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Strasbourg : Une Sénégalaise fuit son mari et doit également quitter la France

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Strasbourg : Une Sénégalaise fuit son mari et doit également quitter la France

 

La préfecture a refusé de prolonger le titre de séjour d’une Sénégalaise car celle-ci, battue par son mari, a quitté le domicile conjugal. Interpellées jeudi, Fatou et sa fille de 14 ans ont passé 24h en garde à vue.

Jeudi matin, Fatou, 41 ans, et sa fille, Khadidiatou sont contrôlées par la police allemande dans un bus. Sans papiers, les deux femmes sont aussitôt confiées à la police aux frontières (PAF), puis placées en garde à vue à l'hôtel de police de Strasbourg.

Sénégalaise arrivée en France en décembre 2002 dans le cadre d'un regroupement familial, Fatou doit faire face à un mari très violent. De nombreuses attestations et plaintes confirment ses souffrances. Elle finit par quitter le domicile conjugal et demande le divorce.

Le mari violent envoie un courrier à la préfecture, expliquant qu'il se moque de l'avenir de sa futur "ex" épouse, ajoutant qu'elle n'a qu'à retourner au Sénégal. Dans le même intervalle, la préfecture prend acte de la séparation du couple et refuse de prolonger le droit au séjour de Fatou et de sa fille, née d'une précédente union.

L'administration invite donc la dame et son enfant à quitter le territoire.

Perquisition au domicile d'un membre de RESF

Depuis, Me Anne Dissler, conseil de Fatou, tente de faire annuler cet arrêt et d'obtenir la régularisation de sa cliente. Le 10 août 2006, sa demande est une nouvelle fois rejetée au motif que rien ne s'oppose à ce que Fatou vive paisiblement avec sa fille au Sénégal. La décision soulignant en outre l'absence d'attaches familiales de cette mère de famille en France. Un recours a été introduit par l'avocate le 5 octobre 2006

Malgré tout, Khadidiatou poursuit sa scolarité au collège François-Truffaut à Strasbourg. L'élève, très bien insérée, est également élue au conseil municipal des jeunes de Strasbourg.

Parallèlement, jeudi après-midi, Christophe Zander, membre de RESF (réseau éducation sans frontières), reçoit un coup de fil des services de la PAF. « On l'a appelé, explique l'un de ses collègues, pour lui indiquer qu'il y avait des zones d'ombre dans le dossier de Fatou et qu'il devait se rendre à l'hôtel de police de toute urgence. Dès son arrivée, on lui a signifié sa garde à vue. Il y est resté trois heures ». Les faits reprochés à Christophe Zander : « avoir permis à cette dame de bénéficier d'une domiciliation postale, afin qu'elle puisse recevoir les courriers de la préfecture. La police a même perquisitionné à son domicile. »

Hier matin, c'est au tour de la marraine RESF des deux Africaines d'être inquiétée. « Elle a été placée en garde à vue pour les avoir hébergées ». Revirement de situation en fin de matinée, Fatou, sa fille et la marraine sont remises en liberté. Cette dernière fera l'objet d'un rappel à la loi.

Quant à Fatou, femme battue, elle est toujours indésirable sur le sol français.

Cél. L. Édition du Sam 10 mars 2007

samedi 10 mars 2007.

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