, pas encore 16 ans est maintenu au CRA de Plaisir, ayant perdu devant le Juge des libertés et au tribunal administratif.

Affaire classée, retour à la vie « normale » pour les autres, malheureusement pas !

Qui pourra mesurer la place d’un tel traumatisme, un de plus, et de cette violence, chez de très jeunes gens qui pour la quasi-totalité, ont surtout connu la misère, la guerre civile, l’insécurité, la perte des parents ? Arrachés à leurs écoles, montrés du doigt comme délinquants et menteurs, même lavés du soupçon, ils vont avoir à faire de nouveau confiance aux valeurs d’une société dont ils viennent de subir la malfaisance : méfiance, rejet, violence. Heureusement, ils ont pu en même temps constater que ce déchaînement contre eux et ce qu’ils symbolisent soulève très largement, au-delà du cercle proche de leurs enseignants et leurs copains, l’indignation et solidarité.

De tels faits ne sont pas nouveaux. Les chroniques du RESF sont jalonnées des récits de maltraitance identiques, ce fut le cas en 2005 pour Samuel Johnson, collégien de 15 ans à Pau : la préfecture a été depuis condamnée. Sans oublier Frida de Beauvais, et Julio, de Rennes. Il faut que cela cesse, bien au-delà de l’utilisation contestée des expertises osseuses.

Suspicion, acharnement et violences, emblèmes des dogmes, pratiques qui font la politique de ce gouvernement.

Stigmatiser. Qu’il s’agisse d’abaisser l’âge de la majorité pénale ou d’expulser de très jeunes étrangers, c’est à une certaine jeunesse, celle des cités, celle venue d’ailleurs, que s’en prennent Sarkozy et Hortefeux. Nouvelle classe dangereuse, les jeunes.

Manipuler les peurs et les frustrations de ceux que leur politique plonge dans la pauvreté. Pour faire condamner les jeunes de Metz, accusés comme ceux d’Amiens d’avoir menti sur leur âge (voir encadré ci-dessous), l’ASE invoque l’argument du préjudice financier subi du fait de leur prise en charge. Il s’agit de sauver l’argent du contribuable et de le réserver, en faisant fi de toute notion de protection, à des plus « légitimes », ou aux amis de la caste du Fouquet’s.

Les jeunes de Metz (voir ci-contre) ont été condamnés à 4 mois de prison, histoire d’« envoyer un signal fort aux filières clandestines de passeurs » ! Que les intéressés ont dû recevoir 5 sur 5.

Le 9 mars, les députés auxquels la Constitution donne le dernier mot confirmeront vraisemblablement les mesures les plus sécuritaires et rétrogrades de la loi Besson : déchéance de nationalité, allongement de la durée de rétention, et du délai de présentation d’un retenu devant les juges, extension des zones d’attentes, accentuant ainsi les possibilités d’expulsion express.

Son application aggravera de manière significative la situation faite aux jeunes, aux familles sans papiers, comme aux travailleurs, aux étrangers malades sans papiers.

Des lois, des pratiques, des valeurs qui sont, personne n’en doute, une énième tentative frénétique de marquer la droite extrême à la culotte. Nous avons d’autres démonstrations d’autres forces pour convaincre : mobilisations, parrainages, engagements et gestes de solidarité. Le printemps n’est pas loin.


 

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vendredi 25 février 2011.

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