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Sans-papiers / Indignation du monde éducatif et de la gauche

Paris : Une directrice d’école sept heures en garde à vue

Article publié dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 24 mars 2007
 

La directrice d’une école maternelle a subi hier à Paris près de sept heures de garde à vue, après des incidents violents mardi lors de l’interpellation d’un parent d’élève sans papiers.

Convoquée hier vers 9 h pour témoigner au commissariat du XIXe arrondissement de la capitale, Valérie Boukobza a été placée en garde à vue pendant près de sept heures pour « outrage et dégradation de bien public en réunion » avant d’être relâchée, sur décision du parquet de Paris.

Avec deux autres personnes, elle avait été appelée à témoigner sur les incidents qui avaient opposé, mardi, des policiers à des parents d’élèves qui tentaient d’empêcher l’interpellation du grand-père chinois, en situation irrégulière, d’un enfant de 4 ans scolarisé à la maternelle de la rue Rampal, à Paris (XIXe).

Hier, peu avant 16h, le parquet de Paris a ordonné la remise en liberté de Valérie Boukobza et des deux autres personnes.

Télégramme aux préfets

Selon Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'enseignement, la directrice aurait « essayé de protéger les enfants » pendant les incidents et la police lui reprocherait d'avoir « tapé sur une voiture de police ».

La préfecture de police a fait savoir, à propos des incidents de mardi, qu'à « l'occasion » de l'interpellation d'« une personne en infraction à la législation sur les étrangers », « des personnes ont fait obstruction. Un policier a été blessé et aspergé d'un liquide irritant ».

L'annonce de la garde à vue de la directrice a aussitôt suscité des réactions d'indignation dans le monde éducatif et les milieux de gauche.

« Jamais on n'avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l'entrée d'une école mais en plus, une tentative d'intimidation manifeste ! », a lancé Gérard Aschieri.

Le PS avait exigé la remise en liberté de la directrice, demandant que « toute la lumière soit faite » sur cette affaire, mais les protestations sont venues également des autres candidats de gauche à la présidentielle. Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Dominique Voynet, tous s'en sont pris à Nicolas Sarkozy.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a écrit au Premier ministre Dominique de Villepin, jugeant « inacceptable d'organiser des formes "d'embuscades" près des établissements scolaires ».

François Bayrou, candidat de l'UDF, a aussi estimé que «dans cette affaire, on a franchi des limites».

A la suite de ce tollé, le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir écrit aux préfets pour leur «rappeler» que «l'exécution des mesures d'éloignement d'étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations de police ou de gendarmerie dans l'enceinte ou à proximité immédiate d'un établissement scolaire».

Gaz lacrymogène

De nombreux enseignants avaient répondu à la mi-journée à l'appel du Réseau Education sans frontières (RESF) à se rassembler devant le commissariat du XIXe où la directrice était placée en garde à vue. Selon RESF et tous les témoins présents mardi dans le quartier de Belleville, les policiers « n'ont pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s'opposaient à l'interpellation » du grand-père chinois.

Celui-ci, emmené mardi en fin d'après-midi au commissariat du IIe arrondissement, a été relâché mercredi, a précisé RESF.

samedi 24 mars 2007.

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