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BLISS n°50 : RENDONS VISIBLE L’INHUMAIN POUR MIEUX LE COMBATTRE

 
Été 2011, marqué par une crise financière mondiale qui lamine partout les plus fragiles et pour de nombreux étrangers en France, par un climat putride initié au plus haut sommet de l’état : tenue de propos racistes décomplexés, l’application des mesures liberticides de la loi Besson et pour atteindre les objectifs de 30 000 expulsions revendiquées par Guéant, banalisation de pratiques de voyous. Un an après le discours de Grenoble, la chasse aux enfants et aux familles a battu son plein. Cible favorite, les familles roms, qui représentent la moitié des enfermements de familles (selon données qui nous sont parvenues), et les expulsions express, minutieusement préparées, des demandeurs d’asile déboutés. Pour arriver à ces fins, des préfets aux ordres revendiquent de passer outre les principes et avis des conventions et cour de justice internationales, ordonnent des actions de basse police et en affranchissent les exécutants de toute considération humanitaire : violence des arrestations menées au petit matin en grand déploiement de policiers et de véhicules, convoyage et rétention des familles à des centaines de kilomètres de chez elles, séparation des enfants et des parents, expulsions exécutées en contradiction de l’avis prononcé par la CEDH, ou devançant de quelques minutes l’énoncé d’une décision de justice de remise en liberté. Qu’importent les accidents de grossesse, le désespoir qui pousse au suicide, les familles disloquées, les enfants qui ne connaitront pas leur père, la violence policière de certaines expulsions. Qu’importent les vies brisées. C’est la réponse malfaisante d’un gouvernement incapable de répondre aux inquiétudes, et qui fait des expulsions d’étrangers la variable d’ajustement de ses craintes électorales. Il n’a pourtant pas gagné sur ce terrain, y compris dans son propre camp. Le discours de Grenoble et ses suites ont été rejetés. Et des citoyens continuent à se mobiliser et réussissent souvent à faire reculer le préfet, le ministre, le gouvernement qui ont pris ces décisions. Les arrestations, la rétention, les expulsions ne peuvent exister qu’à la condition qu’elles restent abstraites et invisibles dans leur humanité. Le nouveau CRA automatisé et familial du Mesnil-Amelot est un véritable camp où l’on enferme les enfants et leurs parents, enfermement qui peut durer 45 jours. Les chiffres ont des visages, des noms, les chiffres sont des vies. Rendons les visibles, mettons sous les yeux de toutes les conséquences réelles de cette politique. Aujourd’hui c’est l’étranger le bouc émissaire, demain, à qui le tour ?

Sommaire du n° 50
Les enfants qu’on enferme 2
Sous les chiffres, des vies, des visages, des drames 3
Familles disloquées 5
Jeunes majeurs en danger 6
Le retour d’Ardi 7
Les bonnes nouvelles, il y en a 8

BLISS_n°50-2
BLISS_n°50-2.pdf

mercredi 14 septembre 2011.

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