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Montpellier / La Fabrique à (sans) papiers

Les frontières brisées pour sauver l’éducation des sans-papiers

 

L’éducation est un droit légitime pour tous, le réseau éducation sans frontières (RESF) le clame haut et fort. A l’heure où la question d’immigration se pose dans l’Europe entière avec le printemps arabe, en France les jeunes immigrés se battent pour garder le droit de pouvoir s’instruire. Le collectif RESF de l’Hérault dirigé par Michel Elie organise du 16 au 26 Mars une exposition mettant en scène l’œuvre de différents artistes pour évoquer l’injustice d’une politique mise en place par l’Etat faisant stagner la scolarité des jeunes sans-papiers. C’est à travers le talent de plasticiens, de céramistes, de dessinateurs, de photographes que le public découvre un souffle d’humanité pour contrer l’indifférence que l’on connaît dans ce monde.

C’est à la galerie Saint Ravy que commence l’ouverture de l’exposition, place Saint Ravy, le Mercredi 16 Mars 2011 à Montpellier. Les différents artistes ont travaillé sur des thèmes variés concernant la xénophobie. Des photos prises par Anthony Jahn renvoient à différentes situations en France depuis ces dernières années, dont notamment l’affaire Najlae Lhima qui fut une polémique en février 2010. Une photo met en scène le retour de la jeune étudiante qui fut expulsée du pays étant sans-papiers, alors qu’elle se rendait au commissariat pour se plaindre de violence physique. D’autres artistes sont entrés dans le sujet par le biais de message à travers des affiches, tel Paul Gendrot provoquant avec un texte révélateur et concret, « La xénophobie d’Etat tue… français, immigrés : égalité, solidarité ». Des dessins de presse de journaux comme Le Monde sont éparpillés sur un mur, mettant en scène le Président de la République caricaturé, mais aussi les forces de l’ordre. Loul Combres, céramiste, propose à travers des jarres une représentation de la mémoire et l’histoire des personnes venant du « fond des mers ». Le message est clair : combattre est le mot d’ordre ! L’exposition veut montrer que ces jeunes sans-papiers ont des difficultés à obtenir leur carte de séjour. Mohamed, 21 ans, lycéen faisant un bac professionnel s’indigne : « enfant, vous êtes la bienvenue, dès que vous êtes majeur on vous dit de repartir chez vous ». Chaque jour il se sent menacé par le risque de sortir de chez lui et sur le chemin de l’école, la peur le hante de se faire arrêter. Mais aussi Fatima, une jeune marocaine raconte son histoire : « je suis arrivée en France à l’âge de treize ans avec ma mère et ma sœur. C’est au collège que j’ai entendu parler de l’association RESF qui depuis m’aide à obtenir un titre de séjour. Je suis parrainée par une personne qui m’aide à constituer mes dossiers administratifs et qui surtout me soutient moralement. Ça fait du bien de se sentir épaulée ». Actuellement sous le statut d’étudiante, la jeune immigrée fait une formation pour devenir auxiliaire de vie.

La solidarité dont fait appel le Réseau Education Sans Frontières s’inscrit dans l’ensemble des dessins qui ont été créés en soutien à Abderrahmane Semgane, jeune sans-papier parrainé par Lewis Trondheim, illustrateur. « Je suis en France depuis dix ans. J’avais quatorze ans quand je suis arrivé et dès ma majorité l’Etat m’a ordonné de quitter le pays. Depuis je n’arrête pas de faire des dossiers auprès de la préfecture pour obtenir un titre de séjour ». Abderrahmane est comme les autres jeunes sans-papiers, il vit tous les jours avec la peur d’être un matin exclut du pays. Mais malgré les obstacles qu’il rencontre, le jeune homme garde le sourire et espère que son statut va s’améliorer.

Le RESF aide ces jeunes à se battre, à acquérir le droit à la dignité, au respect, et surtout à un avenir paisible. Le site propose des vidéos pour accompagner les sans-papiers, à travers de petits reportages racontant leurs difficultés,    http://www.educationsansfrontieres.org/. Pour plus d’information, le site de RESF34 propose un avant-goût de l’exposition, http://www.placeauxdroits.net/resf34/ .

 

Chaque histoire possède une blessure, un combat. En ces temps où la souffrance touche différents peuples, nous devons faire preuve d’humanité. Si seulement nous avions tous une oreille attentive envers les personnes en difficulté, si seulement nous étions atteints d’un peu plus d’humilité, peut-être que l’histoire de certains changerait. L’histoire de chacun est un film qui se déroule et dont nous ne connaissons pas les obstacles, ni la fin. Car leur histoire, c’est aussi la nôtre, c’est ça qu’on appelle la Solidarité.

 

Photo : Patricia Fournier

Nicolas

vendredi 18 mars 2011.

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