Un millier de demandeurs d’asile sont actuellement pris en charge par le 115 en Moselle, soit en centres d’accueil, soit en hôtels.
Mais depuis le 1 er mai, plus aucun nouvel arrivant n’est pris en charge. La quarantaine de demandeurs d’asile qui se présente chaque mois dans le département, en provenance de Tchétchénie, d’Arménie ou des anciennes républiques des Balkans, majoritairement, se retrouve sans hébergement.
Les contraintes budgétaires ont dicté cette décision, sachant que les financements accordés à ce jour ne permettent pas d’assurer les prises en charge au-delà du 15 octobre pour les personnes déjà présentes.
Si la préfecture recommande de ne plus prendre en charge l’hébergement des personnes déboutées de leur demande d’asile et faisant l’objet d’une obligation à quitter le territoire français (OQTF), cette menace reste théorique. Dans les faits, rien n’a vraiment changé, les associations ayant refusé d’évacuer les familles au motif que « ce n’est pas [leur] métier » la prise en charge est prolongée jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre. Soixante-cinq personnes se trouvent dans ce cas. En situation irrégulière, elles risquent à tout moment d’être interpellées par la police des frontières pour être conduites dans un centre de rétention en vue d’une expulsion. Seules trois familles ont quitté volontairement le dispositif, à ce jour, pour des destinations inconnues. Les autres restent dans l’attente de recours ou d’autres procédures, qui ne sont toutefois pas suspensives des mesures de reconduites à la frontière. « L’évolution, c’est qu’avant il n’y avait jamais eu de fin de prise en charge, retient-on au 115. Ces familles sont là depuis deux ans, deux ans et demi, les enfants sont scolarisés, parfois le père a trouvé un travail, ils ne comprennent plus qu’on leur demande de partir. »
Mais au-delà des considérations humanistes ou sociales, un véritable problème financier se pose. En moyenne, 95 % des demandeurs d’asile sont déboutés. Le millier de personnes géré par le 115 est donc appelé à perdre son statut spécifique, conventionné, pour revenir vers celui des personnes de droit commun dans un délai relativement court, d’ici à la fin de l’année. Cette évolution mécanique va obligatoirement faire imploser le budget de la cohésion sociale si les choses restent en l’état. De nouvelles discussions sont en cours entre les services de l’Etat et le 115 pour réviser les subventions et éviter une inévitable cessation de paiement. Un tel scénario catastrophe au 115 aurait pour conséquence immédiate de renvoyer tout le monde à la rue.