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Medias - La Marseillaise

Comment la droite a légalisé la stigmatisation des étrangers

 
Une 7e loi sur l’immigration votée en neuf ans, une politique épinglée par Amnesty International... Le pays des droits de l’Homme gouverné par Nicolas Sarkozy est devenu étranger à toute notion de solidarité.

Voilà une information que le gouvernement s’est bien gardé de commenter. Dans son dernier rapport, Amnesty International vient d’épingler la France sur sa politique vis-à-vis des migrants.
“Malheureusement, en 2011 comme en 2010 et les années précédentes, la France met beaucoup plus l’accent sur le contrôle de l’immigration que sur la protection des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile, des migrants” souligne Francis Perrin, vice-président d’Amnesty France. Or “il n’y a pas de quoi décréter une menace nationale et se replier sur soi”. Et de rappeler que “le traité de Lisbonne de l’Union européenne prévoit des mécanismes de solidarité et de partage équitable des responsabilités dans le domaine du traitement des flux de migrants”.

De ce rapport, pas un mot. Le gouvernement par la voix de son ministre de l’Intérieur et de l’Immigration préférant se féliciter du vote de la dernière loi sur l’immigration. “Un texte complet et équilibré pour une politique d’immigration efficace et juste”. Un texte qui en vérité durcit les règles de l’éloignement des étrangers sans-papiers. Adopté après plusieurs mois de navettes et trois ministres successifs, il a finalement été adopté le 12 mai dernier. Un projet de loi, devenu réalité, selon lequel désormais le titre de séjour “étrangers malades” ne pourra être accordé qu’en cas “d’absence” du traitement approprié dans le pays d’origine.

La bataille des chiffres
Concernant la réforme du régime de rétention des sans-papiers en instance d’expulsion, l’intervention du juge des libertés et de la détention est repoussée à cinq jours au lieu de deux. Deux dispositions qui sont au cœur du recours que viennent de déposer les députés socialistes auprès du Conseil constitutionnel.
Depuis 2002, la France a voté près de sept lois sur l’immigration. Certains salueront la continuité de la politique engagée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur devenu président de la République. D’autres y verront un échec.
Alors, pour chasser le faux du vrai, et non plus l’étranger de France, une quinzaine de parlementaires de tout bord politique a mené en collaboration avec les chercheurs de l’association “Cette France-là”, un véritable audit de la politique d’immigration conduite sous l’égide du chef de l’Etat.

Trois cents pages rendues publiques le jour même du vote de la loi dont il ressort bien d’autres vérités sur l’immigration que celles assénées par Claude Guéant. Pour exemple, d’après le rapport de l’OCDE sur les perspectives des migrations internationales, la France comptait 5 260 000 immigrés en 2008. Soit 8,4% de sa population. Contre 13,4% aux Etats-Unis, 14,1% en Espagne et 10,8% au Royaume-Uni. Et malgré la difficulté de réaliser des estimations, les sans-papiers ne représenteraient que 0,3 à 0,6% de la population française.

La stratégie de la peur

Autre contrevérité battue en brèche : les immigrés coûteraient cher à la collectivité. En réalité, ils contribueraient à hauteur de 12 milliards d’euros au budget des administrations publiques. Des chiffres que le gouvernement tait en ces temps de crise, préférant nourrir la peur de l’autre. Cette stratégie de la droite a été mise en œuvre au plus haut sommet de l’Etat successivement par Eric Besson, Brice Hortefeux et Claude Guéant. Après le débat sur l’identité nationale, celui sur l’Islam lancé par l’UMP, la dernière loi sur l’immigration n’est que la traduction du discours de Grenoble prononcé le 20 juillet 2010 par Nicolas Sarkozy. Chasse aux Roms et aux sans-papiers, attaques contre les demandeurs d’asile, volonté de limiter l’immigration légale... Depuis l’accession à la présidence de Nicolas Sarkozy, la France procèderait entre 21 à 23 000 expulsions chaque année. Sachant que pour expulser 20 000 personnes, il faut en arrêter trois fois plus. Près de 100 000 personnes seraient ainsi interpellées. Des arrestations dont les conséquences sont, faut-il le rappeler, des pratiques racistes et discriminatoires au pays des droits de l’Homme. En mai 2007, Nicolas Sarkozy créait le premier ministère de l’Identité nationale. Celui-ci disparaissait à la faveur d’un remaniement ministériel à l’automne 2010. Et pourtant, l’institutionnalisation de la stigmatisation des étrangers et des thèses défendues par le FN et l’UMP est désormais irréfutable.


voir aussi :

 
Orgas - Amnesty International Rapport 2011 - Extraits consacrés à la France
lundi 23 mai 2011.

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