
Plus de 22'000 personnes ont déposé une demande d'asile l'année dernière. Ce nombre n'a jamais été aussi élevé depuis 2003, écrit jeudi le «Tages-Anzeiger». Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral des migrations (ODM), un grand nombre de requérants d'asile disparaissent des écrans de radar des autorités suisses avant que leur cas ne soit traité. Et le taux des disparus ne fait qu'augmenter. Ils étaient 9,5% à avoir pris la poudre d'escampette en 2009. En 2010, ce taux était de 11,7% et l'année dernière de 12,8%. Autrement dit: En 2011, un demandeur d'asile sur huit s'est évaporé en cours de procédure. Et quand la décision est négative, c'est même une personne sur quatre qui s'évanouit dans la nature.
«Pas étonnant»
Pour Beat Meiner, secrétaire général de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés, ces chiffres n'ont rien d'étonnants: «La disparition des demandeurs d'asile est liée à la qualité du soutien qui leur est apporté.» Pour Beat Meiner, c'est l'introduction de l'aide d'urgence qui serait la cause du nombre croissant de disparus. Depuis 2008, les requérants dont leur demande a été rejetée ne perçoivent plus qu'une aide d'urgence.
Qu'advient-il de ces personnes disparues? Restent-elles en Suisse? Si oui, de quoi vivent-elles? Ces questions restent souvent sans réponses. Il semblerait que la plupart de ces personnes deviendraient généralement des sans-papiers. Selon Beat Meiner, il s'agirait surtout de «jeunes hommes estimant n'avoir que peu de chances d'avoir une réponse positive à leur demande». Selon lui, la bonne situation économique de la Suisse aurait permis à ces individus de trouver du travail au noir. Un avis que partage également le conseiller national PLR bernois Philipp Müller, expert en matière d'asile. Ce dernier revendique un meilleur contrôle des employeurs mais aussi des sans-papiers.
Raccourcir la procédure
Reste que la Suisse ne dispose d'aucun moyen pour entamer une procédure pénale contre les requérants disparus. L'ODM écrit à cet effet: «Les bases légales sont claires. Un requérant d'asile n'est pas considéré comme un criminel et peut donc circuler librement en Suisse.» Pour Philipp Müller, il est nécessaire que le temps de la procédure soit raccourci, afin de réduire la probabilité d'une disparition. La ministre de la justice, Simonetta Sommaruga, travaille d'ailleurs en ce moment sur des mesures visant à réduire cette période.