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PARRAINAGE DE LYCEENS SANS PAPIERS au Conseil Régional d'ILE DE FRANCETémoignages au parrainage et récits de vie de lycéens (6 mai 2011)

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PARRAINAGE DE LYCEENS SANS PAPIERS au Conseil Régional d'ILE DE FRANCE
Témoignages au parrainage et récits de vie de lycéens
(6 mai 2011)

 

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Interventions de quatre jeunes majeurs au parrainage

CRIDF du 6 mai 2011

ALEXANDRA

Bonjour à tous,

Je m'appelle Alexandra Skorikova, j'ai 21 ans. Je suis arrivée en France en mai 2005 avec ma famille et on a demandé l'asile politique, mais notre demande a été rejetée en 2007. En octobre 2008 j'ai été prise en charge par l'ASE (aide sociale de l'enfance) et j'ai quitté mon domicile.  Ensuite en janvier 2009 avec RESF on a déposé mon dossier de demande de titre de séjour "vie privée et familiale" à la préfecture de l'Essonne, mais le problème qui se posait c'est que je n'avais aucun passeport. Comme ma mère est russe, mon père est arménien et je suis née en Azerbaïdjan, aucun de ces pays ne voulait me donner de passeport - la préfecture m'a demandé d'obtenir les attestations de ces 3 pays comme quoi je ne suis pas ressortissante de ces lieux. Mais j'ai pu obtenir seulement 2 attestations, la Russie ne voulait pas m'en délivrer. Donc je suis resté coincée, car pour le titre de séjour il me faut le passeport et pour la demande d'apatride il me faut 3 attestations. RESF m'ont proposé de poser sur les affiches  qui vont être collées sur Paris et 91, j'ai accepté. Vraiment à aucun moment je n'ai eu peur que à cause de ça, je vais être arrêtée, au contraire je voulais le faire pour montrer à tout le monde qu'il y a des jeunes pas comme tous les autres mais qui veulent vivre normalement. J'étais reconnue par beaucoup des jeunes au lycée et même dans la rue, mais cela ne m'a jamais posé des problèmes. Quelques mois plus tard j'ai obtenu mon passeport Russe et là le 15 avril 2011 j'ai eu mon 1er récépissé de titre vie privée et familiale. Donc ce que je veux vous dire, que ça peux prendre beaucoup de temps mais il ne faut pas rester les bras croisés, il faut agir !

 
 
NASSER

Je m’appelle Nasser, je suis yéménite, j’ai dix neuf ans et actuellement je suis en terminale CAP Plomberie au lycée Jean Monnet à Montrouge.

Je suis entré en 2006 pour rejoindre mon père qui travaillait depuis 2004. J,’ai été scolarisé et j’ai appris le français.

A l’issue de son contrat mon père a quitté la France et est retourné vivre au Yemen en me laissant avec mes deux frères, fin 2008. Depuis ce jour là je n’ai plus de contact avec ma famille.

 Très vite on s’est séparé moi et mes frères et j’ai été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance à Paris. J’ai vécu trois mois dans un hôtel, puis dans une Institution trois mois.

Ensuite j’ai été envoyé en province, dans un foyer pour continuer ma scolarité en CAP plomberie.

A ma majorité j’ai déposé un dossier afin d’être régularisé, mais cela a été refusé. Ensuite j’ai fait deux recours, mais ces deux recours ont été rejetés aussi.

Après mon deuxième recours, au mois de février, une personne anonyme a appelé mon foyer pour avertir qu’on allait venir m’arrêter. Trois jours après j’ai quitté le foyer et mon lycée et je suis venu à Paris pour me cacher. J’aimerai réussir mon projet professionnel et continuer mes études en bac pro en alternance, J’ai déjà préparé mon CV et ma lettre de candidature, mais…. il me manque des papiers.

 
 
ELVIS 
 
Je m’appelle Elvis, j’ai 19 ans et je suis actuellement en Terminale au Lycée Voltaire à Paris.

Mon histoire et mes problèmes ont commencé en mai 2010 quand mon père s’est fait arrêté au péage dans l’Eure alors qu’il allait travailler.

Je suis rentré chez moi, je marchais droit devant moi sans rien voir. En arrivant à la maison ma mère était anéantie et on passé une nuit blanche, on ne savait pas ce qui allait se passer.

Ma mère a fait des photocopies de tous les papiers qu’on avait depuis qu’on était en France et l’a transmis. La gendarmerie a même appelé le lycée pour vérifier si mon frère et moi on était bien scolarisé à Voltaire.

Les gendarmes ont été très étonnés.

Ils ne comprenaient pas pourquoi mon père payait des impôts et qu’il n’avait pas de papiers. Les gendarmes ont pris son passeport et son dossier pour le faire suivre à la préfecture de Bobigny en disant que normalement vous devriez avoir des papiers pour toute la famille. Ils ont laissé sortir mon père, m’a mère m’a appelé toute contente ton père est libéré et on va avoir des papiers.

Mais OQTF. Pour tout le monde pour mon père, ma mère et pour moi.

Quand on voit qu’on a plus d’autres solutions, même si c’est dur de le dire, de l’avouer, j’ai fini par le dire que je n’avais pas de papiers

Tous les élèves de mon lycée se sont bien mobilisés, ils sont venus à Montreuil au tribunal administratif. Un mois après j’ai eu une réponse négative.

Alors on a décidé de faire une pétition et une photo collective devant le lycée au mois d'avril pour montrer le soutien des élèves et l’envoyer au préfet. Dans un mois c’est le BAC et je n’ai pas d’avenir.

 
ABDENOUR
Je suis Hadjira Abdenour, je suis né à Alger le 24 mai 1991, mes parents ont quitté l’Algérie en 2002 pour la France, je les ai rejoint en août 2005 accompagné de mon frère. Dès mon arrivée en France j’ai été scolarisé, et suis actuellement en Term STG au Lycée Saint Exupéry à Creteil.

Suite à mon arrestation au mois de mars, j’ai été placé en garde à vue et emmené en centre de rétention.

Quand je suis arrivé au centre de rétention du Mesnil Amelot, j’ai ressenti un vide, j’ai pensé à tout ce qui s’est passé et je n’arrivais pas à me rendre compte.

Hier j’étais avec ma mère et aujourd’hui je suis en rétention en attente d’être reconduit en Algérie.

Entré au centre, on m’a conduit dans ma cellule où il y avait un homme d’une quarantaine d’années lui aussi arrêté. Le plus dur pour moi c’était d’admettre que je suis loin de chez moi sans personne tout seul, dans un centre de rétention, moi qui pensais préparer mon bac cette année.

Je vois tout s’écrouler devant moi. Dès mon arrivée on m’a passé mon téléphone et j’ai pu contacter ma famille après quelques jours sans aucune info.

Ma famille m’a informé qu’il y avait des personnes derrière moi et qu’ils feront tout pour m’aider. Mais moi qui étais dans le centre je n’y croyais pas vraiment. Chaque jour je vois des personnes qui sont conduites dans leur pays, alors je me dis que peut être ça serait la même chose pour moi.

Le centre est un endroit secret, il y a différents blocs et chaque bâtiment est équipé de plusieurs cellules. On peut se déplacer librement. Depuis mon arrestation, je n’ai rien mangé, physiquement faible et moralement détruit. Les premiers jours ont été les plus difficiles à vivre. J’ai essayé d’être fort moralement mais les pensées ont pris le dessus j’ai même explosé en pleurs en pensant à ma famille, à mes petites sœurs et mes petits frères qui vont grandir sans leur grand frère.

J’ai commencé à côtoyer un peu les autres personnes : tout le monde est détruit moralement , c’est dur dur dur. Je ne dormais presque pas, je me faisais une autre idée de la France dans ma tête, ce pays d’accueil qui renvoie les gens chez eux où ils n’ont plus rien.

Jusqu’au jour où on m’a annoncé que des élèves manifestaient pour moi devant la préfecture, pour moi c’est inédit : savoir qu’il y a des personnes derrière moi, c’est très surprenant, j’ai jamais été confronté à une telle situation.

Pendant la manifestation, j’ai été mis en direct avec les manifestant via portable, j’ai entendu qu’ils criaient mon nom à haute voix, cela me rendait heureux, je me disais aujourd’hui je ne suis pas seul. Et qu’il y a des gens bien solidaires à un point qu’ils manifestent pour moi. Tout le monde s’est mobilisé pour moi qui était loin de tout cela, c’est fort émotionnellement et encourageant.

Grace à cette mobilisation devant la préfecture et la pétition signée par 1400 personnes, le préfet a décidé de me libérer sans annuler mon APRF. A ma sortie, je ne croyais pas du tout que j’étais à Créteil dans les bras de ma mère.

Le tribunal a depuis annulé mon APRF, le préfet du Val de Marne a un nouveau dossier pour toute la famille et depuis nous attendons la réponse qui j’espère sera bonne.

 

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recit_de_vie_JM_parrainage(1).doc

 

 

ESSONNE 91
 
LIONEL 19 ans
Lycée L’Essouriau
Les Ulis

Lionel vit en France depuis 2008 chez son oncle qui est également son tuteur légal. Il est actuellement en terminale CAP conduite système industriel .

Lionel a été arrêté le jeudi 10 mars 2011 alors qu'il était en voiture avec l'un de ses amis. Il a passé la nuit en garde à vue et a été envoyé au LRA de Choisy le Roi le lendemain. Dès que le lycée a été averti de l'arrestation de Lionel, une pétition a circulé dans l'établissement : 240 signatures en quelques heures. Lionel a été libéré par le juge des libertés et de la détention le samedi 12 mars. Deux enseignants ont accompagné Lionel au tribunal administratif qui a annulé l'arrêté de reconduite à la frontière. Lionel doit maintenant obtenir sa régularisation.

 
NAIMA 20 ans
Lycée Théodore Monot
Antony

Naima est arrivée avec ses parents et frères et soeur le 10 mai 2007. La famille a fait une demande d'asile puis un recours qui ont été rejetés. La famille qui était prise en charge en CADA s'est retrouvée rapidement sans ressources et a réussi avec beaucoup de difficultés à trouver un logement. Ils ont demandé en préfecture d'étudier leur droit au séjour au titre de la vie privée en novembre 2009, refusée le 19 Mai 2010. En réponse, la famille a eu une OQTF à cette date et comme Naima était majeure, elle en a eu une personnellement.

 
 

HAUTS de SEINE 92

 
AICHA, 18 ans
Lycée Jean Jaurès
Châtenay-Malabry

Je m’appelle Aicha, je vais avoir 18 ans au mois de mai, je suis marocaine, nous sommes trois soeurs. Au Maroc c’était un peu difficile de continuer les études, mes parents m’ont envoyée en France pour avoir un meilleur avenir que celui au Maroc.

Mon père a fait une tutelle à mon cousin, qui m’a prise en charge avec ma tante. Quand je suis arrivée en France, au lycée, j’avais trois langues nouvelles à apprendre, le français, l’espagnol et l’anglais. J’ai remplacé l’espagnol par l’arabe avec les cours du CNED. Je suis en 1ère ST2S. Je voudrai passer les concours d’infirmière.

Je trouve que la vie est un peu dure parce que je n’ai pas « encore » les papiers et que ma vie est différente des autres. J’ai une petite sœur, je dois m’en occuper, et en plus de mes devoirs, je dois travailler pour ma famille, et je dois aussi travailler à côté pour mes dépenses. Ma vie n’est pas la même que celle des filles de ma classe, ce n’est pas comparable.

Je suis venue déposer mon dossier à 6 heures du matin à la préfecture en février, la dame a vu que je n’avais pas de visa pour entrer, ça m’inquiète. On m’a donné un rendez-vous pour le 4 mai. J’attends.

 
KHADIJA 19 ans
Lycée Jean Jaurès
Châtenay-Malabry

Au Maroc, je vivais avec mes parents. Et quand mon père est mort, je vivais avec ma mère et ma grand-mère, mais c’est mon oncle qui me commandait. Et ma mère n’avait pas de ressources pour me faire étudier. Elle a fait la kafala à ma tante, qui est française, et je suis venue. Mais en France, ma tante n’a pas eu l’autorité parentale pour moi. Je suis arrivée en septembre 2007, et j’ai attendu jusqu’en mai de l’année suivante pour avoir une place à l’école, à Puteaux.

 Je suis en terminale de CAP agent polyvalent de restauration, je termine dans deux mois, et je ne sais pas ce que je peux faire après. J’ai 18 ans depuis le mois d’octobre. J’ai déposé ma demande de régularisation en février, à Boulogne et j’attends.

Je voudrai travailler, j’ai trouvé un patron pour faire un CAP en alternance, mais sans papiers, il ne me prend pas. Il va appeler la préfecture, j’espère vraiment que je vais avoir mes papiers. Sinon, qu’est ce que je ferai ?

 
IBTISSEM 19 ans
Lycée Florian
Sceaux

Je suis arrivée en France le 22 septembre 2009 avec ma mère (46 ans) et mon frère Rabii. Ma mère était divorcée depuis 2005 et avait du mal à subvenir à nos besoins.

A mon arrivée en France, j’ai pu aller au bout de 4 mois en classe de CLA pour mieux maîtriser le français. C’était à Villeneuve la Garenne, et on habitait Antony.

J’ai obtenu des félicitations et j’ai pu intégrer en septembre 2010 une 1ère année de CAP Employé de commerce

Ma scolarité se passe très bien et le conseil de classe m’a félicitée pour les deux premiers trimestres. J’ai suivi ma mère en France : elle était seule à nous élever mon frère et moi, et elle a dû partir travailler en Espagne. Avec la crise, la boulangerie où elle travaillait a fermé, et elle est venue en France pour trouver un autre travail pour pouvoir nous éduquer correctement.

Je souhaite pouvoir continuer ma scolarité en France et trouver rapidement du travail dans le commerce. J’espère que nous ne serons pas renvoyés en Espagne. Je suis motivée et je pense avoir les capacités de poursuivre vers un baccalauréat Commerce. Ma mère et mon frère ont aussi déposé une demande de séjour Vie Privée et Familiale.

 
MAMITIANA 18 ans
Lycée Florian
Sceaux

Mamitiana est arrivé en France en août 2004, à l’âge de 11 ans. Il a rejoint sa sœur, nommée tutrice par un jugement fait en mairie à Madagascar et que la France ne reconnait pas comme autorité parentale valide. Sa soeur et son mari, tous deux réfugiés politiques, sont devenus français. Mamitiana est en terminale Bac pro comptabilité vente. Il aura besoin d’un titre vie privée et familiale pour travailler ou poursuivre en alternance. Pas moyen de trouver une entreprise sans titre de séjour. Il n’a pas encore pu déposer de demande. Son anniversaire est en septembre, et les inscriptions se font dès maintenant !

 
 
NATACHA, 19 ans
Lycée Florian
Sceaux

Je suis arrivée de RDC en France fin 2004. En RDC, je vivais avec ma grand-mère qui a organisé mon départ. Depuis je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Je ne connais pas mon père et je ne me souviens pas de ma mère, c’est ma grand-mère qui m’a élevée. L’homme qui est venu me chercher en RDC m’a fait passer pour sa fille. En France, j’ai vécu avec sa femme, leurs cinq enfants et lui à l’hôtel. Ma vie était trop dure, je devais m’occuper des enfants, trouver de l’argent pour les nourrir, la femme me maltraitait. En même temps j’allais à l’école primaire. A 12 ans, on m’a mis en CE1. Un jour,  c’était trop difficile à supporter, j’avais 15 ans, je suis partie en fugue. Ensuite j’ai demandé de l’aide et j’ai été placée dans un foyer. Je suis actuellement sous contrat jeune majeur et je termine mon CAP coiffure. Pour avoir mes papiers, c’est compliqué, car la femme chez qui j’ai vécu ne veut pas me rendre mes papiers : je n’ai rien, que ma carte vitale. Je ne peux rien faire, ni chercher du travail ni une formation en alternance.

 

VADIM 18 ans

Lycée Jean Monnet

Montrouge

Vadim est Moldave. Il aura 18 ans le 30 septembre prochain. Ses parents vivent en France depuis plusieurs années. Sa mère a un titre de séjour salarié (elle travaille dans l’aide à la personne) mais son père a été arrêté et placé en rétention à l’été 2009. Il a finalement été libéré par le JLD (Juge des libertés et de la détention). Vadim et son jeune frère Adrian qui avaient été confiés à leur grand-mère, ont rejoint leurs parents en 2009. Ils ont été scolarisés, ont appris le français. Vadim est aujourd’hui en 1ère année CAP Plombier chauffagiste. Il risque fort de recevoir son avis d’expulsion pour son 18e anniversaire

 

NASSER 20 ans

Lycée Jean Monnet

Montrouge

Je m’appelle Nasser, je suis yéménite, j’ai dix neuf ans et actuellement je suis en terminale CAP Plomberie au lycée Jean Monnet à Montrouge.

Je suis entré en 2006 pour rejoindre mon père qui travaillait depuis 2004. J,’ai été scolarisé et j’ai appris le français.

A l’issue de son contrat,  mon père a quitté la France et est retourné vivre au Yemen en me laissant avec mes deux frères, fin 2008. Depuis ce jour là je n’ai plus de contact avec ma famille.

 Très vite on s’est séparé moi et mes frères et j’ai été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance à Paris. J’ai vécu trois mois dans un hôtel, puis dans une Institution trois mois.

Ensuite j’ai été envoyé en province, dans un foyer pour continuer ma scolarité en CAP plomberie.

A ma majorité j’ai déposé un dossier afin d’être régularisé, mais cela a été refusé. Ensuite j’ai fait deux recours, mais ces deux recours ont été rejetés aussi.

Après mon deuxième recours, au mois de février, une personne anonyme a appelé mon foyer pour avertir qu’on allait venir m’arrêter. Trois jours après j’ai quitté le foyer et mon lycée et je suis venu à Paris pour me cacher. J’aimerai réussir mon projet professionnel et continuer mes études en bac pro en alternance, J’ai déjà préparé mon CV et ma lettre de candidature, mais…. il me manque des papiers.

 
BUJAR, 20 ans
Lycée Balavoine
Bois Colombes
 

Bujar réside à Colombes. Il est Kosovar. Il a 20 ans. Il a suivi un CAP Vente dont il est titulaire. Il a intégré ensuite un Bac Pro Commerce. Il est actuellement en Première. Il est arrivé en France en mai 1997 (il avait 6 ans) au titre du regroupement familial. Avec sa mère et son frère, il est venu retrouver son père qui était en France depuis longtemps (mais il ne se souvient pas du nombre d'années).

Un dossier de régularisation a été déposé à la préfecture de Nanterre le 4 février 2011 par le médiateur de Colombes. Il est actuellement sans nouvelles du traitement de son dossier.

 
 
HASSANA
Lycée Balavoine
Bois Colombes
 

Hassna a 20 ans et est en France depuis 3 ans. Elle a suivi sa mère, sans papiers. Elle est accompagnée de sa petite soeur, qui a une maladie assez grave et se fait soigner ici. Son père, resté au Maroc, est décédé cette année. Elle n'a donc plus aucune attache au Maroc, hormis un frère un peu plus âgé.

Elle vit à Bezons, jusqu'à présent dans un foyer d'hébergement du 115 ou à l'hôtel. Elle est en terminale CAP Vente. A l'issue de son CAP, elle entend poursuivre ses études en se réorientant dans le secteur de l'esthétique.

Fin juin la préfecture lui a signifié par courrier un refus, puisqu’elle un parent au Maroc (sic !) Elle va refaire en juin une nouvelle demande.

 
 
Val de Marne 94
 
 

ADJE CESAR 19 ans

 

 

Lycée Langevin Wallon
Champigny

 

 

Je me nomme Adgé César, je suis né le 11 octobre 1992 en Côte d'Ivoire. J'ai rejoint ma mère en décembre 2009 en Italie où elle vivait depuis dix ans pour continuer mes études. Je suis titulaire d'un titre de séjour italien longue durée. Ma mère étant tombée malade fut obligée d'arrêter le travail. Elle n'avait plus les moyens pour payer mes cours. Sur les conseils d'un ami de ma mère, je suis rentré en France dans le but de poursuivre mes études en mars 2010. J'ai pu m'inscrire en 1ère S SI (Sciences de l'ingénieur) à la rentrée 2010 au lycée Langevin Wallon. Ma mère est toujours malade."

 
DJIBRIL 21 ans
L.P. Gabriel Péri
Champigny-sur-Marne,

Djibril, élève de première est menacé d’expulsion. Il est né en octobre 1990 au Mali. Il vit en France avec son père et ses frères depuis l’âge de treize ans. Son père est français, ainsi que ses frères et sœurs, un autre ayant un titre de séjour.

Djibril a sollicité un titre de séjour en avril 2008, en tant qu’enfant de parent français. Son père est en France, sa mère au Mali, où elle a refait sa vie. C'est pour cela que Djibril a rejoint son père. C'est parce que sa mère vit au Mali que la Préfecture a refusé de régulariser Djibril et lui a notifié une « obligation de quitter le territoire » en août 2009, Mais c'est en France que vit la majorité de sa famille et de ses amis.C’est en France que Djibril a fait ses études au collège, puis au lycée, où il a obtenu un CAP et prépare maintenant un Bac Pro.

Le tribunal administratif, puis la Cour d’appel administrative ont confirmé le refus de séjour. C’est l’absurdité des lois de plus en plus inhumaines. Le seul salut de Djibril, c’est la solidarité de sa famille, de son lycée, des élus et des simples citoyens. En attendant que la loi change.

 
 

CECILIA 18 ans

 

 

Lycée Pierre Brossolette

Le Kremlin Bicêtre

 

Cecilia est née au Congo Kinshasa le 23 mars 1993. Elle y a vécu avec sa mère. Aujourd’hui, sa mère a disparu et Cecilia n’a plus aucune nouvelle d’elle. Le 6 décembre 2009, elle a rejoint en France son père, qui est titulaire d’une carte de résident, et a vécu avec lui, à Chevilly-Larue (94) jusqu’en janvier dernier. Ensuite, des relations familiales de plus en plus difficiles l’ont contrainte à partir.

Peu après sa rupture avec son père, elle a atteint sa majorité. Pour ne pas vivre dans la rue, elle est hébergée chez des amis en attendant, mais c’est du provisoire. Peu avant sa majorité, elle a demandé, par l’intermédiaire de l’assistante sociale de son établissement, le soutien de l’Aide Sociale à l’Enfance. Elle souhaite obtenir un contrat jeune majeur. Le comble serait que celui-ci lui soit refusé faute de titre de séjour.

Très appréciée de ses professeurs, elle suit avec succès des études en BEP carrières sanitaires et sociales. Elle a le projet de poursuivre jusqu’au baccalauréat puis de s’engager dans des études d’infirmière. Ses enseignants l’y encouragent, mais cela nécessitera un titre de séjour autorisant à travailler.

 
 
 

ELISABETH 23 ans

 

L.P. Val de Bièvre
Gentilly

Elisabeth est née le 08 /08/1988 à Lagos. En France depuis 2005. Fille d’un Attaché à l’ambassade du Sénégal aujourd’hui retraité. Elle a bénéficié d’un "Titre de séjour dérogatoire" restitué en novembre 2009 et a demandé dans la foulée sa régularisation. Elle est toujours en attente, car de rendez vous en rendez vous,  la préfecture lui demande des preuves de présence supplémentaires.

 
ABDENOUR 20 ans
Lycée Saint-Exupéry
Créteil

Je suis Hadjira Abdenour, je suis né à Alger le 24 mai 1991, mes parents ont quitté l’Algérie en 2002 pour la France, je les ai rejoint en août 2005 accompagné de mon frère. Dès mon arrivée en France j’ai été scolarisé, et suis actuellement en Term STG au Lycée Saint Exupéry à Creteil.

Suite à mon arrestation au mois de mars, j’ai été placé en garde à vue et emmené en centre de rétention.

Quand je suis arrivé au centre de rétention du Mesnil Amelot, j’ai ressenti un vide, j’ai pensé à tout ce qui s’est passé et je n’arrivais pas à me rendre compte.

Hier j’étais avec ma mère et aujourd’hui je suis en rétention en attente d’être reconduit en Algérie.

Entré au centre, on m’a conduit dans ma cellule où il y avait un homme d’une quarantaine d’années lui aussi arrêté. Le plus dur pour moi c’était d’admettre que je suis loin de chez moi sans personne tout seul, dans un centre de rétention, moi qui pensais préparer mon bac cette année.

Je vois tout s’écrouler devant moi. Dès mon arrivée on m’a passé mon téléphone et j’ai pu contacter ma famille après quelques jours sans aucune info.

Ma famille m’a informé qu’il y avait des personnes derrière moi et qu’ils feront tout pour m’aider. Mais moi qui étais dans le centre je n’y croyais pas vraiment. Chaque jour je vois des personnes qui sont conduites dans leur pays, alors je me dis que peut être ça serait la même chose pour moi.

Le centre est un endroit secret, il y a différents blocs et chaque bâtiment est équipé de plusieurs cellules. On peut se déplacer librement. Depuis mon arrestation, je n’ai rien mangé, physiquement faible et moralement détruit. Les premiers jours ont été les plus difficiles à vivre. J’ai essayé d’être fort moralement mais les pensées ont pris le dessus j’ai même explosé en pleurs en pensant à ma famille, à mes petites sœurs et mes petits frères qui vont grandir sans leur grand frère.

J’ai commencé à côtoyer un peu les autres personnes : tout le monde est détruit moralement , c’est dur dur dur. Je ne dormais presque pas, je me faisais une autre idée de la France dans ma tête, ce pays d’accueil qui renvoie les gens chez eux où ils n’ont plus rien.

Jusqu’au jour où on m’a annoncé que des élèves manifestaient pour moi devant la préfecture, pour moi c’est inédit : savoir qu’il y a des personnes derrière moi,  c’est très surprenant, j’ai jamais été confronté à une telle situation.

Pendant la manifestation,  j’ai été mis en direct avec les manifestant via portable, j’ai entendu qu’ils criaient mon nom à haute voix,  cela me rendait heureux, je me disais aujourd’hui je ne suis pas seul. Et qu’il y a des gens bien solidaires à un point qu’ils manifestent pour moi. Tout le monde s’est  mobilisé pour moi qui était loin de tout cela, c’est fort émotionnellement et encourageant.

Grace à cette mobilisation devant la préfecture et la pétition signée par 1400 personnes,  le préfet a décidé de me libérer sans annuler mon APRF. A ma sortie, je ne croyais pas du tout que j’étais à Créteil dans les bras de ma mère.

Le tribunal a depuis annulé mon APRF, le préfet du Val de Marne a un nouveau dossier pour toute la famille et depuis nous attendons la réponse qui j’espère sera bonne.

 
 

OUSSAMA 18 ans

 

 

Lycée Saint-Exupéry
Créteil

 

 

Oussama est le frère d’Abdenour, élève de seconde Pro. Leur histoire est la même, sans arrestation.
 

 

 

 

 

 

BERETINE, 21 ans 

 

Lycée Jean Jacques Rousseau

Vitry

Bérétine est Haïtienne. Arrivée en France en 2005, à 15 ans,   sa tante l'a accueillie, puis décède en mai 2010. Bérétine vit chez son oncle avec ses cousins. Lors du tremblement de terre de janvier 2010, en Haïti, de nombreux membres de sa famille décèdent ou deviennent fortement handicapés.

 

Plusieurs mobilisations et rassemblement, pétition et une audience (mars 2011) à la préfecture lui

 

 

permettent d’obtenir une Autorisation provisoire de séjour et l’annonce d’un titre de
séjour étudiant. Un répit, mais en aucun cas le titre adapté à sa situation : Bérétine,
comme de nombreux jeunes majeurs étrangers a besoin de travailler et de
poursuivre en alternance sa formation.

 

 
 
RONY 21 ans
Lycée Hector Berlioz
Vincennes
 
 

Née au Congo Brazaville, elle est élève de 1ère année de BTS MUC (management des unités commerciales). Arrivée en France en 2009, elle fait sa demande de visa long séjour étudiant hors délai à la préfecture du 93 et reçoit un refus avec Obligation de quitter le territoire français (OQTF) en juin 2010. Ses parents sont au Congo et rompent alors tout contact avec elle.

 

Arrêtée à Paris le 14 février 2011, Rony a été mise en rétention au CRA de Cité. Lorsqu’elle passe devant le Juge des libertés et de la détention, on est en pleines vacances scolaires, mais sa classe se mobilise au tribunal : tous les élèves signent une pétition demandant sa libération et un titre de séjour pour elle. Elle est libérée et la mobilisation continue.

 
 

GAEL 19 ans

 

 

Lycée Jean Macé
Vitry sur Seine

 

 
 

Arrivé en France en 2009, Gael est élève en 1ère pro électro technique, il vit chez sa mère qui y a construit sa vie, y élève ses enfants nés en France et a un titre Vie privée et familiale

 

Il a déposé une demande de titre le jour de ses 18 ans,  a reçu un refus en novembre 2010   mais sans Obligation à quitter le territoire. Il a fait un recours gracieux, le réexamen du dossier est accepté. On attend…..

 
PARIS
 
Zhi Xiang ZHENG 21 ans
Lycée Jean Jaurès

Arrivé en France en 2005, à l’âge de 15 ans pour rejoindre sa famille. Vit avec père et mère en situation régulière. Dépôt de dossier à la Préfecture en mars 2011 pour la deuxième fois, toujours sans réponse

Chenlei ZHANG, 19 ans et demi
Lycée Jean Jaurès
 

Fils unique, né à Zhejiang (Chine). Avant de rejoindre ses parents en France en 2005, il a vécu avec les seuls membres de sa famille encore en Chine, ses grands parents paternels dont il ne reste plus aujourd’hui que le grand-père, âgé.

Depuis 2005, il vit avec ses parents, en France depuis 2001, et toujours sans papiers. Arrivé en France, il est passé par une classe d’accueil et une classe de FLE puis a passé trois CAP : Peintre Applicateur de revêtement,  Carrelage Mosaïque et Tailleur de pierre

Son père a subi plusieurs arrestations et rétentions dont une le 7 juillet 2010 aboutissant au CRA de Vincennes, libéré par la solidarité RESF (proviseur et professeurs de Chenlei)

Chenlei a reçu, 4 jours après ses 18 ans, une OQTF, a lancé un recours. Il avait fait une demande VPF en refusant le titre étudiant et n’avait jamais eu de nouvelles avant. Il souhaiterait continuer ses études dans le domaine de la restauration.

 

ARCHILE 19 ans

 

 

Lycée Hector Guimard

 

Je m’appelle Archile. Je suis né le 25/12/1992 à Kinshasa, en république Démocratique du Congo. Je suis venu en France avec le pasteur de mon église. Nous sommes passés par le Congo Brazzaville. Mon père a été assassiné le 30 septembre 2009, il était soldat, chef de sécurité du ministre des affaires étrangères. Notre maison a été saisie par les militaires et nous nous sommes réfugiés chez le pasteur.

Je suis arrivé en France le 6 octobre 2009. Le pasteur m’a laissé à Saint-Denis avec 50 euros. J’ai dormi devant une église à Saint-Denis. J’ai rencontré un compatriote qui m’a conduit à France Terre d’Asile. J’ai été pris en charge par FTA le 12 octobre et suivi par eux jusqu’en mai 2010, date à laquelle le juge des enfants m’a confié à l’Aide Sociale à l’Enfance de Paris. FTA continue toujours de s’occuper de moi dans le cadre de ma demande d’asile.

En avril 2010 j’ai été orienté au lycée professionnel Erik Satie où j’ai été scolarisé en classe d’accueil à la rentrée de septembre.

Je suis maintenant en 1ère année de CAP Couverture au lycée Hector Guimard. A l’approche de mes 18 ans j’ai demandé un contrat jeune majeur afin que je puisse terminer ma formation, ce que je souhaite pour pouvoir me lancer dans le monde du travail. Si ma situation administrative le permet, je voudrais également obtenir mon diplôme.

 
 

SEKOUBA 17 ans

 

 

Lycée Hector Guimard

 

Je suis arrivé en juin 2010 en France, à l’âge de 15 ans. Mon grand frère m’a envoyé en France car je désirais faire une école de football. Une personne devait me prendre en charge à mon arrivée, m’inscrire dans une école de foot qui me donnerait également un complément de formation scolaire. Ce monsieur était bien là à mon arrivée, m’a accueilli dans sa famille mais son engagement n’a pas été tenu. Il m’avait fait venir en réalité pour que je m’occupe de sa maison et de ses enfants. Moi, j’essayais, à chaque fois que c’était possible, de sortir pour aller jouer au foot avec les enfants du voisinage, ce qui ne plaisait pas du tout à cette famille. Et comme, j’ai refusé de continuer à m’occuper de sa maison et que j’ai répété mon désir de m’inscrire dans une structure pour jouer au foot, ils m’ont mis à la porte en août 2010. Je n’ai aucune famille en France. Heureusement, un ami (Hamidou, un jeune Malien de 23 ans que j’ai connu en France) m’a hébergé pour que je ne dorme pas dehors. C’est une de ses amis qui m’a conseillé d’aller à l’ASE puisque je suis mineur et il m’y a accompagné.

Depuis fin août 2010, je suis donc pris en charge par l’ASE, j’habite dans un foyer à Argenteuil et je suis au lycée Hector Guimard à Paris dans le 19è arrondissement. Je prépare un baccalauréat professionnel du bâtiment en section « aménagement et finition ». Je me plais beaucoup dans mon lycée, j’ai été élu au CVL (conseil de la vie lycéenne) et je suis créateur et rédacteur en chef du journal du lycée « Guimard Actu ».

Au mois de mars 2011, j’ai eu une grande peur : mon ami Hamidou, qui est comme un frère pour moi, a été arrêté, mis en centre de rétention (il est sans papiers). J’ai aussitôt alerté le réseau éducation sans frontières qui s’est occupé de lui et a réussi à le sauver de l’expulsion. Le jour de sa libération a été un très grand jour pour moi et j’ai envie de me battre avec RESF pour que cessent ces injustices.

 
 

PAMPHYLE 21 ans

 

 

Lycée Camille Jenatzy

 

Voici mon parcours depuis septembre 2006 date de mon arrivée en France

Je suis d’origine congolaise de la république démocratique du Congo (RDC). Je suis arrivé ici en France à l’âge de 17 ans, hébergé par mon frère ainé, en tant que mon représentant légal. En 2006, comme j’étais encore mineur, mon frère a déposé un dossier d’autorité parentale au tribunal de grande instance de Paris. Le tribunal de grande instance nous a répondu après 2 ans ; donc ils ont tardé pour que je devienne majeur pour qu’il annule le dossier. Après j’ai fait une demande de carte de séjour à la préfecture en 2008, ils ont refusé. En 2009 j'ai pris un avocat pour me défendre au tribunal administratif, ils ont accepté de me donner un récépissé de 3 mois renouvelable le temps que mon dossier est encours de traitement. En 2010 la préfecture a refusé de me renouveler mon récépissé, ils m’ont envoyé encore une OQTF. En 2011 j'ai pris encore l’avocat pour faire le recours au tribunal administratif de Paris, ça n’a pas marché et ils m’ont encore envoyé une OQTF, donc maintenant je vais faire une demande d’aide juridictionnelle pour faire un autre recours

Voici mon parcours scolaire au lycée professionnel d’automobile Camille Jenatzy :

-         2006 premières années de BEP  

-        2007 deuxièmes années de BEP

-         2008 première année de baccalauréat

-         2009 deuxième année de baccalauréat

Comme je raté mon bac cette année je continue
 
 
JOLIE 20 ans
 

Lycée Camille Jenatzy

 

Je m'appelle Jolie, je suis née le 27 octobre 1991 à Kinshasa/ RDC. Je suis arrivée en France le 9 /9/2007 clandestinement  avec l'aide d'un ami de mon père suite à son arrestation par le pouvoir en place de la RDC Mon père appartenait à un parti politique (MLC).  Nous avions fait la propagande pendant la période des élections qui ont eu lieu en 2006. Mon père était le président du parti MLC de notre quartier à Kinshasa et pendant cette période je l'ai aidé à coller et à distribuer les affiches et les tracts. Le pouvoir en place pourchassait les opposants et mon père s'était disputé brutalement avec un voisin de mon quartier qui soutenait le pouvoir en place.  Suites aux émeutes qui ont eu lieu entre le 22 et 23 avril 2007 après la publication du résultat   des élections, ce voisin a dénoncé mon père  à la garde de sécurité du pouvoir en place et ce pouvoir a envoyé les militaires dans la maison de mon père dans la nuit du 2 au 3 avril 2007. Pendant que j' étais absente, ces militaires ont battu mon père et ont demandé après moi, ils ont ramené mon père dans un endroit inconnu; depuis ce jour mon père a disparu et personne ne l'a revu jusqu'à ce jour. Ma belle mère avait appelé l'ami de mon père (celui qui m'a amenée en France) après le départ de policier pour le prévenir de tout ce qui s'était passé. Vu le danger  que je courrais, l'ami de mon père m'a cachée et s'est organisé pour m'amener ici pour que je sois en sécurité. Jusqu'à la date où je quittais mon pays, personne ne connaissait l'endroit où les militaires ont caché mon père, après plusieurs mois de recherche dans des prisons et hôpitaux. Je suis déboutée de ma demande d'asile et jusqu'aujourd'hui  je suis sans nouvelle de mon père et de toute ma famille. 

MARIAM 19 ans
Lycée Vauquelin
 
Bonjour

Je m'appelle Mariam. Je vais avoir 19 ans. J'ai grandi à Bamako au Mali, loin de mes parents pendant 16 ans. Eux sont venus en  France pour chercher du travail et m'ont laissée avec ma grand-mère, qui était déjà très vieille. C'est ici à Paris qu'ils ont eu mon petit frère Hamza et ma petite soeur Aicha, que je n'avais jamais rencontrés avant de les rejoindre l'année de mes 17 ans. Imaginez ma joie quand je les ai tous retrouvés à l'aéroport, c'était en octobre 2009 ! 

En venant ici, je voulais faire des études pour plus tard défendre le droit des femmes : j'aimerais être assistante sociale. Mais mon orientation en a décidé autrement : après une année au lycée Jean Jaurès en classe d'accueil, je me suis retrouvée en 1ère année CAP industries chimiques (lycée Vauquelin, 13ème arrondissement) sans l'avoir vraiment choisi. J'attends donc de finir mes deux années de CAP avant de me réorienter vers un BEP sanitaire et sociale. 

Mais ce ne sont pas vraiment deux années perdues, car je me plais beaucoup dans ce lycée, je suis même déléguée et de ma classe et du lycée, je suis appréciée de mes professeurs qui m'aident beaucoup à progresser en français, et je leur même ai dit, ainsi qu'à certains de mes camarades, que j'étais sans papiers.

Voilà, maintenant nous essayons, notamment avec les personnes de la permanence du 13ème arrondissement, de préparer mon audience au TA afin qu'il y ait le plus de monde possible ! Ce sera le 10 mai à 9H30. J'ai en effet reçu une OQTF fin 2010.Merci pour votre attention

 

 

MOSTAFA 21 ans

 

 

Lycée Lazare Ponticelli

 

 

Récit de vie de Mostafa l’un des dix élèves sans papiers du Lycée Lazare Ponticelli parrainés par le CA de ce lycée.

 

Arrivé en France, en septembre 2004, avec mon père, j’ai alors juste 15 ans.

Mon père vivant en Foyer, je suis hébergé par mon oncle aux Mureaux et intègre le collège de cette commune, le collège Jules Verne. Je suis d’abord inscrit dans une CLA puis une troisième, et obtiens un passage en seconde générale et technologique au lycée Jean Perrin à Saint Ouen L’Aumône.

A l’issue de cette seconde, on me propose une orientation en première de détermination qui doit me conduire ensuite dans la voie professionnelle.

Mais, fin avril 2008, je suis arrêté et placé en centre de rétention au Mesnil-Amelot. Grâce à la mobilisation de ma famille, de l’un de mes professeurs et de l’association locale HSB, à laquelle je donne de mon temps, je réussis à sortir, et un jugement au TA annule la procédure.

Malheureusement, après cette épreuve, je suis déscolarisé et j’ai du mal à retrouver un établissement. Je cherche une voie en alternance, obtiens la promesse d’embauche d’un patron en restauration pour m’inscrire au CEPROC. Mais je ne parviens pas à déposer ma demande de régularisation.

On est alors fin 2008, je passe l’année 2009 à prendre contact avec des associations, notamment à Montreuil où je vis de façon précaire, comme par exemple la maison Salamatan. Je participe aussi à la mise en place d’un SEL dans cette ville. Je prends des cours de vidéo à l’ACERMA à Paris, tout cela en aidant à droite à gauche moyennant nourriture ou argent.

En mai 2010, je réussis enfin à trouver un établissement, le Pôle innovant lycée, structure d’accueil pour décrocheurs d’Ile de France, hébergé au lycée Lazare Ponticelli (Paris 13e). En novembre 2010, l’équipe des professeurs me propose - au vu d’un niveau scolaire que j’ai entre-temps acquis par moi-même selon eux– de m’inscrire comme candidat individuel aux épreuves anticipées de français en filière ES, pour juin 2011 et de m’accompagner dans cette préparation.

Par ailleurs, j’ai rendez- vous à la préfecture de Paris pour déposer ma demande de régularisation le 5 juillet 2011.

 
SERGE 20 ans
Lycée Gaston Bachelard

Ivoirien, Serge TOURE KOFFI a quitté son pays en janvier 2010 pour rejoindre sa mère et ses frères. Sa mère, en France depuis onze ans, a une carte de résident,  un de ses frères est né en France en 2004 et un autre, scolarisé depuis 3 ans dans un lycée parisien, vient d’obtenir une carte d’étudiant. Serge est scolarisé en seconde au lycée Gaston Bachelard depuis septembre 2011 et prépare un bac pro d’Electrotechnique. Investi dans ses études, il est en outre très impliqué dans la vie du lycée : il a été élu délégué de classe et au Conseil de Vie Lycéenne, et a également monté un groupe de musique dont il anime les répétitions hebdomadaires. Tous ses enseignants et camarades peuvent témoigner de son intégration au lycée et de son goût pour sa formation.

Serge n’a plus de famille en Côté d’Ivoire et vit aujourd’hui avec sa mère et ses deux frères. Un premier titre de séjour vie privée et familiale permettrait de reconnaître ce rapprochement légitime et de vivre sereinement en France où il poursuit sa reconstruction personnelle ainsi que son parcours scolaire et professionnel.

WEI 19 ans

Lycée Gaston Bachelard

Je suis né le 26 octobre 1992 à Wen Zhou, une ville qui se situe en bas de Shanghai. Je suis fils unique. Pour des raisons familiales j’ai vécu pendant 7 ans dans une ville nommée Shi Jia Zhuang, dans le nord de la Chine, à côté de Pékin.

A l’âge de 12 ans, je suis retourné dans ma ville natale et y ai passé 2 ans d’études au collège.

Mes parents ont divorcé en 1999, et c’est cette année-là que ma mère a décidé de venir en France. Je l’y ai rejointe en juillet 2007, je suis arrivé en France juste avant la Fête Nationale.

Et à partir de 14 ans, j’ai commencé ma vie en France. Comme pour tous les étrangers, la langue est devenue le premier objectif important. En même temps, je devais poursuivre mes études interrompues. Les deux premières années ont été bien difficiles. Mais j’ai avancé, petit à petit, et maintenant j’ai des amis, des copains, nous nous entendons bien, mes études ont l’ai d’être bien engagées dans la voie que j’ai choisie. Et tout cela me donne envie de rester, de continuer.

AHMAD ANS et FAHRAD, 17 ans
Lycée Paul Valéry

Récit de vie des deux frères

Nous sommes nés à Herat à 1200 km de Kaboul, près de la frontière iranienne.

Nous avons quitté nos parents à 12 ans pour Ahmad, 13 ans pour Fahrad, le voyage a duré presque cinq mois à pieds, en voiture en avion, en train. Nous avons traversé la Turquie, l'Italie, la France. Nous sommes arrivés en France en 2007 à la gare de Lyon.

Après notre arrivée nous sommes allés à gare de l'est où on a dormi pendant à peu près 6 mois. Puis après ces six mois on a été pris en charge par FTDA, hébergé à l'hôtel à Belleville pendant 5 mois, puis en province à Auxerre dans une famille d'accueil et expédiés près de Toulouse, là parce que nous avions émis le désir de faire des études, l'ASE ne nous a plus acceptés et nous avons de nouveau dormi dans la rue. Un jour, pris dans une rixe avec des iraniens, la PJJ est entrée dans notre vie jusqu'à décembre 2010 où de nouveau l'ASE a dû nous prendre en charge.

Le 19 avril un nouvel entretien avec le juge décidera de notre sort. Nous sommes en seconde d'accueil au Lycée Paul Valéry, nous sommes fermement décidés à rester en France et à y suivre des études pour pouvoir bien nous intégrer.

 
ELVIS 20 ans
Lycée Voltaire

Je suis arrivé en France en août 2005 avec mon petit frère.

On est venu en France pour retrouver nos parents qu’on avait pas vu depuis quatre ans car ils sont arrivés en France avant nous en 2001.

Des le mois de septembre mon petit frère a intégré une classe de CLIN et moi à partir du moi d’octobre j’ai intégré une classe de FLEI au collège la Grange Aux Belles, dans le 10°.

En situation irrégulière ma famille a réussi à trouver un domicile rue Oberkampf dans le XI° et du travail (au noir bien sûr). Mon père a même eu à une période un titre de séjour qui lui permettait de travailler mais qui n'a pas été renouvelé.

Mon petit frère et moi nous sommes scolarisés actuellement (pour moi depuis 2008 et pour mon petit frère depuis 2009) au lycée Voltaire, mon petit frère en cinquième au collège Voltaire et moi en terminale scientifique.

En mai 2010 en se rendant au travail mon père s'est fait arrêter par la gendarmerie de Gaillon, lors d'un banal contrôle routier. Ma mère a envoyé au gendarmes de Gaillon tout les papiers que nous possédions (impôts depuis 2004, sécurité sociale, quittance de loyer etc) ce qui a permis la libération rapide de mon père; les gendarmes surtout lui ont expliqué qu'il fallait aller dans sa situation, à la préfecture pour faire une demande de régularisation pour lui et pour toute sa famille. Comme on venait de déménager de Paris à Bagnolet, on a fait une demande à la préfecture de Bobigny.

On attendait une réponse et en juillet 2010 mon père, ma mère et moi on a reçu une OQTF chacun.

Dépassée et choquée par la décision ma famille décide de faire appel à un avocat, qui fait un recours et relance le dossier me concernant moi et ma famille. En février nous passons devant le tribunal administratif de Montreuil, une soixantaine d'élèves et de professeurs sont venus nous soutenir.

Cependant un mois après la réponse tant attendue tombe, c'est un refus. Une fois de plus réponse négative. C'est dur! Mon Bac est dans trois mois, je suis démoralisé.

Un anéantissement tombe sur moi et ma famille. Mes amis mes professeurs et les gens qui nous entourent sont choqués par notre situation dégoutés par la décision. Ainsi ils décident de se mobiliser et de montrer au préfet qu'ils veulent qu'on soit régularisés. Les élèves du Lycée Voltaire se mobilisent et décident de faire des banderoles pour prendre une photo de groupe en signe de soutien, mais ça ne s’arrête pas là. Ils signent des pétitions avec mes professeurs et décident d’écrire une lettre au préfet.

Aujourd’hui dans le noir presque total je continue, on continue notre combat tous ensemble, soutenu par tous ceux qui nous entourent.

 
 

SUFENG 21 ans

 

 

Lycée Dorian

 

Je suis né en Chine. En 2004, à l’âge de 14 ans, j’ai rejoint mes parents en France depuis 2002, ma petite sœur est née à Paris la même année.

Depuis que je suis arrivé, je vais à l’école et je fais beaucoup d’efforts pour apprendre le français.

Actuellement je suis au lycée Dorian ; l’année dernière j’ai eu mon CAP « art et technique du verre », maintenant je suis en première bac pro dans la même filière. Je fais des stages comme tous mes camarades. A l’atelier mes professeurs sont contents de mon travail, et dans les entreprises mes tuteurs le sont aussi. J’ai 21 ans et je pourrais bientôt travailler.

Mais depuis que j’ai eu 18 ans les choses sont devenues difficiles pour moi et mon avenir est indécis.

J’ai constitué un dossier et j’ai fait une demande de régularisation à la préfecture, mais j’ai reçu une OQTF en 2009. J’ai déposé un recours, mais mon OQTF à été confirmée par le TA en 2010. Je vais bientôt recommencer toutes les démarches.

Mes parents et moi nous sommes actuellement en situation irrégulière.

 
GUACHO 22ans
Lycée Marcel Deprez
 

Au lycée Marcel Deprez depuis septembre 2006. Après avoir obtenu son CAP d'électrotechnique, il a obtenu son BEP en juin 2009. Il poursuit ses études en première Bac professionnel.

Il est arrivé en France en 2004.

Il est venu avec son père et sa mère qui ont fait une demande de régularisation qui leur a été refusée.

Sa mère est repartie en Chine où elle vit.

Guochao est resté avec son père qui est décédé le 4 septembre 2008.

 
SAWFAD 22 ans
Lycée Marcel Deprez
 

Au lycée Marcel Deprez depuis septembre 2006. Après avoir obtenu son CAP d'électrotechnique, il a poursuivi ses études en BEP, il est maintenant en terminale Bac pro. Electrotechnique

Il est arrivé en France en 2005 avec toute sa famille, venant de l’Inde : son père, sa mère, et ses deux frères Mohamed et Mustafa

 
JUNJIE 22 ans
Lycée Truffaut

Je suis arrivé seul en France le 10 mai 2007, à l’âge de 17 ans ½, où j’ai été accueilli par mon oncle et ma tante. J’ai vécu avec eux pendant 1 an.

Ma mère m’a rejoint en juillet 2008 et j’habite avec elle depuis cette date.

Mon père est encore en Chine

Jusqu’en septembre 2008 j’ai suivi une formation de français avec une association.

En septembre 2008 je suis entré en CIPPA au Lycée Lazare Ponticelli, puis j’ai poursuivi mes études en Bac Pro Commerce au Lycée Truffaut à Paris, 3eme arrondissement.

Je suis actuellement en 1ere.

Je n’ai pas encore déposé un dossier en Préfecture, je vais le faire prochainement.

J’espère obtenir une carte de séjour pour faire ma vie en France et après mon Bac, ouvrir un commerce

 
ANTUFATA 19 ans
Lycée Jacques Monod

J’ai 19 ans j’ai passé mon enfance à Moroni aux Iles Comores.

A l’âge de 16 ans, mon père m’a confiée à une cousine en France qui devait s’occuper de moi.

J’ai donc fait une année au collège Paul Valéry en classe d’accueil et l’année suivante, je me suis passée en BEP sanitaire et social au.

En mai de l’an dernier, ma cousine m’a dit de partir, et de me trouver un autre domicile. Heureusement, j’ai rencontré une adorable famille comorienne qui m’a accueillie. Je suis maintenant heureuse chez eux, à Paris, j’aime les études que je fais. Même si le français est encore difficile pour moi à l’écrit, je fais des progrès et j’espère bien pouvoir faire une formation d’aide-soignante car j’aime bien les personnes âgées (j’ai fait des stages que j’ai bien appréciés).

J’ai un rendez-vous au TA le 27 mai à 10 h 30, j’espère bien avoir une bonne réponse. Je suis aidée pour préparer cette rencontre par la permanence RESF du 13ème arrondissement et par mes deux marraines.

Merci beaucoup de me soutenir 

 
 
 

NATHALIE  19 ans

 

 

Lycée Jacques Monod

 

Je suis âgée de 19 ans. Arrivée en France à l’âge de 14 ans et demi, j’ai été recueillie par une tante avec qui j’ai passé près de 5 ans. En février 2011, ma tante m’a mise à la porte par l’intermédiaire de la police. Actuellement, je suis hébergée en Hôtel par l’ANEF (association nationale d’entraide féminine).

Je suis scolarisée au lycée Jacques Monod, Paris 5°, en classe de terminale ST2S (sciences technologiques de la santé) et je me destine aux études d’infirmière après le baccalauréat.

En mars 2010, j’ai fait une demande de titre de séjour et j’ai eu un refus simple, donc j’ai fait un recours. En février 2011, j’ai refait une autre demande de titre de séjour (VPF) et j’attends toujours la réponse.

Certes, je ne suis pas née en France, mais je souhaiterai y poursuivre ma vie.

J'ai fait une première demande de VPF en février 2010 qui m'a été refusée. Aujourd'hui, j'ai fait une deuxième demande le 4 février dont j'attends la réponse.

Plus de détails à suivre. Pétition : http://resf.info/P1854.

(Après avoir été chassée de chez ma tante), j’ai été hébergée chez des amis

Je suis hébergée à l’hôtel depuis le 5 mars 2011.

 

 


Voir aussi :

Communiqué RESF Pictos - Jeunesse sans-papiers jeunesse volée 2 PARRAINAGE DE LYCÉENS SANS PAPIERS AU CONSEIL RÉGIONAL ÎLE-DE-FRANCE (6 mai 2011)

dimanche 8 mai 2011.

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