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Medias - La Voix du Nord - VDN

Le camp de migrants de Norrent-Fontes (62) démantelé hier en début de matinée

 
Conduite par le sous-préfetde Béthune, une opérationde démantèlement du campde migrants de Norrent-Fontesa été menée, hier matin, dès 8 h 30. Deux petites heures auront suffi à réduire à néant les baraquements de fortune installés depuis fin 2008 au lieu-dit La Marnière.

PAR ARNAUD DÉTHÉE

a démolition du camp, inoccupé depuis le 17 décembre, s'est déroulée dans le calme sous l'oeil un tantinet anxieux du sous-préfet Jean-Michel Bédécarrax et des nombreux gendarmes qui quadrillaient le terrain et interdisaient l'accès au site. En deux heures de temps, les deux grues réquisitionnées par les services de l'État ont fait mordre la poussière aux baraquements décatis, laissant derrière elles quelques débris en marge de rares effets personnels remis à la commune par la gendarmerie.

Les 46 migrants, hébergés depuis un mois dans une salle communale pour se protéger du froid, n'en ont rien su. Tout juste ont-ils reçu la visite de fonctionnaires venus leur mettre trois options sous le nez au saut du lit : un retour en Érythrée en partie financé, une procédure de demande de droit d'asile et enfin, une place en hébergement d'urgence. Un scénario « ubuesque » pour le maire Marc Boulnois, qui, après une entrevue virile mais courtoise, sur place, avec le sous-préfet, n'a pas mâché ses mots envers le représentant de l'État. « C'est la réponse du berger à la bergère, soupire-t-il. Monsieur le préfet du Pas-de-Calais qui m'a mis en demeure, fin 2010, de faire disparaître le camp, a décidé de montrer ses muscles avant de partir. Notre mobilisation collective remonte à un an jour pour jour, ça n'est pas un hasard... Se réfugier derrière le prétexte de l'insalubrité est indigne... Mais bon, si l'État a jugé bon de tout raser, c'est parfait, nous aurons d'autant moins de mal à bâtir de nouvelles fondations. Cet espace communal restera dédié à l'accueil des migrants !

 » Durant un point presse improvisé à l'arrière de sa voiture de fonction, Jean-Michel Bédécarrax, tout aussi ferme sur sa position, renvoyait la patate chaude au maire norrent-fontois. « Malgré un arrêté préfectoral d'insalubrité irrémédiable pris le 22 septembre, et le procès verbal de l'Agence régionale de santé constatant que la commune se soustrayait à ses obligations de démolition, le maire de Norrent-Fontes n'a entrepris aucune démarche pour faire cesser l'existence de ce taudis. L'État s'en est donc chargé, conformément au pouvoir de substitution prévu par le code de la santé publique ». Et de souligner qu'un hébergement en centre dédié à l'accueil des étrangers avait été proposé aux migrants. Qui tous ont refusé. Pas étonnant aux yeux de Marc Boulnois, qui refuse de cautionner « ce bal des hypocrites ... Laisser les communes proposer des solutions de solidarité et mettre en demeure les élus, voilà la politique de l'État ! ».

Associé au réseau des élus hospitaliers, il rappelait enfin qu'une réunion sera organisée la semaine prochaine à l'initiative du conseil régional pour faire le point de la situation. Preuve selon lui, « que c'est aux collectivités locales de prendre en main la solidarité face à un état démissionnaire ». •

mardi 31 janvier 2012.

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