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(Algérie) : e ministre français de l’intérieur aujourd’hui à Alger - La sécurité et l’immigration au menu des entretiens

 

par Yacine S.

À l’issue de sa conférence de presse commune avec Daho Ould Kablia, le ministre français de l’Intérieur sera reçu par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.

Lutte contre le terrorisme, la coopération policière : ce sont les deux thèmes qui ont conduit le ministre français de l'Intérieur à effectuer une brève visite à Alger, aujourd’hui, à l'invitation de Daho Ould Kablia. Celui-ci n’avait pas souhaité recevoir l'ex-locataire de Beauvau, Brice Hortefeux, qui en avait pourtant fait la demande. Mais Claude Guéant n’est pas à son premier voyage. En tant que secrétaire général de l'Élysée jusqu'en février dernier, il était en charge des dossiers diplomatiques les plus brûlants : la Libye, la Syrie, le Rwanda mais aussi l'Algérie.
Il était venu à un moment où la relation bilatérale avait connu un nouvel accès de fièvre en raison de l'affaire Hasseni. Depuis, un seul couac a été enregistré. C'était en juin dernier à l'occasion des élections au Conseil français du culte musulman (CFCM). De manière diplomatique, les services de Guéant avaient dû faire savoir que le CFCM était un organisme français face à la volonté d'Alger de peser sur le cours du scrutin. Le secrétaire d'État, Halim Benatallah, avait même assisté à Lille à une démonstration de force de la Grande-Mosquée de Paris qui entendait boycotter les élections.
Le nouveau voyage de M. Guéant intervient dans le contexte de la fin du régime de Kadhafi et de ses implications sur la sécurité dans la région du Maghreb et du Sahel où les intérêts français sont sous la menace d'Aqmi. En plus des quatre employés du groupe nucléaire Areva, deux autres Français ont été capturés il y a deux semaines au Mali. Mais l’identité de ces deux otages, liés à des coups fourrés, l’un en Afrique et l’autre dans les Balkans, soulève bien des questions.
En matière de renseignement, la coopération entre les deux ministères semble fonctionner au mieux. Des opérations menées dans les deux pays ont pu l’être grâce aux renseignements fournis par l'autre. La coopération fonctionne aussi au niveau de la formation puisque la France reçoit des cadres de la Police nationale où vient assurer des cycles à Alger. En matière de sécurité, il y a aussi la lutte contre l’immigration clandestine érigée au rang de priorité par la droite au pouvoir en France. Pour cette année, M. Guéant entend atteindre, voire dépasser un record historique de 30 000 expulsions de sans-papiers, dont des centaines d'Algériens. Mais la lutte contre l'immigration clandestine se fait de plus en amont, avec la collaboration des pays sources. Selon le dernier rapport de Migreurop, un réseau d'associations européennes et africaines, près de 400 000 étrangers ont été refoulés aux frontières de l’Union européenne en 2010. Et l’UE sous-traite cette lutte, parfois au prix d'un chantage à l'aide au développement, dénoncent les ONG. Dans sa politique de maîtrise des flux, la France a même décidé de réduire l’immigration légale de 10%, soit une diminution de
20 000 puisque le pays accueille chaque année 200 000 étrangers. Mais Claude Guéant veut aller au-delà.
Il entend s’attaquer au droit d’asile qu'il juge “en danger” parce que ses procédures sont “détournées” par des personnes qui ne sont pas persécutées mais qui veulent tout simplement immigrer. L’année dernière, les Algériens ont été 1 211 à demander l'asile politique en France et seulement 99 à l’avoir obtenu. Les personnes déboutées sont vouées à l'expulsion ou à la clandestinité. Pourtant, l'Algérie n'est pas sur la liste des “pays d'origine sûrs” qui veillent au “respect des principes de la liberté, de la démocratie et de l’État de droit, ainsi que des droits de l’Homme et des libertés fondamentales”.
Cette politique de M. Guéant lui a valu cette semaine des attaques d'une rare violence de la part de l'opposition de gauche qui le qualifie de “ministre du Front national” ou encore d’être “l'ami d'un certain nombre de personnages troubles au cœur des affaires qui touchent de loin ou de près le pouvoir”. Vendredi soir, en se présentant au Sénat pour défendre le budget de son ministère, Claude Guéant a été renvoyé aux “années 1930” par la sénatrice Esther Benbassa. “C’était aussi une époque de crise, le lendemain d’un krach dévastateur. Le bouc émissaire, alors, était le juif. Chacun sait comment cette histoire s’est terminée. La comparaison, c’est vrai, a ses limites. Et l’histoire ne se répète pas, certes. Mais les comportements xénophobes, eux, oui. On ne joue jamais impunément avec le feu”, a-t-elle mis en garde. En matière d'immigration, la révision de l'accord bilatéral de 1968 ne devrait pas faire partie des priorités de la visite de M. Guéant.

dimanche 4 décembre 2011.

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