accueil RESF
HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
ILS SONT SOUS NOTRE PROTECTION!
DON au RESF
Accueil > ACTUS générales > Films, vidéos
Contact
Medias - La Provence - 150x21 px Festival de Cannes

"Le Havre", le port du salut

 

Ce pourrait être un drame social dans la lignée de Welcome. C'est une fable aimable au sens premier du terme

En haut des marches du Palais des Festivals, l'équipe d'un film

En haut des marches du Palais des Festivals, l'équipe d'un film burlesque est suotil à la fois, débordant de bonté et de bons sentiments, qui entend réenchanter le monde.

Photo pqr/le parisien

 

Un mélodrame pour parler du sort des pauvres gens de Marseille pour Robert Guédiguian, un conte de fée moderne pour les frères Dardenne avec Le gamin au vélo. Une BD, de cette école qu'on appelle "ligne claire" (Hergé et consorts), pour évoquer le sort des émigrés clandestins en route vers l'Angleterre dans Le Havre du Finlandais Aki Kaurismäki, présenté dans la compétition cannoise.

Tourné au Havre donc, le film raconte l'histoire d'un écrivain devenu cireur de chaussures et qui répond au doux nom de Marcel Marx (!). Avec les habitants de son quartier et grâce à la bienveillance d'un policier, il va recueillir un jeune clandestin africain et le faire passer de l'autre côté de la Manche. Ce pourrait être un drame social dans la lignée de Welcome. C'est une fable aimable au sens premier du terme.

Tout se passe dans une fausse réalité complètement recréée. Des décors vrais mais qui prennent des allures de décors de théâtre tellement ils ont été retravaillés. Ainsi, les véhicules modernes de la police cohabitent avec des taxis Renault 16 ou Peugeot 403. Le policier porte un chapeau mou et les tueurs de pacotille de grands impers. De la "jungle de Sangatte", on n'aperçoit que des images de la télé.

"Le sort des immigrés extra- communautaires est indigne mais je n'ai pas de solution. Il m'a paru important d'aborder la question dans un film qui est irréaliste". Voilà qui est dit. "Je n'ai aucun espoir pour la planète, expliquait encore le cinéaste lors de la conférence de presse du film, quand on voit les hommes qui l'habitent. Quand j'avais 10 ans, j'étais déjà déçu par certaines choses déjà, et à l'époque, je faisais semblant pour susciter de l'espoir chez les autres."

Susciter de l'espoir, réenchanter le monde, c'est donc le projet de ce film burlesque et subtil à la fois, débordant de bonté et de bons sentiments. On pense parfois au Kid de Charlie Chaplin. "Avec deux ou trois broutilles, Aki fait un monde", dit Jean-Pierre Darroussin qui joue le policier humaniste. Dans le rôle de Marx, cireur au langage châtié, André Wilms, immense acteur de théâtre et compagnon de route de Kaurismäki, donne une dimension poétique avec sa grande voix de basse et ses allures de personnage du passé égaré dans la modernité.

"Aujourd'hui, dit le comédien, tout est murmuré, on peut difficilement se planter en parlant si bas, mais ce n'est plus la même chose. Aki, lui, est un cinéaste des voix." Et ces voix n'ont pas du tout l'intention de se taire. Comme celle de Little Bob, la légende du rock havrais qui fait ici, banane grise au vent, un retour épatant.


voir aussi :

FESTIVAL DE CANNES Medias - Vu d Festival de Cannes : Le Havre, port des sans espoirs

vendredi 20 mai 2011.

Faire connaître cet article

Partager  
FAIRE UNE RECHERCHE sur les mots-clefs associés à cet article :
cliquer sur le mot-clef pour retrouver les articles ayant le même mot-clef
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW
Liens :
Tous les liens utiles