Plus d'un millier d'enseignants, parents d'élèves et militants d'associations -FCPE (parents d'élèves), Réseau Education sans Frontières (RESF) et SOS Racisme- ont manifesté hier devant le rectorat de Paris pour dénoncer la garde à vue vendredi d'une directrice d'école après l'interpellation d'un parent sans papiers devant son établissement (DNA de samedi et dimanche).
Dans un communiqué distribué à la manifestation, la directrice de l'école maternelle Rampal, Valérie Boukobza, affirme avoir rempli son «devoir de protection des enfants et de leurs famille et celui de résistance pacifique à une forme d'oppression» et «ne pas avoir outrepassé» son «devoir de discrétion».
L'Intérieur briefe les préfets
«L'émotion est considérable dans la profession», a déclaré Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire. Une délégation de manifestants a d'ailleurs été reçue hier soir pendant plus d'une heure par le recteur et l'inspecteur d'académie du premier degré. «Le recteur n'a pris aucun engagement sur les enfants de sans-papiers et il a annoncé que la directrice serait convoquée par le responsable du premier degré», a déclaré Jean-François Fontana, de Sud Education.
Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges-lycées, a quant à lui voté, à l'ouverture de son congrès à Clermont-Ferrand, une motion «à l'unanimité» dénonçant les arrestations de parents sans papiers aux abords de l'école. La FCPE a par ailleurs saisi l'occasion du départ du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour demander à son successeur François Baroin de «mettre fin aux expulsions de familles sans papiers ayant des enfants scolarisés».
De son côté, le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir écrit aux préfets pour leur «rappeler» que «l'exécution des mesures d'éloignement d'étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (...) de police ou de gendarmerie dans l'enceinte ou à proximité immédiate d'un établissement scolaire».