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La France ne veut pas de « Lok », caricaturiste persécuté en Algérie

 

SAILLY-LEZ-LANNOY

La France ne veut pas de « Lok », caricaturiste persécuté en Algérie

 

La famille Mohameda a des liens très forts avec Sailly-lez-Lannoy où elle a vécu pendant deux ans. Lokam, 6ans, y est toujours scolarisé. Ci-dessous, une caricature impubliable en Algérie.La famille Mohameda a des liens très forts avec Sailly-lez-Lannoy où elle a vécu pendant deux ans. Lokam, 6ans, y est toujours scolarisé. Ci-dessous, une caricature impubliable en Algérie.

Tarik Ferad Mohameda est journaliste-caricaturiste. Il a quitté l'Algérie avec femme et enfants pour pouvoir exercer son métierlibrement et sans crainte. Mais la France lui refuse le droit d'asile.


Les temps sont durs pour la famille Mohameda. Très durs. Après deux années passées au centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) de Sailly-lez-Lannoy, près de Roubaix, l'avenir n'a pas pris la tournure espérée. Tarik, alias « Lok » ou « Feham », son épouse et leurs trois enfants (dont deux bébés) ont été contraints de quitter les lieux, lundi, après que l'Ofpra(1) leur a refusé le droit d'asile. Leur situation en Algérie n'a pas été jugée suffisamment inquiétante.
La famille a trouvé refuge dans un hôtel roubaisien grâce à l'aide de la Cimade(2). Une solution d'autant moins confortable qu'elle est provisoire. « Mardi, on sera dehors. Je dois rappeler la Cimade lundi pour savoir ce qu'on fait », explique Tarik.
En tout état de cause, le journaliste-caricaturiste n'a pas l'intention de remettre les pieds en Algérie, un pays qu'il aime profondément à ceci près qu'il ne peut pas y exercer son métier librement. Il dit avoir subi des pressions, des humiliations et même des intimidations de la part de la direction du journal qui l'employait, El Djoumhouria. Un quotidien étatique dirigé par un membre du Rassemblement national démocratique (RND), un parti qui soutient le président Bouteflika. Sans parler de la censure quasi quotidienne. « Les caricatures du président sont interdites ou alors on n'autorise que des enfantillages, des débilités. Il ne faut surtout pas que Bouteflika soit représenté plus petit que les autres personnages ! Certaines caricatures peuvent vous valoir la prison. En Algérie, les gens comme moi, on les pousse à l'exil. Il n'y a pas de liberté d'expression, la presse est de mèche avec les politiques. »

 


L'argent non, la liberté oui


Diablement doué, érudit, fin connaisseur et analyste du monde politique tant algérien que français, Tarik Mohameda continue de produire et, n'ayant pas l'autorisation de travailler, publie bénévolement sur Internet. Il ne transige pas avec ses convictions. Ce qu'il attend de l'État français, c'est de pouvoir vivre, penser et s'exprimer librement. Quitte à en payer le prix fort : « En Algérie, j'étais employé permanent, je bénéficiais de la Sécurité sociale, je cotisais pour la retraite... Il faut être fou pour partir ! Pourtant j'ai tout plaqué pour vivre en France dans un Cada avec ma famille. Je ne suis pas venu ici pour bénéficier de l'aide au retour et m'acheter une voiture pour frimer au bled. Je ne demande pas d'argent, je ne veux pas du RSA, j'espère juste une régularisation. J'ai envie de faire une école de peinture et m'exprimer librement. » Avec l'aide de la Cimade, Tarik Mohameda va tenter le tout pour le tout devant le Conseil d'État. Mais si ça ne marche pas, « je vais avoir un sérieux problème ».

Et pour cause, la petite famille est parfaitement intégrée à Sailly-lez-Lannoy. Le fils de Tarik, Lokman, 6 ans, y est toujours scolarisé et les parents sont « impliqués » dans la vie de l'établissement, un courrier de l'ex-directrice fait foi. Le petit fait aussi du football à Toufflers... Bref, retourner en Algérie serait vécu comme un second déracinement. Sans parler des risques de représailles.

(1) Office français de protection des réfugiés et apatrides.
(2) Comité inter-mouvements auprès des évacués.
 

vendredi 20 janvier 2012.

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