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Immigration : le temps du mépris (courrier des lecteurs)

 
M. Pierre Greib, Strasbourg, président du Comité de liaison d’associations pour la promotion des immigrés en Alsace (CLAPEST), membre de la Cimade :

« L'identité nationale, si on lui consacre un ministère relié à l'immigration, que peut-on en penser ? L'identité, lorsqu'elle est définie, enferme, essentialise et exclut. Lorsqu'un conflit repose sur un rapport de forces il peut se résoudre par une négociation ; lorsqu'il met en jeu des identités, il se radicalise et ne peut aboutir qu'à la négation de l'autre, son écrasement ou son exclusion.

C'est au nom de l'identité nationale que l'on a nourri les pires haines et radicalisé les pires conflits. Définir une identité nationale c'est aussi se positionner par rapport à ceux qui ne sont pas partie prenante de cette identité... les immigrés ?

Cette proposition du ministre de l'Intérieur réveille une série de vieux démons qui sommeillent dans une partie de l'opinion de notre pays et que l'on a vu se manifester à de nombreux moments de notre Histoire, de l'affaire Dreyfus à Vichy et qui s'exprime à travers les diverses formes de l'extrême droite identitaire. Ils se nourrissent de la peur de l'autre, défini comme l'ennemi extérieur ou intérieur suivant les époques. Le respect des lois et des droits s'impose à tout individu et ne peut se référer à aucune forme d'identité particulière, sinon on exclut et l'on discrimine.

Si l'on se réfère à quelques épisodes récents de la lutte contre l'immigration « clandestine » dans notre région, il y a lieu de s'inquiéter.

Qui menace l'identité nationale : une grand-mère malgache qui vit depuis des années auprès de ses enfants et petits enfants et qui devrait quitter le territoire alors que, malade, elle n'a plus de famille dans son pays d'origine ? Une femme sénégalaise victime de violences conjugales arrêtée le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, avec sa fille scolarisée et élue récemment au Conseil des jeunes de son quartier ?

Sont-elles, ces deux femmes, les figures emblématiques de l'ennemi intérieur étranger qui menace l'identité nationale ?

A cela, s'ajoute l'intimidation d'un militant de ce Réseau Education Sans Frontière qui fait tant pour attirer l'attention de l'opinion publique sur le caractère inhumain de l'application de certaines dispositions récentes de la législation sur l'entrée et le séjour des étrangers.

J'ai mal à ma République et je suis inquiet de ce que cela peut entraîner ».

DNA - Édition du Jeu 15 mars 2007
jeudi 15 mars 2007.

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