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Medias - SUD-OUEST - Sud Ouest

Partis d’eux-mêmes

 

« Je ne sais pas pourquoi ils sont partis », ressasse Alberto, un voisin découvrant les affaires abandonnées par les familles roms dans la maison de la rue de Cavaillès. PHOTOs D. A.
source : Sud Ouest

Cinq adultes ont voulu éviter l'expulsion à laquelle ils étaient condamnés. Ils ont quitté le squat de la rue de Cavaillès avec leurs six enfants. Direction la Roumanie.

«Il n'y a plus personne ? », questionne un retraité lormontais à la vue de ce pavillon de la rue de Cavaillès que squattaient des familles roms depuis le lundi 1er février. Un courrier électronique émanant de RESF (1) à destination de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour ces familles roumaines apporte une réponse. « Ils ont décidé de s'expulser eux-mêmes », lit-on.

Odette Toulet, militante de RESF, explique : « Refusant d'avoir à subir la mesure d'expulsion dont ils faisaient l'objet, cinq adultes ont pris la décision de quitter le territoire français, jeudi, pour rejoindre, avec leurs six enfants, la Roumanie ». « Ils ont pris à leur charge le voyage, souligne Mme Toulet. Ils nous donnent une leçon de dignité ».

RESF, Procom, une association membre du Collectif national droits de l'Homme Romeurope, la Ligue des droits de l'homme, Médecins du monde, tout ce réseau de solidarité impliqué depuis l'arrivée de ces familles Roms dans un squat de Cenon, à l'été 2009, est venu leur dire au revoir.

Les bénévoles ont conduit à Bordeaux, à bord de leurs véhicules personnels, les 11 Roms et leurs modestes bagages. Tous gardent le souvenir d'« adieux poignants » avant que le chauffeur de bus n'enclenche la première.

« Un sentiment de gâchis »

Les accompagnateurs revoient « les six enfants, dont un bébé de trois semaines, que les mamans avaient habillés avec leurs plus beaux habits » pour un voyage qui ressemble à « de la résignation ». « Ils repartent dans un village roumain et échapperont ainsi au mur du ghetto qui est en train d'être érigé à Bucarest », note Odette Toulet parlant d'« une maigre consolation ».

Ce départ laisse « un sentiment de gâchis » à toutes celles et tous ceux - associations comme particuliers - qui croyaient que les efforts d'intégration développés en direction (et par) de ces familles finiraient par déboucher sur une régularisation de leur séjour sur le territoire national.

Le tribunal administratif de Bordeaux en a décidé autrement.

Les Roms de Lormont n'ont pas eu la chance de leurs homologues qui ont pu être relogés dans des conditions dignes suite à la Mous (2), une étude visant à analyser et régler la situation des familles Roms implantées sur les communes de Bordeaux, Cenon et Floirac. « Elle a abouti seulement pour un tiers d'entre elles, c'est trop peu », réagit RESF.

Réseau éducation sans frontière le déplore d'autant plus que les choses évoluaient plutôt dans le bon sens pour des personnes espérant une régularisation. Quatre des enfants des familles installées dans le pavillon lormontais avec l'accord du propriétaire, la fourniture de l'électricité et de l'eau par une riveraine de la rue des Cavaillès et le soutien de la municipalité, étaient scolarisés. Un quatrième devait faire sa première rentrée en septembre.

Hier, dans une maison renvoyant un spectacle de désolation, on pouvait voir des dessins et des griffonnages sur un cahier ayant appartenu à l'un d'eux. « Ce travail tombe à l'eau, déplore RESF. Les enfants Roms ne sont pas admis dans les écoles roumaines ».

(1) Réseau éducation sans frontière (2) Maîtrise d'œuvre urbaine et sociale

samedi 20 août 2011.

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