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Le tragique destin d'une famille kosovare expulsée par la préfecture de Gironde

 

Ils sont restés à Bordeaux cinq mois et la "Préfecture de Gironde a refusé obstinément d'enregistrer leur demande d'asile, au mépris des engagements internationaux sur le droit d'asile...", dénonce le comité de soutien de la famille Buzhala, une famille kosovare. Expulsés par la France, ils sont désormais dans le centre de rétention de Debrecen en Hongrie, où ils sont victimes, semble-t-il, de mauvais traitements...

Ils sont cinq dans la famille, Nazmi, le père, Kimete, la mère et les trois enfants : Fejzullah 10 ans, Leonis 5 ans, ainsi qu'Andrit, 2 ans. Leur histoire récente est un vrai calvaire. Appartenant à une minorité albanaise persécutée au Kosovo, ils ont fui le pays. Le 4 octobre 2010, en traversant à pied une rivière frontalière entre la Serbie et la Hongrie pour rejoindre un parking où les attendait une voiture pour les amener en France, ils ont été arrêtés par la police hongroise. Ils ont été détenus pendant 24 heures dans les locaux de la police, dans des conditions inhumaines : attachés, vêtements mouillés, sans nourriture, humiliés et menacés dans le but de les dissuader de déposer une demande d'asile en Hongrie. Expulsés au Kosovo, ils ont repris le chemin de l'exil le 27 novembre 2010 et après trois jours de route, cachés dans une camionnette, ils sont arrivés à Bordeaux le 30 novembre. Dès le lendemain, le 1er décembre, ils se sont présentés au CAIO (plateforme d'asile) pour demander l'asile.

"On leur a dit qu'il y avait trop de demandeurs d'asile"

"On leur a dit qu'il y avait trop de demandeurs d'asile, qu'ils n'auraient pas d'hébergement et qu'il fallait se débrouiller seuls... Ils étaient à la rue !", s'indigne le comité de soutien à Bordeaux. Ils sont allés à la Préfecture le 1er décembre. Leurs empreintes digitales ont été relevées et il a été constaté qu'elles avaient déjà été prises en Hongrie. "La Préfecture de la Gironde a refusé de recevoir leur demande d'asile au prétexte que c'est à la Hongrie de le faire", fustige le comité de soutien. Le 3 et le 4 janvier, ils ont passé deux nuits dehors près de la gare dans le froid et la pluie. C'est à Lormont qu'ils ont inscrit les deux grands à l'école, Fejzullah à l'école primaire Jean Rostand et Leonis à l'école maternelle "Ecole verte". C'est là qu'est née une solidarité associative, militante et citoyenne sur Lormont, avec le Collectif pour l'Egalité des Droits, Resf33 rive droite, la LDH. Des comités de soutien sur les deux écoles des enfants (enseignants, personnels ATOS, parents d'élèves), ont été créées. C'est grâce à eux qu'ils ont été maintenus à l'hôtel Formule 1 de Lormont, afin de permettre aux enfants de poursuivre une scolarité régulière sur les deux écoles Lormontaises. La mairie de Lormont s'est associée à ce vaste mouvement de solidarité qui s'est développé autour de la famille. Le 3 février, l'hôtel de ville de Lormont a accueilli une cérémonie de parrainage républicain. Leurs marraines républicaines sont une professeur des écoles du comité de soutien et une élue conseillère municipale. Ils ont bénéficié d'un hébergement d'urgence municipal. 

Arrêtés sous les yeux du comité de soutien


Tout a basculé lundi 18 avril. Convoqués à 10h30 pour un 4ème rendez-vous en préfecture depuis le 1er décembre 2010, ils ont été arrêtés sous les yeux du comité de soutien en Préfecture et immédiatement conduits vers le Centre de Rétention Administrative de Toulouse. Informée de la « réadmission » vers la Hongrie, l'avocate a déposé un référé liberté pour suspendre la procédure d'expulsion. Elle avait obtenu une audience pour le mercredi 20 avril à 14h. "La préfecture a passé outre, dès le soir de l'arrestation en préfecture à Bordeaux, ils étaient au CRA de Toulouse. Le lendemain matin, mardi 19 avril 2011, à 11h, suivant un programme établi la semaine dernière, ils ont été expulsés en Hongrie en avion spécial gouvernemental !", déplore le comité de soutien. "Ce sont les contribuables français qui ont payé une somme sans doute invraisemblable au regard de la situation. Le père a été frappé et tiré par les cheveux, devant ses enfants par la police française, pour l'obliger à monter dans l'avion", ajoute-t-il. Aujourd'hui, ils seraient au centre de rétention de Debrecen en Hongrie, "où ils sont très mal traités (la mère a été battue hier et a fait un passage par l'hôpital). Nous sommes extrêmement inquiets, n'oublions pas qu'il y a 3 enfants en bas âge !", indique le comité de soutien. "Tous ceux qui accompagnent cette famille depuis leur arrivée en France et en particulier depuis la constitution du comité de soutien en janvier dernier, parents, enseignants, élus, associations, organisations, simples citoyens ne comprennent pas cet acharnement et cette violence d'Etat contre cette famille...", écrit-il dans un communiqué. Une histoire parmi tant d'autres qui fait réfléchir sur notre politique actuelle d'immigration...

                                                                                                                         Nicolas César


Crédit photo : Le Comité de soutien

mardi 26 avril 2011.

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