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(blog fini de rire) : Une action inutile et de mauvaise foi

 

Nouvel épisode de la grande offensive d'hiver contre les migrants, mais aussi contre leurs amis d'ici. Dans le Pas de Calais, un camp de migrants inoccupé vient d'être détruit sur ordre préfectoral. Leurs occupants avaient été mis à l'abri des intempéries de toute espèce par la commune de Norrent-Frontes et ses habitants.

A mi-chemin de Béthune et Saint-Omer, le village de Norrent-Fontes compte environ 1500 habitants. "Réputé pour la culture du cresson, le village comptait autrefois plusieurs hectares de cressonnières et des dizaines de cressiculteurs. (…) À la suite du drainage généralisé des zones humides et de l'industrialisation lourde (avec pompages) de la région, le niveau des nappes d'eau a fortement baissé. (...) Il reste deux cressiculteurs en activité" (Source: Wikipedia).

En 2002, à 80 kilomètres de là, le centre de la Croix-Rouge de Sangatte a été fermé, asséchant les possibilités d'accueil des migrants en route pour la Grande-Bretagne. "A Norrent-Fontes, un petit nombre a monté un camp fixe (...), halte avant la dernière ligne droite. Quelques habitants des environs, inquiets de voir, en France, des hommes et des femmes vivre dehors, se sont donc réunis en collectif pour parer à l’urgence humanitaire.

Mais révoltés par la deuxième destruction du 20 décembre 2007, par -4 degrés la journée et -8 la nuit, et surtout par les destructions automatiques depuis cette date (seul mode de gestion de la question par les autorités), ils décident de créer l’association Terre d’Errance pour informer le public de ce qui se passe dans la région et pour alerter l’opinion du vide juridique qui concerne ces migrants, car leur situation de transit les condamne à des conditions de vie inhumaines en l’attente de leur arrivée à destination."

Certains de ces réfugiés sont très jeunes (11, 12 ans) et un très grand nombre est en âge d'être scolarisé. Pour ceux de 18-20 ans, ils cherchent à atteindre l'Angleterre pour pouvoir faire des études. Ils devraient être accueillis et protégés par la France, et scolarisés, et non renvoyés dans toute l'Europe en errance sur les routes pendant des mois ou des années. Les habitants et les élus de Norrent-Fontes refusent, malgré une énorme pression qui ne date pas d'hier, de renoncer à leur humanité. Ils sont ainsi devenus des soutiens au quotidien de ces migrants. Ce qui n'a pas manqué de provoquer des conflits avec le préfet, et toute une cascade de procédures, couronnées le 30 janvier 2012 par la destruction du camp de Norrent-Fontes.

Terre d'Errance dénonce une action inutile et de mauvaise foi.

"Le camp d'infortune de Norrent-Fontes a été rasé ce lundi matin. Les 46 personnes migrantes présentes à Norrent-Fontes n’y étaient pas. Elles dormaient dans une salle où la commune a pris la responsabilité de les abriter du froid depuis le 17 décembre dernier.

Pendant qu’une entreprise privée détruisait les baraquements sous l’œil de Monsieur le Sous-Préfet, les services de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) ont fait irruption dans le dortoir et ont expliqué rapidement les faits.

Abasourdis, les migrants ont eu quelques minutes pour choisir entre un retour volontaire dans le pays qu’ils ont fui ou le dépôt d’une demande d’asile (qui pour la plupart est impossible et déclenchera leur expulsion vers un autre pays d’Europe). Tout aussi rapidement, il leur a fallu décider s’ils voulaient rester sur place ou être hébergés dans un centre d’hébergement d’urgence. Tous ont refusé ces propositions qui ne leur sont d’aucun secours.

L’association dénonce l’inutilité de cette opération et le désintérêt complet des services de l’Etat pour les personnes migrantes. Depuis plus de dix ans, des milliers de rescapés ayant fui leur pays et survécu aux pires horreurs ne doivent leur survie qu’à l’action bénévole des habitants.

Marc Boulnois (ndlr. Le maire du village) est désigné comme fautif alors qu'il est un des rares élus à assumer sa responsabilité. Il demande depuis plusieurs années un dialogue avec l'Etat pour mieux répondre aux questions que pose la présence de migrants dans son village.

Dans son communiqué de presse, la préfecture ose écrire : « alerté par le Préfet à maintes reprises depuis trois ans sur l’état déplorable des installations de fortune, le maire de la commune n’a entrepris aucune démarche pour faire cesser l’existence de ce taudis » Alerté à maintes reprises par le maire, les associations, les habitants, le Préfet n’a entrepris aucune démarche pour aider les personnes qui s’abritaient dans ce taudis. Moins d’une heure après leur arrivée, les agents de la DDCS étaient repartis sans même avoir demandé le nom de qui que ce soit !

Le préfet souligne « le non respect par la commune des obligations réglementaires qui lui incombent » Nous soulignons quant à nous le non respect par l’Etat des obligations légales, nationales et internationales qui lui incombent.

A quoi aura servi cette spectaculaire destruction ? A faire croire à l’opinion que l’Etat agit ? A rendre moins visibles encore ces hommes et femmes exilés sans refuge et abandonnés dans les fossés ?

Dans quelques semaines, quand les gelées ne seront plus à craindre, les migrants quitteront la salle municipale. Pour aller où ? Ils reconstruiront des abris de fortune.

Dans tous les cas, nous serons là pour les aider à s'abriter du vent et de la pluie, nous serons là pour leur donner la possibilité de se doucher et de se soigner, pour leur permettre de se défendre, pour défendre leurs droits et leur dignité."

Martine et Jean-Claude Vernier

jeudi 2 février 2012.

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