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« Privés de liberté »

 

Vingt étrangers en situation irrégulière sont actuellement retenus au Centre de Rétention Administrative de Metz qui devient le seul du Grand Est.


Construit en 2009, le CRA messin peut accueillir 98 personnes en attente de régularisation ou de reconduite à la frontière. Photo Philippe BRIQUELEUR

Ils ne sont que 20 à ce jour. 17 hommes et trois femmes qui errent entre les murs et les hautes grilles du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Metz-Queuleu. Officiellement « privés de liberté ». Contrairement aux détenus du centre pénitentiaire messin voisin, ceux-là n’ont pas commis d’autre infraction que de quitter leur pays pour un ailleurs forcément meilleur et de séjourner sur le sol français sans en avoir obtenu « le droit ».

Ils attendent ici la régularisation de leur titre de séjour, via les demandes d’asile, etc. Ou - sous le coup d’une mesure d’éloignement - un avion qui les ramènera vers leur pays d’origine. Comme ce Cap-verdien, dernier expulsé en date, qui a été mis dans un avion la nuit dernière à destination du Portugal.

Le taux d’occupation du CRA a pourtant doublé hier, le temps d’une visite au pas de charge du préfet de région, Christian Galliard de Lavernée, accompagné des directions des forces de gendarmerie et de la police aux Frontières (PAF). La déferlante d’officiels dans ce centre fermé n’avait pas pour objectif la régularisation massive et subite des 20 « retenus ». Le préfet Lorrain s’est tout de même autorisé une escapade de 60 secondes en zone de rétention pour y visiter l’une des deux pièces destinées à accueillir des familles (une de 9 et une de 5 personnes).

Le centre alsacien de Geispolsheim fermera en septembre

Pour assister à l’événement du jour, il fallait prendre de la hauteur. Depuis le poste de contrôle du CRA, un vaste aquarium surplombant les cours de promenade du centre, Christian Gaillard de Lavernée a annoncé le passage de relais entre Gendarmerie et PAF. Les premiers étaient jusqu’à présent les gardiens du temple, leur compétence est désormais transférée à la Direction Zonale de la Police aux Frontières - la DZPAF -, comme ce sera bientôt le cas dans toute la France. Ladite « zone » de la PAF dans l’Est, si elle a une compétence nationale, couvre l’Alsace, la Lorraine, le Doubs et comprend une dizaine de fonctionnaires basés à Dijon. « 70 % des interpellations se font en Lorraine », précise, Alain Fetre, capitaine du groupement de Gendarmerie de Moselle.

« Une rationalisation de réorganisation » dont s’est félicité le préfet. RGPP* quand tu nous tiens… Aussi, ce sont donc 102 fonctionnaires de police spécialisés dans l’immigration qui remplaceront les 60 gendarmes mobiles de Moselle habitués des lieux.

Rationalisation encore, la fermeture du CRA de Geispolsheim en Alsace, dès le 1 er septembre prochain, était annoncée conjointement. « Un regroupement qui donne la préférence à une structure puissante, aux normes et bien organisée, contre un « petit centre aux conditions de rétentions parfois difficiles », expliquait le patron des forces de sécurité lorraines.

600 reconduites à la frontière chaque année depuis Metz

Pour le commandant Simon, chef d’état-major de la DZPAF, ni la réorganisation de la gestion du CRA, ni le regroupement avec l’Alsace ne changeront grand-chose. « Dans les deux cas, les deux centres étaient loin de leur taux de capacité. Respectivement 98 places pour Metz et 36 pour l’Alsace. »

Selon la Préfecture, la Lorraine compte 179.000 immigrés*, dont 100.000 en Moselle. Dans ce département ont été délivrés chaque année 12.000 titres de séjour et 1.300 de naturalisation. 1.200 étrangers sont refusés chaque année et 600 d’entre-deux subissent des mesures de retour forcé vers le pays d’origine ou de retour volontaire, moyennant « petit pécule et billet d’avion », selon le préfet. Il a ajouté que « si sur 1.200 refus de séjour et mesures d’éloignement prononcées, seulement 600 sont exécutées, on devrait pouvoir mieux faire », se refusant de parler « d’objectifs fixés en matière de reconduite aux frontières ».

Stéphanie SCHMITT

*RGPP : révision générale des politiques publiques.

* Source INSEE, désigne les détenteurs d’un titre de séjour et les Français nés étrangers dans un pays étranger qui ont obtenu la naturalisation.


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samedi 2 avril 2011.

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