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Nelo Pedro, à Lille : « Les gens m’écoutent mais ne peuvent pas me comprendre »

 
Hier, Nelo Pedro fêtait ses 20 ans. « Qu’est-ce que je voudrais pour mon anniversaire ? Une vie normale », rêvait ce jeune sans-papiers Angolais. En France depuis plus de deux ans, il se bat encore pour la régularisation de sa situation et « un avenir plus stable ».
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Nelo Pedro, à Lille : « Les gens m'écoutent mais ne peuvent pas me comprendre »

  • Actualité Lille
    •  

    mercredi 10.08.2011, 05:14- PAR ALICE ROUGERIE

     « Je retournerai un jour en Angola mais pour l'instant, je sais que je suis mieux ici », avoue Nelo. PHOTO ÉLÉONORE DELPIERRE « Je retournerai un jour en Angola mais pour l'instant, je sais que je suis mieux ici », avoue Nelo. PHOTO ÉLÉONORE DELPIERRE

    | LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ |

    Hier, Nelo Pedro fêtait ses 20 ans. « Qu'est-ce que je voudrais pour mon anniversaire ? Une vie normale », rêvait ce jeune sans-papiers Angolais. En France depuis plus de deux ans, il se bat encore pour la régularisation de sa situation et « un avenir plus stable ».

     

    « Dès que je suis ici, je suis stressé et j'ai très chaud », confie Nelo, alors qu'il s'approche de la préfecture de Lille.

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    C'est son cinquième passage au sous-sol du bâtiment, au service des étrangers. Entouré par Élodie, son éducatrice, et Jacques Caude, du Réseau éducation sans frontières (RESF), le jeune homme espère obtenir un titre de séjour étudiant. Précieux sésame pour enfin régulariser sa situation et préparer sereinement son bac pro en électrotechnique au lycée Baggio.

    Mais une fois de plus, hier matin, la réponse est négative. « Dans le droit commun, vous êtes dans un cul-de-sac car l'autorisation provisoire de séjour (APS) que vous avez eue n'est pas un titre », explique-t-on au jeune homme, démotivé. Il faudra écrire au préfet et attendre un geste de sa part.

    Du « provisoire », encore et toujours, pour le lycéen qui, depuis le 6 avril 2009, date de son arrivée sur le territoire français, collectionne les permis de séjour temporaires. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire, il a même été conduit en début d'année au centre de rétention de Lesquin. L'APS que lui a délivrée le préfet lui a permis de finir - brillamment - son CAP au lycée Jean-Monnet. Mais celle-ci a expiré vendredi, et depuis le garçon peut être arrêté et expulsé à tout moment.

    « J'angoisse tellement dès que je sors, avoue le jeune homme. J'essaie d'éviter les points chauds mais c'est pas facile. » Pris en charge, à son arrivée en France, par le conseil général et les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE), il intègre en septembre 2009 un foyer éducatif à Fives. Son statut de jeune majeur ne change rien au risque d'expulsion mais lui permet de rester dans cet établissement jusqu'à ses 21 ans. « Une bonne chose, qui nous permet d'avancer, explique son éducateur Lazare Bennaceur, mais la précarité de sa situation et l'inquiétude du lendemain créent des maux qu'on a du mal à réparer. » Au lendemain, Nelo n'y pense pas trop, même s'il espère pouvoir rester encore « longtemps » ici.

    Lui qui ne parlait pas un mot de français s'exprime maintenant sans difficulté. « Je me donne à fond, je n'ai pas le choix si je veux m'intégrer.

    » S'intégrer, l'un de ses voeux les plus chers pour repartir à zéro et oublier toutes les atrocités qu'il a vues en Angola. « Quand je parle de mon pays, les gens écoutent mais ne peuvent pas comprendre ce que j'ai vécu. »

    Enfant soldat

    À 14 ans, il est enrôlé de force dans les FLEC (Frente de Libertação de Enclave Cabinda), l'armée indépendantiste du territoire de Cabinda, une province du nord du pays. Il y restera un an et demi, sans contact avec l'extérieur, forcé de prendre les armes. L'enfant soldat qu'il est devenu assiste quotidiennement au spectacle de la mort. Un jour, alors qu'il est de corvée au marché, il s'enfuit et rejoint la capitale Luanda. Impossible de retourner dans son village, ni de faire connaître sa situation de déserteur, trop mal vue. Après deux ans de « petits boulots », il quitte le pays, aidé par des amis sur place. Conseillé par des proches, il prend l'avion jusque Paris, dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni. Son voyage s'arrêtera à Lille. Épuisé après deux semaines d'errance, il se rend à la police.

    Depuis, il se demande souvent pourquoi il a fui jusqu'ici. Des problèmes, il en a encore et ne sait toujours pas s'il pourra s'installer durablement en France. Mais Nelo ne regrette rien, persuadé de pouvoir s'en sortir ici. « En Angola, les jeunes n'ont rien. En France, ils ont le choix de leur avenir. Je veux en profiter. » •

    Pour plus d'informations : resf5962@wanadoo.fr

mercredi 10 août 2011.

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