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Medias - SUD-OUEST - Sud Ouest

Bordeaux - L’expulsion d’un étudiant mobilise son lycée

 

Malgré la mobilisation éclair de ses camarades et du personnel du lycée Kastler, un étudiant nigérien a été expulsé hier matin vers son pays


Les élèves et les enseignants se sont rendus à la préfecture pour plaider la cause de l’élève. Photo Thierry David

Issoufou Amadou Marou ? « Un jeune discret, qui ne parlait pas de sa situation, qui travaillait pour payer ses études, et qui bossait vraiment en cours. C'était le meilleur de la classe en maths, un calme qui ne cherchait jamais d'histoire. Ce qu'on sait de lui, c'est que du bien ! »

Tel est le portrait dressé hier matin par les copains de classe d'Issoufou, tandis que leur condisciple en première année de BTS en systèmes électroniques volait sans doute déjà vers le Niger, où il est arrivé vers 17 heures. Bien malgré lui.

Dans la cour du lycée technologique Alfred-Kastler à Talence, ils étaient deux cents environ, avec certains de leurs professeurs, à se mobiliser contre l'expulsion d'Issoufou, 25 ans, un étudiant arrivé en France comme étudiant et inscrit au lycée depuis la rentrée 2010. Les élèves ont ressorti la banderole « Kastler en colère » des précédents mouvements lycéens.

« Qu'il achève son cursus »

« Il est entré en France en toute régularité il y a cinq ans, comme étudiant, pour faire un DUT », explique Muriel Roblin, professeur d'anglais du jeune homme et Michel Hauguet, un de ses collègues. « Quand il a vu qu'il n'avait pas de nouvelles du renouvellement de son titre de séjour, il s'est inquiété auprès de la préfecture. On lui a dit que ça allait venir. En fait, l'administration avait décidé d'une Obligation de quitter le territoire (OQTF), en prétextant des résultats scolaires insuffisants. Mais elle l'a envoyée à une fausse adresse. Issoufou ne l'a appris que vendredi dernier lorsqu'il a été contrôlé dans la rue à Bordeaux, conduit au centre de rétention administrative de Toulouse. On l'a transféré à Paris dès ce matin (hier, NDLR) », poursuit-elle.

Les défenseurs du jeune homme, soutenus par le Réseau éducateurs sans frontières (RESF) de Gironde, s'indignent de la procédure, et dénoncent l'erreur administrative. « Il n'a pas pu contester l'OQTF qu'il ignorait et n'a pas pu contacter un avocat », disent-ils. « Il est inadmissible qu'on ne le laisse pas terminer ses études ici », ajoutent-t-il.

Un point de vue exprimé, sur un ton nettement plus modéré, par l'administration de l'établissement qui confirme que l'étudiant travaille normalement. « Il serait préfèrerable qu'il achève son cursus », disait hier le proviseur adjoint de l'établissement.

Les enseignants, les copains de classe et de lycée du Nigérien ont passé une partie de la matinée à adresser fax et mails aux préfectures de Gironde et de Haute-Garonne. Ils ont décroché une audience dans l'après-midi à la préfecture. Une petite manifestation s'y est rendue, en pure perte. « C'est une fin de non-recevoir. Pour la préfecture, il n'a pas eu de résultats scolaires concluants », raconte Muriel Roblin.

Professeurs et élèves comptent poursuivre la mobilisation aujourd'hui pour obtenir le retour de l'étudiant.


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samedi 26 mars 2011.

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