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Blis n° 35

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Blis n° 35

 

Le dernier Bulletin de Liaison Intermittent et Sporadique.

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Edito

LE SINISTRE BATTEUR D’ESTRADE ET LES ARTISTES

« Je veux un ministère de l’immigration et de l’identité nationale » déclarait le 8 mars sur France 2 le ministre-candidat de la Chasse à l’Enfant. C’est à l’évidence une nouvelle figure de la danse du ventre de M. Sarkozy devant Jean-Marie Le Pen (qui a d’ailleurs chaleureusement approuvé l’initiative) et ses électeurs. Ami et soutien fervent du candidat, spécialiste européen de l’identité nationale, résident Suisse, demandeur de la nationalité Belge, futur résident monégasque, Johnny Hallyday est à l’évidence le mieux qualifié pour le poste de ministre de l’identité nationale.

Plus sérieusement, la saillie du candidat, complétée par l’annonce d’une loi supplémentaire contre le regroupement familial, confirme la dérive populiste et démagogique du candidat UMP.

Le télescopage des notions d’immigration et d’identité nationale est une façon de jeter la suspicion sur tous ceux qui, à un degré ou un autre, sont issus de l’immigration. C’est totalement irresponsable. Même si M. Sarkozy ne s’en rend pas compte, les électeurs fascisants qu’il tente si ardemment de séduire doutent ouvertement du caractère national de l’identité du fils d’immigré Sarkozy et de tous les autres. En plaçant le débat sur ce terrain, Sarkozy ouvre la porte à toutes les interprétations et à toutes les dérives. Qui représente, aujourd’hui, l’identité nationale ? Johnny le Belge ? Le Pen le franchouillard ? Sarkozy l’Américain, pour ne citer que quelques exemples dangereux ou ridicules ? Ou, au contraire Marie Curie, Zidane, Costa-Gavras ? Ou encore, plus anonymement, les dizaines de milliers de parents, d’enseignants et de militants qui luttent pour sauver les enfants étrangers des pattes du ministre de la Chasse à l’enfant et, du même coup témoigner que ce pays n’est pas peuplé que de prédateurs xénophobes lepénistes, villiéristes ou sarkozystes ?
M. Sarkozy succombe à sa façon la pire ! à la tentation d’utiliser la démagogie crasseuse pour sa propagande électorale.

Tout à l’opposé quant aux objectifs et aux moyens, les 350 cinéastes qui ont produit le film Laissez les grandir ici ! et initié la pétition du même nom agissent pour que la question des enfants de sans papiers et plus généralement des sans papiers trouve une véritable solution et, pour commencer soit prise en compte, réellement et de façon positive, dans la campagne électorale.

Projeté en première partie dans plusieurs centaines de salles, disponibles sur des dizaines de sites Internet, le court-métrage et la pétition doivent servir de support à l’activité de tous les collectifs RESF. Il faut que dans chaque établissement scolaire, sur chaque marché, devant chacune des salles où est projeté le film, des séances de signature de la pétition soient organisées, qu’à l’instar des cinéastes d’autres corporations la soutiennent.

Dans des dizaines d’endroits chaque semaine, des actions importantes sont conduites en défense d’enfants, de jeunes majeurs, de familles ou de parents : siège de commissariats, délégations en préfectures, rassemblements anti-rafles, rassemblement de protestation contre une expulsion sur un marché ou devant une agence Air France, actions de soutien à des grévistes de la faim dans un centre de rétention. Des dizaines d’actions qui, souvent, font reculer les autorités ou, à tout le moins, lèvent le secret qui habituellement les protège. Ce n’est pourtant pas assez ! Il faut, absolument, que ces actions ne restent pas isolées, confinées chacune dans leur secteur ou leur région. Le problème n’est pas seulement de sauver telle famille, de faire régulariser tel élève. Il est de faire en sorte que les lois et les textes malfaisants qui réduisent tant d’enfants et de familles à la clandestinité disparaissent. Autrement dit, puisque campagne électorale il y a, que ceux qui aspirent à diriger le pays disent ce qu’ils prévoient. Pour le moment, on n’entend guère que la voix des nuisibles Sarkozy et Le Pen, celle des « petits » candidats favorables aux revendications du RESF étant étouffée. Quant à François Bayrou et Ségolène Royal, ils se réfugient pour l’heure dans un trop prudent silence ou de trop confuses banalités. L’initiative des cinéastes, le film et la pétition, doivent être l’occasion décisive de placer nos idées, notre combat, sur la place publique.

mercredi 21 mars 2007.

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