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Béziers (34) - Mohamed a passé son vingtième Noël sans papiers

 
Arrivé en 1992 en France, Mohamed a cumulé les petits boulots, mais ne peut pas prouver sa présence sur le territoire.
source : Midi Libre

"C’est dur, vingt Noël sans papiers avec la peur de se faire prendre comme cadeau", explique Mohamed.

Ce dernier est arrivé en 1992 à Marseille, puis a rejoint tout de suite le Biterrois. Là, cet ancien secrétaire de l’Union nationale des paysans Algériens qui travaillait à Aïn Temouchent, non loin d’Oran, a trouvé un emploi à Sérignan.

"J’avais trouvé dans un domaine agricole un patron qui m’assurait le gîte et le couvert. Il m’avait fait la promesse de me régulariser dès que possible. J’avais foi en ses propos. J’ai eu tort. Il m’a exploité pendant 6 ans", assure-t-il.

Quand en 1998 la loi Chevènement a ouvert la porte à de nombreuses régularisations Mohamed a cru aux promesses de son patron.

"J’avais quitté mon pays car des barbares voulaient que je rejoigne leur rang. J’ai fui car ils menaçaient ma vie. Aujourd’hui, c’est mon futur qui est menacé. La lettre d’embauche qui m’aurait permis de demander une carte de séjour n’est jamais arrivée. Je suis parti. Depuis 1998, je vis de petits boulots", se désole cet homme de 59 ans qui parle un français parfait.

Soutenu par l’association Biterroise contre le racisme François Muselet de l’ABCR insiste : "Nous connaissons Mohamed depuis 1998. Il a toujours travaillé. Nous l’aidons à se loger et il part souvent chez son fils ou sa sœur. C’est un homme sans histoire que nous aidons beaucoup dans ses démarches administratives. Mais dans son dossier nous sommes confrontés à un problème insoluble."

Soutenu par l’association Biterroise contre le racisme

En effet, il y a quelques années, Mohamed s’est fait voler ses bagages avec son passeport et de l’argent dedans. Son consulat refuse de lui refaire ses papiers d’identité, bien qu’il ait toujours sur lui son n° de passeport, tout cela parce qu’il n’a pas de carte de séjour en France. L’État Français ne lui donne pas de carte de séjour car il n’a pas de passeport et ne peut pas non plus justifier de 10 ans de présence en France. C’est le serpent qui se mord la queue.

"Je suis né sous le drapeau Français. Mon père était militaire. Je me sens Français. Je ne comprends pas cette situation. Je n’ai jamais commis d’erreur. Je ne suis jamais allé en prison", confirme Mohamed.

Et François Muselet de rétorquer : "S’il avait fait de la prison au moins on saurait mesure le temps qu’il a passé en France."

"Moi je suis propre. Mais s’il faut partir en prison pour dix ans, je signe tout de suite. Je suis sous le coup d’une obligation de quitter le territoire Français. Si on me renvoie en Algérie, c’est la mort qui m’attend. De toute façon en Algérie je n’ai plus rien."

Depuis 6 ans Mohamed travaille pour des forains. Mais ces derniers ne sont pas chauds pour assurer qu’il a bien travaillé chez eux.

"S’ils le faisaient, ils pourraient être contrôlés et avoir des ennuis fiscaux", précise François Muselet.

"Noël, tous les ans c’est une période difficile. Quand les autres font la fête, moi, je me désespère. Je n’attends qu’un petit cadeau, un papier qui me permettra de ne pas fêter un 21e Noël sans papier."

Algérien : comment obtenir son titre de séjour

Pour bénéficier d’un titre de séjour en France si l’on est Algérien il faut ( Sources : service-public.fr): Prouver par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de 10 ans. Etre marié avec un Français, à condition que son entrée en France ait été régulière et que son conjoint ait conservé la nationalité française.

Etre marié avec un étranger titulaire d’un titre de séjour mention "scientifique", à condition que son entrée en France ait été régulière.

La mère ou le père algérien(e) d’un enfant français mineur résidant en France à la condition qu’elle/il exerce, même partiellement, l’autorité parentale ou qu’elle/il subvienne effectivement à ses besoins.

Lorsque la reconnaissance de l’enfant est postérieure à la naissance, le certificat n’est délivré que si le demandeur subvient aux besoins de l’enfant. L’Algérien qui n’entre pas dans les catégories ci-dessus, ni dans celles du regroupement familial, mais dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit.

L’Algérien résidant habituellement en France et dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Il ne doit pas pouvoir effectivement suivre un traitement approprié en Algérie. L’Algérien entré en France par la procédure du regroupement familial et dont le conjoint (ou parent) est titulaire d’un certificat de résidence d’1 an.

jeudi 5 janvier 2012.

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