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Le Bien public : Côte d’Or : Près de 400 demandeurs d’asile dorment dans la rue

 

dijon. Les 380 places des Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) du département sont devenues insuffisantes. La ville préfecture souffre particulièrement.

 
Situation internationale explosive, “trop bonne réputation” de la Bourgogne, méconnaissance du dispositif administratif : la situation des demandeurs d’asile est très tendue.

Ils sont des ombres dans les sous-sols des parkings souterrains de Dijon, des hommes emmitouflés dans des cartons sous le kiosque de la place Wilson, ou même des familles vivotant dans des chambres d’hôtels.

En Bourgogne, le nombre de demandeurs d’asile a explosé ces dernières semaines. Par effet d’escalier, la Côte-d’Or et Dijon sont particulièrement touchées. Les 380 places des quatre Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) du département sont devenues largement insuffisantes. Aujourd’hui, plusieurs centaines de demandeurs d’asile dorment dans la rue à Dijon. Le monde associatif qui gravite autour d’eux place ce chiffre entre 200 et 500. La préfecture parle, elle, d’«une fourchette haute à 400 ».

L’explication du phénomène tient en trois points, avec un effet domino. D’abord, la situation internationale, toujours aussi explosive. Elle provoque par exemple, actuellement, un afflux d’Erythréens et Soudanais en France, historiquement considérée comme une terre d’accueil.

A l’échelle hexagonal, la Bourgogne est également régulièrement citée pour ses capacités d’accueil et son maillage associatif autour des migrants. Mais elle a subi de plein fouet la face perverse de la régionalisation de la demande d’asile, guichet unique mis en place en mai 2009 pour mieux gérer les demandes. « Aujourd’hui, un demandeur d’asile doit impérativement déposer sa première demande à la préfecture de région, c’est-à-dire à Dijon », rappelle Arnaud Schaumasse, directeur de cabinet d’Anne Boquet, préfète de Côte-d’Or et de la région Bourgogne. « Mais ensuite, beaucoup croient que rester à Dijon ou dans les environs permet d’obtenir une réponse plus rapide. » C’est complètement faux, mais ce réflexe engorge immédiatement le secteur dijonnais. Les effets sont catastrophiques, avec souvent un serpent qui se mord la queue. Par exemple, face à l’afflux de demandes d’asile, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ont besoin de plus de temps pour les traiter. Par conséquent, les migrants en attente restent plus longtemps en CADA et ne libèrent donc pas leur place.

Aujourd’hui, en, Bourgogne, entre le dépôt de la demande d’asile et son acceptation ou non, il faut compter entre 12 et 18 mois. Un délai où les migrants sont “en règle” mais où ils ne peuvent pas travailler , puisqu’ils n’ont pas de papiers. Un casse-tête que les associations et l’Etat (voir encadré) tentent de prendre en main… et qui pourrait bientôt s'inviter dans le débat de la présidentielle 2012.

samedi 8 octobre 2011.

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