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La Marseillaise : Derrière l'accueil, on prépare le retour

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Medias - La Marseillaise

Derrière l’accueil, on prépare le retour

 

L’UHU abrite les familles roms expulsées de la Porte d’Aix : une mesure exceptionnelle et temporaire.

par Myriam Guillaume

Un petit poste crache sa musique, du linge sèche accroché aux fils tendus entre deux bancs, une femme balaie en mesure la courette devant les préfabriqués à l’intérieur desquels maman et enfants se reposent, une jeune fille qui sort de la douche est appliquée à démêler sa longue chevelure… Il y a quelque jours, « ils avaient même installé deux petites piscines gonflables derrière les baraques pour que les petits s’y rafraîchissent », souligne Eric Grasseschi, assistant opérationnel pour le Samu social.
    L’unité d’hébergement d’urgence (UHU) de la Madrague-Ville a pris des airs de camping depuis que, vendredi 12 août, poussée par l’urgence, la Ville a fini par accorder une dérogation spéciale au centre d’accueil des SDF afin qu’y soient hébergées les familles roms expulsées de la Porte d’Aix. En effet, « si nous accueillons toute personne dans l’urgence, nous ne sommes pas habilités à l’accueil des familles », reconnaît Maxime Frache, directeur de la structure, gérée par l’Armée du Salut. Il aura donc fallu attendre que l’exaspération des riverains arrivée à son comble se joigne au cri d’alarme des associations humanitaires pour qu’un accord soit enfin pris entre le maire et le préfet : l’UHU sera ouverte aux familles roms jusqu’à la fin du mois.


    « Ce n’est pas le grand luxe, mais cet accueil est la première pierre d’une reconstruction physique et morale », estime le directeur. « La différence est énorme, assure Yoanna Mahdrut, 25 ans, mère de trois enfants dont un bébé de 2 mois, en faisant la comparaison avec le squat Porte d’Aix. « Ici, il y a de la discipline [seuls femmes et enfants sont autorisés à rester au centre la journée, les hommes sont soumis au régime général des SDF célibataires. Ndlr], on peut se laver, dormir sans craindre les bagarres ou pour la sécurité des enfants… », liste la jeune femme qui maîtrise parfaitement le français. Constantin, son mari, sert d’ailleurs de traducteur aux travailleurs sociaux.
    Elle sait que la situation ne durera qu’un temps : « J’ai juste besoin d’un toit pour rester en France, y scolariser mes enfants pour qu’ils vivent normalement. C’est pour ça que j’ai refusé de signer l’aide au retour. Mais on n’a pas de solution pour septembre. » Et le directeur de l’UHU qui affiche actuellement le même taux de remplissage qu’au plus fort de l’hiver regrette : « Je ne sais pas comment on va faire en septembre, mais on ne mettra personne à la rue. »


    Mais cet effet soudain de générosité (preuve est désormais faite avec cette expérience que si Marseille n’en a pas la volonté, elle a néanmoins la capacité de déployer un dispositif d’accueil à destination des populations roms) cache mal l’intention politique. Ville et préfecture travaillent de concert avec l’Ofii (lire ci-dessous) pour rentrer dans la droite ligne de la politique gouvernementale : renvoyer en Roumanie ces Européens trop indigents.


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dimanche 21 août 2011.

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