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Medias - SUD-OUEST - Sud Ouest

Libourne (33) - L’immigration clandestine sous les projecteurs

 
La compagnie La Contravention est en résidence au Liburnia cette semaine. Dernière mise au point de la pièce « Sous chambre » et premier extrait vendredi.
source : Sud Ouest

En 2077, l'immigration sera toujours un sujet de société au cœur de la réflexion sur la place de l'homme dans le monde et dans la société… Du moins si l'on en croit l'auteur Edward Bond à travers sa pièce intitulée « Sous chambre ». « La transposition dans le futur de ce thème à la mode, permet d'éviter de tomber dans la caricature et de réfléchir au fond de la question », explique le comédien metteur en scène Mualu Muela.

Depuis le début de la semaine, sa compagnie, la Contravention, a investi le plateau du Liburnia pour les réglages lumière et les premières répétitions de la pièce.

Dans « Sous chambre », Joan, une femme d'une quarantaine d'années, découvre un inconnu dans son appartement. Or, la confrontation avec l'immigré est aussi une confrontation avec l'immigration. L'évolution de leur relation dans ce huis clos traduit les différents sentiments (peur, compassion, révolte, etc.) qui vont l'animer vis-à-vis de cet étranger.

Pour bousculer, et mieux interpeller, les spectateurs, Mualu Muela a délibérément écarté certaines indications d'Edward Bond. « J'ai voulu déstabiliser l'image collective de l'immigré. L'immigration n'est pas forcément liée à une couleur de peau. Pour moi un immigré est avant tout un expatrié : un Français en Angleterre, un Congolais au Kenya, etc. ».

Dans cette pièce, l'immigré sera donc un homme blanc, et le passeur de clandestins sera joué par une femme. « Au théâtre, je n'ai jamais appris qu'un personnage avait une couleur de peau, une nationalité ou un sexe… Cela dérange, certainement, mais cela contribue à cette réflexion sur ce que l'on est et ce que l'on représente », continue Mualu Muela qui reconnaît volontiers la difficulté des propos joués.

Cette pièce s'inscrit dans un projet plus large de la compagnie, « engagé mais pas politique. Quelle que soit la position du public sur l'immigration, notre objectif c'est de bien faire comprendre ce qu'est l'immigration, quitter un pays pour un autre, et de casser certains amalgames. Je suis Congolais, mais quand je vis en France, je suis Français. Je ne me sens pas étranger, je vis sur Terre… ».

L'idée est bien d'aller à la rencontre des gens, pas seulement attendre ceux qui viendront au théâtre. Des ateliers devraient se monter, avec des associations, en amont du spectacle, dans les villes où la pièce fera étape. « On ne veut pas juste jouer, débarquer et partir », explique Mualu Muela. Des ateliers de danse ou de théâtre seraient donc proposés autour de ce thème.

Autre initiative : le micro-trottoir. « Interroger les gens sur l'immigration, l'immigré, pour qu'ils expriment ce que cela évoque pour eux. » Et peu importent les réponses enregistrées. « On est prêt à tout recevoir ! Cette prise de risque est nécessaire. Face à la peur des gens, on ne peut pas opposer la peur du racisme. Mais si dans ces ateliers, ils sont finalement confrontés à leur propre image, un petit déclic peut les éclairer. »

Car il s'agit aussi d'une manière pour ce comédien d'origine congolaise de parler des claques reçues lors de son installation en France il y a quelques années. « J'ai grandi sous la dictature de Mobutu, et comme beaucoup d'autres, je considérais la France, la Belgique et d'autres pays européens comme des démocraties idéales. Mais quand on arrive ici, on se confronte à d'énormes freins. »

Heureusement, certaines portes sont restées ouvertes, comme celles du Liburnia. Lorsque le rideau se baisse, pendant les vacances scolaires, le théâtre ne ferme jamais complètement. Il devient le refuge de compagnies, pour des résidences qui leur permettent de répéter et de régler les derniers détails de leurs spectacles en préparation. Pour Dominique Beyly, directeur du Liburnia, « le théâtre doit être accompagnateur de projets, un soutien financier, technique ou matériel à de jeunes compagnies. On apporte aussi un œil critique à leur travail pour mieux les guider… »

Vendredi après-midi, la Contravention jouera un extrait de la pièce « Sous chambre », à 16 heures, au Liburnia. Gratuit et ouvert à tous.

jeudi 27 octobre 2011.

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