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L'Hebdo du vendredi : Reims (51) - Demba Camara, arrêté puis libéré en une semaine

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L'Hebdo du vendredi: Reims (51) - Demba Camara, arrêté puis libéré en une semaine

 

Demba Camara a 24 ans. Il vivait à Reims avec sa compagne jusqu’à jeudi dernier, 26 février, jour où il a été arrêté « au guichet » en préfecture de Châlons. Hier jeudi 2 février, il a été libéré en appel par la Cour d’appel de Metz qui a cassé la procédure de reconduite à la frontière. Entre temps, il a passé la semaine enfermé au Centre de rétention administrative de Metz.

par Tony Verbicaro

Demba Camara est arrivé en France, en région parisienne, en 2007, muni d'un visa de court séjour émis en Guinée (Conakry) d'où il est originaire. Se sentant en danger dans son pays, il a fui. Et demandé en France l'asile politique. Pendant un an, il a pu vivre ici, muni de son récépissé d'attente de demandeur d'asile. Demande qui sera rejetée. Parallèlement, il dépose en 2008 un dossier d'étranger-malade (qui permet à un étranger d'obtenir un titre lui permettant de demeurer sur le sol français si le traitement nécessaire n'est pas disponible dans son pays). Demba est atteint d'hépatite B. Si son état se dégrade, en France, il peut être soigné. Pas en Guinée. Il fait sa demande auprès de la préfecture de l'Essonne. Il obtient un nouveau récépissé, renouvelé une fois, qui lui permet d'être temporairement régularisé jusqu'à la fin de l'année 2010. « Pendant deux ans, explique son avocate parisienne Maître Audrey Lerein, nous n'avons jamais eu de nouvelles de la préfecture concernant le statut d'étranger-malade. Nous avons appelé, écrit... Mais la préfecture de l'Essonne n'est pas accessible, on n'y répond ni au téléphone, ni aux courriers. Nous avons même fait un recours devant le Tribunal administratif de Versailles contre ce refus implicite, puisqu'on ne savait pas ce qui se passait. »
En Ile-de-France, Demba parvient à travailler, et de façon déclarée. Et puis la vie le conduit à Reims, où un restaurant souhaite l'embaucher. Chef cuisinier, en CDI. Il a commencé il y a quatre mois. Demba était domicilié par une association d'aide aux étrangers en région parisienne. À Reims, il s'installe avec sa compagne. Son adresse est connue. Il paie ses impôts. Le couple envisage de se marier. Fort de son CDI, Demba Camara tente la régularisation par le travail. Il s'adresse à la sous-préfecture de Reims, qui l'envoie vers la préfecture, à Châlons-en-Champagne. Et jeudi dernier, Demba s'y rend pour déposer son dossier. « Et là, il a été arrêté (ce que confirme la préfecture), poursuit son avocate. La préfecture de l'Essonne avait transmis la notification d'Obligation de quitter le territoire français qui avait été émise en mars 2011. Le problème, c'est que M. Camara n'était pas au courant de cette OQTF. Je ne sais pas, en l'état actuel des choses, si elle a été notifiée ou pas, ou si l'association de domiciliation a accusé réception mais n'a pas transmis à mon client. En tout cas, à la préfecture, il a été arrêté au guichet, et immédiatement conduit au Centre de rétention administrative de Metz. » Maître Lerein a transmis le dossier à une collègue en Lorraine. Le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) est saisi au Tribunal de Metz, pour demander une remise en liberté. Mardi 31 janvier, sa demande est rejetée. Mercredi 1er février, Demba Camara est devant le Tribunal Administratif de Strasbourg pour casser le processus de reconduite à la frontière en mettant en avant le vice de procédure. Maître Lerein : « Les collègues qui se sont occupés de lui à Strasbourg n'ont pas trouvé trace de la notification de l'OQTF. Le JLD de Metz a rejeté sa demande de remise en liberté au motif de garantie non suffisante, alors qu'il a un CDI, qu'il est soigné en France, qu'il a une adresse. Je suis très étonnée. J'étais plutôt confiante dans ce dossier. Je ne comprends pas qu'il n'ait toujours pas été libéré. Franchement, tout le monde était confiant jusqu'à l'appel rejeté par le Tribunal administratif de Strasbourg. » L'espoir commençait à fléchir. Jusqu'à hier, jeudi, en milieu d'après-midi. Une militante associative nous appelle : « Un juge, à Metz, vient de casser l'obligation de quitter le territoire français ! Demba est libre. » Et on lui aurait signifié, au tribunal, qu'il pourrait de nouveau présenter un dossier de régularisation par le travail et faire valoir ses droits d'étranger malade. Il devra, forcément, reprendre le chemin de la préfecture. Avec un peu d'angoisse...

 

 

lundi 13 février 2012.

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