accueil RESF
DON au RESF

Le Journal de Saône et Loire : chalon. De peur d'être reconduite dans son pays, une famille russe sans papiers a choisi la fuite. Ils ont préféré se cacher

Accueil > ACTUS générales > Dans les médias d’ici ...

Le Journal de Saône et Loire: chalon. De peur d’être reconduite dans son pays, une famille russe sans papiers a choisi la fuite. Ils ont préféré se cacher

 

L’office français de l’immigration et la préfecture lui proposaient 7 000 € pour rentrer dans son pays. Cette famille de sans papiers a décliné. Et a quitté Chalon.

Ils sont partis. Avec un tout petit peu d’argent récolté auprès de leurs soutiens et quelques affaires. Direction : « Un autre endroit, ailleurs, en Europe… »

Pendant les vacances de la Toussaint, Magomet et Madina, comme d’autres familles déboutées du droit d’asile logées dans les centres d’accueils de Chalon, ont reçu une visite de l’office français de l’immigration et de la préfecture. Il leur avait été proposé une aide au retour volontaire (7 000 €, selon le Réseau éducation sans frontières, pour cette famille composée de deux adultes et de deux enfants). En cas de refus, c’était une reconduite à la frontière forcée qui attendait cette famille. Mais pour Magomet, il était hors de question de retrouver sa province russe, l’Ingouchie, qu’il a quittée avec sa femme et son premier enfant, Azamat, en 2008. D’après le Réseau éducation sans frontières (RESF), le jeune homme a vécu une histoire terrible dans son pays : « Il a été violemment agressé par la police ingouche qui l’accusait de faire partie des troupes rebelles. Quelque temps avant, il avait été torturé par les troupes rebelles. Résultat : quatre doigts coupés au couteau pour l’obliger signer un document. » Pour le réseau si cette famille a fui son pays en laissant tout derrière elle, c’est pour une question de survie.

Quatre doigts

Arrivée en novembre 2008 à Chalon, la famille tentait de s’intégrer. Azamat était scolarisé, les parents essayaient d’apprendre le français. Mais leurs demandes d’asile n’ont jamais abouti. « Ils ont épuisé tous les recours » confirme Magali Selles, secrétaire générale de la préfecture de Saône-et-Loire, « leur dossier a été examiné par des instances qui connaissent la situation des différents pays. Elles ont considéré que cette famille ne remplissait pas les conditions. »

Pas de statut de réfugié pour un homme qui présente quatre doigts en moins. C’est justement ce que reproche le RESF aux « instances » et à la préfecture qui ne sont pas persuadées que Magomet court un danger dans son pays d’origine. « Il a pu perdre quatre doigts dans une bagarre, par exemple » avance Magali Selles qui regrette que la famille ait refusé la proposition de retour volontaire « dans les conditions les plus favorables. Depuis plus d’un an, ils étaient logés en centre d’accueil alors que leurs demandes avaient toutes été rejetées. J’ai 54 autres familles en demande d’asile en attente d’un logement en ce moment. Je dois leur faire de la place. »

« Une famille en danger »

Pour le RESF, la famille, partie on ne sait où, est en danger : « Magomet a préféré se cacher. Rentrer au pays, c’était subir une mort certaine. Résultat : c’est un enfant qui ne va pas à l’école et un bébé qui ne bénéficie pas de soins. Nous aurions préféré qu’ils restent là, que la préfecture réexamine leur dossier. C’est un échec pour nous. Nous avons été choqués par leur départ. » Sans titre de séjour, Magomet et Madina peuvent être contrôlés à tout moment et reconduits à la frontière.

jeudi 17 novembre 2011.

Faire connaître cet article
FAIRE UNE RECHERCHE sur les mots-clefs associés à cet article :
  • Ce média mentionne... :
    RESF
cliquer sur le mot-clef pour retrouver les articles ayant le même mot-clef
À L'AGENDA de ACTUS générales / Dans les médias d'ici
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW
Liens :
Tous les liens utiles
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0