
Le 21 mars 2007, le RESF18 a rebaptisé les rues de Bourges pour rappeler à la Préfecture l’existence des familles et des élèves sans papiers du département du Cher. Une initiative qui a eu un large écho dans la presse locale.
Et le 25 juin 2007, les rues de Paris 20° ont bourgeonné aussi.... , ainsi que celles de Paris 11°, Paris 10°, Paris 19°, Paris 1°,2°,3°,4°.
COMMUNIQUE DU RESF18
De nombreux Berruyers ont pu remarquer que les rues et les places qu’ils empruntent quotidiennement ont changé de noms ( place de la solidarité berrichonne, place de l’éducation sans frontières...) En effet, le RESF 18 vient de procéder à la pose de nouvelles plaques de rues à Bourges. Bourges, ville préfecture, d’où partent les décisions d’expulser ou de régulariser les élèves sans papiers et leurs familles dans le Cher.
Avec cette action, le RESF18 veut interpeller la population sur les situations extrêmement préoccupantes de plusieurs familles de notre département, contraintes de vivre dans la peur de l’expulsion, l’angoisse d’une reconduite à la frontière, la précarité et l’assistanat, parce que le préfet du Cher refuse de procéder à leur régularisation. Le RESF 18 entend dénoncer l’immobilisme des autorités concernant les dossiers qu’il défend, les tracasseries dont sont victimes certaines familles, les expulsions des familles qui lui sont inconnues. Les étrangers ne sont pas dangereux, mais en danger. Nous savons que leur vie est ici et qu’ils ne repartiront pas ; ils doivent être régularisés avec un droit au séjour durable. Ces jeunes, ces hommes et ces femmes, nos voisins, nos proches, sont une richesse : ayons le courage de l’affirmer, construisons une société ouverte au monde, dynamique et chaleureuse. Par le choix des noms donnés aux rues, le RESF18 entend exprimer ses convictions dans des principes aujourd’hui bafoués. Il entend aussi exprimer sa colère face à une politique d’expulsion qui ne faiblit pas en France, sur fond d’électoralisme. Ce n’est pas la manière musclée avec laquelle le ministre candidat écarte de ses passages médiatiques les défenseurs des Droits de l’homme qui veulent simplement user du droit d’expression le plus élémentaire dans une démocratie, à grand renfort de gendarmes comme lors de sa venue à Sancerre, qui nous fera taire.
En cette période électorale justement, le RESF18 affirme que : > Le droit d’asile doit redevenir dans les faits un droit fondamental. > Le droit de vivre en famille et le droit de bénéficier du respect des liens privés doivent être reconnus dans les faits et toutes les restrictions au regroupement familial supprimées. > La Convention Internationale des Droits de l’Enfant doit être respectée, afin que l’intérêt supérieur de l’enfant soit réellement la préoccupation essentielle dans toutes les décisions administratives ou judiciaires le concernant. > Le droit à l’éducation de tous les enfants vivant en France doit s’exercer dans des conditions de sécurité absolue pour les élèves et leurs familles. > Le droit à la santé doit être garanti pour tous, français ou étranger, avec ou sans papiers. Nous demandons la régularisation avec un titre de 10 ans, qui permette aux étrangers vivant en France de vivre sans angoisse et d’accéder aux droits (bail, prêt, contrat de travail...), qui permette à Zolboot, Revaz, Zarina, Paulo, David et d’autres, ainsi que leur famille quant ils en ont encore, de vivre sans la peur au ventre et dans la dignité.
Fait à Bourges le 21/03/07
Le réseau Education Sans Frontières du Cher (RESF18)