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PARRAINAGE ROUENNAIS JUIN 2011

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PARRAINAGE ROUENNAIS JUIN 2011

Document N° 1

 

Intervention du RESF le 25 juin 2011

 

Intervention du RESF le 25 juin 2011.

Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) s’est créé en France en juin 2004. Il rassemble des enseignants, des personnels de l’éducation, des parents d’élèves, des éducateurs, des syndicats, des partis politiques et des associations qui défendent les Droits de l’Homme. Ce réseau s’est constitué alors que des jeunes majeurs scolarisés ou des parents d’enfants scolarisés sans papiers étaient menacés d’expulsion. Nous défendons un droit fondamental, le droit à l’éducation. Il est en effet intolérable que la scolarité de ces élèves ou de ces étudiants soit interrompue, que leur vie soit brisée, qu’après avoir été enfermés avec leur famille dans des centres de rétention, ils soient renvoyés dans des pays où ils n’ont pas ou plus de liens, pas d’avenir et où parfois leur famille peut être persécutée. C’est pourquoi notre rôle est de tout faire pour qu’ils poursuivent leur scolarité en France.

 

L’école, pour ces enfants et pour ces jeunes majeurs, c’est l’espoir ; ils y trouvent, des maîtres et aussi des C.P.E., des assistantes sociales, des Directeurs ou des Proviseurs qui les aident à grandir. La capacité de tous ces personnels à s’investir souvent bien au-delà des tâches qui correspondent à leur bulletin de salaire, et à prendre des risques mérite l’admiration. Ce sont ces maîtres -certains sont ici-, chers parrains et marraines, que vous allez côtoyer car ce sont les maîtres de vos filleuls.

L’école, pour ces enfants et ces jeunes majeurs, c’est aussi un avant-goût de ce que pourrait être leur avenir dans un pays qui enfin ne leur fermerait pas ses frontières : ils y vivent avec leurs camarades de diverses origines, ils y sont ensemble « éduqués » de façon à devenir, nous l’espérons, les citoyens d’un monde plus juste.

Il s’est trouvé il y a peu un ministre, M. Guéant, pour accuser, en faussant de façon grossière des données chiffrées, les enfants d’immigrés d’être inaptes à la scolarisation. Nous voulons dénoncer ici ces propos dont l’objectif évident est,  et cela en s’en prenant à des enfants, de flatter les plus xénophobes de nos concitoyens et d’entretenir la haine et le mépris à l’égard des étrangers. Nous savons, nous, et vous savez que c’est à l’école et par l’école que les enfants d’immigrés peuvent se construire et construire notre avenir commun. Que c’est à l’école et par l’école que la plupart le font.

Nous vous rappelons aujourd’hui à tous que nous souhaitons vivement que les établissements scolaires s’engagent explicitement à protéger les enfants étrangers qu’ils accueillent. Nous comptons sur les élus des collectivités locales dans les Conseils d’Administration de ces établissements pour qu’ils y fassent voter des déclarations de soutien comme cela s’est fait dans 13 Régions en France à l’appel du RESF.

 

Nous souhaitons parler aussi des COMITES DE SOUTIEN qui se mobilisent quotidiennement pour défendre les jeunes majeurs scolarisés, les enfants et leurs familles sans papiers, pour obtenir leur régularisation. En rejoignant ces comités, chers parrains et marraines, vous serez un appui précieux pour ces enfants et leurs familles ou pour ces jeunes majeurs. Beaucoup d’entre eux connaissent des difficultés de logement, souffrent de revenus insuffisants et rencontrent des problèmes pour accéder aux soins. Nous espérons que ces parrainages permettront à ces enfants et à ces jeunes de surmonter ces difficultés matérielles pour grandir dignement en France.

 

Nous voulons insister sur la question du logement, question de plus en plus pressante sur laquelle, en même temps que beaucoup d’associations, en particulier le DAL, nous attirons depuis longtemps l’attention des institutions, VOTRE attention, Mesdames et Messieurs les élus. De plus en plus souvent et avec de plus en plus de difficultés nous tentons de trouver ne serait-ce qu’une chambre pour une nuit pour par exemple, il y a peu, deux enfants et leur maman qui venaient d’être chassés de l’hôpital (oui, à Rouen) où ils avaient passé les nuits précédentes sur des chaises faute d’avoir trouvé un hébergement ; et ces deux enfants étaient scolarisés , l’un à l’école, l’autre au collège, à Rouen : est-ce que ce sont ces enfants que le Ministre de l’Intérieur déclare inaptes à la scolarisation ? Pense-t-il qu’en les renvoyant en Lituanie (pays qui n’est absolument pas le leur mais où ils sont « entrés dans l’espace européen », venus de je ne sais où (je le sais, mais peu importe), il contribuera à la construction d’un monde plus juste ?

 

Comme les membres des comités de soutien que vous rejoindrez, parrains et marraines, sans doute voudrez-vous d’abord savoir POURQUOI ces étrangers sont là. Vous découvrirez bientôt que ce n’est pas une bonne question, en tout cas pas d’abord. ILS SONT LA, c’est tout. L’enfant d’immigré que vous parrainez est un enfant avant d’être « d’immigré » Au contact de ces enfants, vous comprendrez que la mobilité des hommes et des femmes, leur libre circulation, sont une chance pour les sociétés, qu’elles sont une nécessité pour la construction d’un monde de paix dont nous sommes tous citoyens et où notre avenir est commun.

Parrains et marraines, avec le RESF, vous choisissez aujourd’hui de vous engager personnellement contre la xénophobie entretenue aujourd’hui en France par un pouvoir dont les organismes internationaux qui défendent les Droits des Enfants dénoncent régulièrement les abus et dont, en France même, les décisions sont contestées, bien souvent avec succès, devant les tribunaux. Soyez-en remerciés au nom de ces jeunes, de ces enfants et de ces familles. Un jour peut-être les remercierez vous à votre tour d’avoir contribué à vous faire participer à la construction d’un monde plus juste, d’un monde sans murs, d’un monde où, au contraire, beaucoup de ponts permettront aux hommes de se rencontrer, beaucoup de ponts que pourront franchir sans papiers les femmes, les hommes et les enfants, quelle que soit leur origine ou leur histoire.

 

Avant que ne commence la cérémonie des parrainages individuels, le RESF souhaite aujourd’hui s’adresser plus spécifiquement aux élus : Mesdames et Messieurs les élus, nous connaissons quelques uns d’entre vous, nous savons que, dans la mesure où vous le permettent vos mandats, vous soutenez notre action et intervenez en faveur des familles étrangères menacées dont nous vous rappelons épisodiquement la détresse ou le dénuement. Pour vous avoir parfois rencontrés les uns ou les autres, nous n’ignorons pas que vous avez d’autres soucis que les nôtres, d’autres préoccupations, d’autres misères que celles que nous vous soumettons à prendre en considération.

Au moment où s’ouvre une année « électorale » qui pourrait susciter l’espoir, nous voudrions avoir l’occasion d’examiner sérieusement avec vous un certain nombre de points dont notre expérience nous permet aujourd’hui de mesurer l’importance.

Nous vous en épargnerons ici aujourd’hui la liste ; mais voici un exemple de ces points qui méritent l’attention: les lois dites « Besson » ont il y a quelques mois suscité dans les médias des propos convenus sur une question de principe, la déchéance de nationalité ; or, la véritable portée des lois Besson est celle-ci : elles permettent désormais à l’Etat, dans le domaine de l’immigration, de s’affranchir en grande partie du contrôle des juges, contrôle dont nous nous félicitions à l’instant. Sur les questions que soulève un examen attentif des lois Besson, quelles pourraient être les propositions faites par la gauche ?

Sur ces questions comme sur d’autres, Mesdames et Messieurs les élus, nous serons heureux de convenir avec vous de rendez-vous de travail dont nous pourrons établir ensemble le programme.

 

Le RESF remercie tous les élus présents aujourd’hui et tous ceux qui ont œuvré à l’organisation de cette cérémonie. Ses remerciements s’adressent aussi à ceux d’entre vous qui ont déjà parrainé des jeunes et sont intervenus en faveur de leurs familles. Au nom des jeunes adultes et des enfants qui vont être parrainés, le RESF remercie enfin tout particulièrement ceux d’entre-vous qui dans quelques instants vont les parrainer.

 

jeudi 30 juin 2011.

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