Une Française d’origine camerounaise a été reçue et réconfortée mardi à Strasbourg par le préfet du Bas-Rhin après avoir été contrôlée par la Police aux frontières (PAF) dans des conditions qu’elle juge humiliantes. "Le préfet m’a dit qu’il avait été choqué et peiné par ce qui m’était arrivé, et ça m’a fait du bien", a indiqué à l’AFP Jeannette, 51 ans, après sa rencontre en tête à tête avec lui.
"Je peux à nouveau me sentir Française", a-t-elle ajouté. La préfecture a confirmé cette rencontre. Jeudi dernier à 06H30, cette femme vivant en France depuis 18 ans et naturalisée Française en 1992 était contrôlée à la sortie du tram qui l’amène chaque jour dans le centre pour handicapés où elle donne des soins. Elle présente divers papiers mais elle n’a pas de carte d’identité sur elle. Les policiers consultent le fichier national et pensent qu’il s’agit d’une personne dont le titre de séjour est périmé depuis huit ans. Ils la menottent et la conduisent au poste, raconte-t-elle.
"J’ai poussé des cris de terreur, car j’étais menottée devant tout le monde et surtout je devais donner des médicaments aux pensionnaires une demi-heure plus tard". Conduite au poste, elle est menottée à un banc et se voit refuser le droit de téléphoner. Soumise à une fouille au corps, elle affirme qu’elle a dû se dévêtir entièrement devant une femme policier.
Un peu plus tard, un reponsable de la PAF appellera son employeur et on lui présentera comme une faveur le fait qu’un équipage la conduise à son travail, raconte-t-elle. Le directeur départemental de la PAF, Patrick Vieux, affirme que la procédure s’appliquant aux personnes dont le titre de séjour est périmé a été respectée, mais qu’il comprend que la quinquagénaire ait pu "mal vivre la situation". Jeannette a été reçue par le préfet après l’intervention d’un député socialiste du Bas-Rhin.