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Sud Ouest : Bordeaux : « Dernière lueur d'espoir »

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Bordeaux: « Dernière lueur d'espoir »

 

Laura Petersell est la nouvelle déléguée permanente de la Cimade, une association veillant au respect des droits des étrangers en situation illégale. Portrait.

source : Sud Ouest

Laura Petersell passe ses journées à l'hôtel de police, dans un petit bureau au sous-sol, environnée d'étrangers désemparés. Déléguée permanente de la Cimade au centre de rétention administrative à Bordeaux depuis sa réouverture au mois de juin dernier, cette juriste diplômée a la lourde tâche « d'accompagner » des hommes arrêtés par la police et projetés du jour au lendemain dans un univers carcéral.

À ceci près que leurs cellules sont des chambres dont la porte reste ouverte sur un couloir et un petit patio. Leur tort, sinon leur crime : ne pas avoir des papiers en règle. La plupart se sont fait prendre à la gare Saint-Jean, où la police des frontières exerce une surveillance vigilante. Et du jour au lendemain, ils se sont retrouvés en garde à vue puis en rétention, avec la perspective de passer devant le juge des libertés, lequel les expulse la plupart du temps, quand ils ne sont pas en prime accusés de faux et usages de faux pour avoir travaillé au noir. Ainsi vont les choses depuis la loi du 18 juillet dernier, qui a durci la répression contre l'immigration illégale.

Accès au droit

« Depuis la réouverture du centre de rétention après l'incendie d'il y a deux ans, 96 personnes ont été placées ici, 38 ont été contraintes de quitter le territoire mais seulement 34 de celles-ci sont passées devant le juge. Cette nouvelle loi a rendu l'accès à ce magistrat plus difficile car on peut maintenir enfermées les personnes pendant cinq jours au lieu de 48 heures auparavant, ce qui laisse davantage de temps à l'administration pour organiser l'expulsion. Et ceci avant que ces personnes aient pu faire valoir leurs droits », explique Laura Petersell.

Mais à quoi sert-elle au juste, cette jeune femme de 27 ans venue de Paris après avoir fait acte de candidature au centre de Bordeaux ? « Je suis un peu la dernière lueur d'espoir d'hommes qui vivent leur enfermement comme un châtiment », confie-t-elle. La déléguée de la Cimade, association ayant remporté auprès de la préfecture le marché public de la « mission d'accès au droit », a pour tâche de créer le lien avec les avocats commis d'office, ou ceux qui militent au sein de l'Institut de défense des étrangers (IDE).

Beaucoup de Tunisiens

C'est donc une sorte de petite sentinelle des droits de l'homme aux moyens toutefois très limités en même temps qu'une conseillère juridique permanente. Et parfois une confidente. Au moins son témoignage est-il utile pour savoir ce qui se vit dans ce souterrain jalousement gardé. Pour l'heure, Laura Petersell voit surtout passer des Tunisiens : « Ils arrivent de l'île de Lampedusa avec des permis de séjour de six mois. Beaucoup se font prendre à la gare au moment où ils repartent pour l'Italie. Et pourtant, on les enferme et on se retrouve avec en moyenne six à huit personnes au centre de rétention avant une expulsion officielle qui permet de remplir les objectifs chiffrés. C'est une politique absurde et coûteuse alors que ce ne sont pas des délinquants stricto sensu. »

Le délai maximum de rétention est de 45 jours mais même s'il s'avère en général beaucoup plus court, cet enfermement n'en provoque pas moins quelques dégâts psychiques chez les intéressés : « Être enfermé trois jours et 40 jours, ce n'est pas du tout pareil ; on voit des gens se dégrader très rapidement à mesure que leur rétention s'allonge ». La déléguée de la Cimade veut pourtant souligner l'attitude de la juridiction de Bordeaux : « Elle est souvent d'accord pour considérer que la garde à vue pour défaut de papiers est illégale. »

Mais Laura Petersell souligne aussi : « Le zèle à enfermer les étrangers en situation irrégulière est forcément lié au fait que le préfet Stefanini a été le directeur de cabinet de Brice Hortefeux lorsqu'il était ministre de l'Immigration. »

samedi 10 décembre 2011.

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