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La galère continue pour les Roms sur la Canebière

 
La ville de Marseille a publié en début de semaine un arrêté municipal pour expulser les Roms. Médecins du monde dénonce une «  politique méprisante  ».
source : L’Humanité

par Camille Fischbach

«Ces gens-là, il y en a trop dans cette ville, nous souhaitons qu’ils aillent ailleurs. » Cette déclaration du maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est un cruel résumé de sa politique menée à l’encontre des Roms. Quatre-vingt-dix personnes, dont une trentaine d’enfants, sont donc amenées à quitter le quartier de la Porte-d’Aix, qu’ils occupent depuis un mois. Seul argument de M. Gaudin pour donner un semblant de crédit à cette décision, les « conditions d’indignité, de précarité, d’insécurité et d’insalubrité, sans eau ni sanitaires » dans lesquelles vivent les Roms. Sauf que la municipalité marseillaise, comme la plupart des villes en France, ne fait rien pour trouver une solution efficace à long terme. « En gros, ils ont 24 heures pour déguerpir une fois que la décision leur sera notifiée », a dénoncé Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l’homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône. « C’est désespérant, l’expulsion est la seule réponse politique apportée par la ville, c’est une fuite en avant. » Même son de cloche pour les élus du Front de gauche au conseil régional, affirmant que « les autorités se mobilisent pour les chasser, les traquer et les renvoyer toujours un peu plus loin ». Depuis l’ouverture des frontières de l’Europe en 1985, et encore plus avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007, le nombre de reconduites à la frontière des Roms ne cesse de s’accroître en France. Et ce n’est pas le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy du 30 juillet 2010 qui aura arrangé les choses. L’association Médecins du monde, qui intervient depuis plus de quinze ans auprès des populations roms installées dans les grandes villes françaises, parle d’une « politique inefficace et méprisante des droits fondamentaux de la société ». Depuis 2007, Médecins du monde s’occupe dans la cité phocéenne de la situation de plus de 1 500 Roms, afin de leur proposer des soins et ainsi subvenir aux besoins les plus élémentaires. Problème, cette nouvelle expulsion voulue par la mairie ne fait que dégrader leurs conditions de survie. Pour Cendrine Labaume, coordinatrice de l’association à Marseille, « plus les Roms sont dispersés et plus la précarité demeure », précisant que « cette décision ne fait que désintégrer leur faible intégration existante, notamment en termes de santé publique et d’accès à l’école ». Alors que les associations en appellent à la préservation de la dignité des Roms, les relations semblent se dégrader encore plus avec la mairie de Marseille. Et Cendrine Labaume, de Médecins du monde, de déplorer : « Le débat est ouvert avec le conseil régional et général, mais cela fait deux mois qu’il n’y a plus aucun dialogue avec la municipalité. »

également harcelés en Île-de-France 

Marseille n’est pas la seule ville concernée par la question du logement des populations de Roms. En région parisienne, partout, des camps se font et se défont au gré des expulsions, décidées soit par les mairies, soit par les préfectures. Ainsi, un groupe de 200 personnes d’origine roumaine, aujourd’hui installé sur l’île Saint-Denis, avait été auparavant expulsé d’Argenteuil, Bondy, Noisy-le-Sec, Rosny-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Pantin.


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mercredi 17 août 2011.

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