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Le Faso : IMMIGRATION EN FRANCE : Des Burkinabè sans-papiers dans le désarroi

 
Des Burkinabè sans-papiers résidant en France sont inquiets du rythme de régularisation de leur situation qui se fait dans le cadre de l’accord sur la gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire signé entre le Burkina et la France. C’est la raison pour laquelle ils interpellent le président du Faso sur leur situation.
source : Le Faso

Monsieur le Président,

En janvier 2009, le Burkina Faso et la France ont signé un accord sur la gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire, qui a ensuite été ratifié par le Burkina en 2009 et par la France en avril 2011. Entré en vigueur le 1er juin dernier, l’accord contient une disposition relative aux conditions de régularisation des personnes vivant en situation irrégulière en France. Il s’agit notamment :

- De justificatif d’une promesse d’embauche ;
- De justificatif de preuves d’hébergement et de ressources. Tous ceux qui sont en situation irrégulière ont été invités à déposer une demande de régularisation par le canal de l’ambassade du Burkina à Paris, car, nous a-t-on dit, « une opportunité nous est offerte de voir aboutir les demandes remplissant les conditions requises ».

Au total, 105 dossiers ont donc été déposés et plus de deux ans après, aucun n’a été régularisé en application de l’accord. Las d’attendre, et malgré les efforts consentis par l’ancien ambassadeur, aujourd’hui Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, à qui nous sommes reconnaissants, nous nous sommes constitués en Collectif afin de mieux défendre notre cause. On n’est jamais mieux défendu que par soi-même ! Dans son discours d’adieux aux Burkinabè de France du 11 juillet 2011, le Premier ministre nous a encore encouragés à poursuivre notre lutte et nous a promis de continuer à évoquer notre cas avec la représentation diplomatique française à Ouagadougou. Lors de la rencontre avec les Burkinabè de France le 9 octobre dernier, le nouvel ambassadeur, le Professeur Joseph Paré, s’est aussi engagé à poursuivre le processus initié par son prédécesseur. Nous lui disons merci et comptons sur lui pour faire aboutir nos demandes.

Monsieur le président, L’accord signé engage les deux pays et nous, Burkinabè sans-papiers vivant en France, souhaitons que vous vous impliquiez personnellement dans ce dossier afin que nous puissions sortir de cette situation psychologique et socialement intenable. Le 22 octobre 2011, à l’occasion d’une rencontre entre les associations burkinabè et le ministère français de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration, nous avons appris que seize (16) dossiers, parmi la centaine déposée, avaient été traités, mais nous ignorons si ces régularisations ont été obtenues en application de l’accord.

Le 21 novembre, il était prévu que les membres du comité de suivi de l’accord réunissant les deux parties se retrouvent à Ouagadougou pour discuter des modalités de l’application de l’accord. Nous attendons de nos autorités qu’elles mettent la question des régularisations au centre des discussions qu’elles auront avec la délégation française. Monsieur le président, Nous sommes des gens responsables et des travailleurs honnêtes qui nous battons avec dignité et courage pour gagner notre pitance quotidienne et assurer l’avenir de nos familles restées au pays. Même étant à des milliers de kilomètres, nous gardons des liens étroits avec la mère patrie et nous sommes convaincus que là où nous sommes, nous participons aussi, à notre manière, au développement du Burkina et nous le ferions d’autant plus si nous étions en situation régulière.

Notre situation actuelle nous expose à la précarité et aux violations de nos droits. C’est pourquoi, il serait juste que les demandes remplissant les critères connaissent un aboutissement heureux dans le cadre de l’accord signé par le Burkina Faso et la France. Nous avons conscience que notre lutte ne saurait aboutir sans le soutien constant de nos autorités, à commencer par vous, monsieur le président.

Veuillez agréer, monsieur le président du Faso, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Collectif :

Karim OUEDRAOGO

Emilienne KABORE

Yacouba OUEDRAOGO

Ibrahim NANA, 06 33 46 89 92

Adresse mail : burkinabe15@yahoo.fr

Le Pays

mardi 22 novembre 2011.

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