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JOSEPH KOLLIE : LES REPONSES DES CANDIDATS

 

Ces dernières semaines, le Réseau Universités Sans Frontières de Franche-Comté/Comité de soutien à Joseph Kollie a entrepris d’interpeller tous les candidat-e-s à la présidentielle sur le cas de Joseph. Nous avons demandé à tous les candidat-e-s républicain-e-s et non officiellement déclarés comme xénophobes de nous recevoir lorsqu’ils/elles sont passé-e-s dans notre région.

A tous, nous avons transmis un dossier comprenant :
•  Une lettre d’introduction où nous posions la question suivante : "Si vous êtes élu-e, Joseph KOLLIE pourra-t-il revenir étudier en France ?",

PDF - 168.9 ko

•  Un rappel de la situation de Joseph KOLLIE,

•  Une lettre de Joseph KOLLIE détaillant sa situation actuelle et ses  projets professionnels ;

PDF - 81 ko

•  Une lettre du Président de notre université ;

PDF - 64 ko

•  Une motion récemment votée par le Conseil d’Administration de notre  université ;

PDF - 14.7 ko

•  Quatre lettres d’enseignants soutenant le projet de M. KOLLIE ;

Voici le compte-rendu de ces rencontres dans l’ordre dans lequel elles se sont déroulées :

Le 13 mars, alors que 150 personnes environ manifestaient devant le Parc des Expositions où devait se rendre Nicolas Sarkozy, une délégation de 3 personnes a été reçue par un conseiller du candidat. Celui-ci nous a écoutés lui exposer le cas de Joseph KOLLIE. Il a déclaré comprendre les raisons qui avaient conduit à son expulsion, mais pas les raisons du refus de visa (puisque "contraire à l’objectif affiché d’une immigration choisie"). Il nous a garanti une réponse de Nicolas Sarkozy.

A ce jour, et malgré de multiples relances, cette réponse ne nous est pas parvenue. Force nous est donc de déclarer que le candidat Nicolas Sarkozy ne tient pas ses promesses.


Le 22 mars, nous avons rencontré José Bové. Il s’est prononcé pour le retour de Joseph KOLLIE, pour la libre circulation des personnes et pour la régularisation des sans-papiers.


Le 30, un membre du RUSF Franche-Comté a pris la parole lors du meeting d’Olivier Besancenot à Valentigney, près de Montbéliard. Lui aussi s’est prononcé pour le retour de Joseph et la régularisation des sans-papiers.


Le 4 avril, nous avons rencontré Dominique Voynet. Celle-ci nous a affirmé la volonté des Verts de "se battre pour le retour de Joseph KOLLIE" et a inclu cette revendication dans le discours qu’elle a prononcé ensuite.


Le 7, une intervention a été faite au meeting de Gérard Schivardi. Celui-ci s’est déclaré favorable au retour de Joseph et a désigné l’Europe du Traité de Maastricht comme à l’origine des expulsions de sans-papiers et du concept d’"immigration choisie".


Le 12 avril, Ségolène Royal n’a pas pu nous recevoir mais elle nous a envoyé une réponse écrite que nous vous livrons ci-dessous :


Madame, Monsieur,

Vous m’avez interrogée sur la demande de visa de M. Joseph Kollie, étudiant libérien de l’université de Besançon expulsé vers son pays le 10 février 2006. Tout d’abord, je dois vous dire que je m’interdis de répondre à votre question précise, « Si vous êtes élue, Joseph Kollie pourra-t-il revenir étudier en France ? » A mes yeux en effet, le chef de l’Etat n’est pas une espèce de monarque intervenant de manière discrétionnaire dans les dossiers individuels. Son rôle est au contraire de garantir le fonctionnement régulier de l’Etat de droit dans lequel le sort des individus ne dépend pas de décisions arbitraires ou de faveur, mais du respect de la loi commune.

La situation que connaît aujourd’hui Joseph Kollie est le résultat d’une politique consistant à faire croire à l’efficacité de la « lutte contre l’immigration » en se montrant intransigeant sur quelques dossiers médiatisés comme ceux de la famille Rabah, de Jeff Babatunde ou de Joseph Kollie. Dans ce dernier cas, le résultat est particulièrement absurde puisque l’administration refuse de prolonger son séjour au motif du manque de sérieux de ses études au moment même où le président de l’université intervient en faveur de cet étudiant .

En faisant comprendre aux préfets qu’ils seraient jugés sur les résultats de cette politique, l’ancien ministre de l’intérieur a confondu performance et intimidation. Cette attitude de manipulation des chiffres et de bluff médiatique n’est pas digne de l’Etat républicain qui doit au contraire veiller à ce que l’application des règles fixées par la loi ne provoque ni désordre ni injustice.

Aujourd’hui, c’est la difficulté et l’arbitraire dans l’octroi des visas qui encourage les migrants à se maintenir en France, et plus généralement en Europe, en situation irrégulière.

La politique que je veux promouvoir ne consiste pas à multiplier les lois sur l’immigration mais à faire respecter quelques règles claires : s’il dispose d’un contrat de travail régulier ou d’un projet de formation validé par une université, un étranger doit obtenir un visa et celui-ci doit lui permettre des allers et retours avec son pays d’origine, afin que le codéveloppement accompagne les migrations au lieu de n’être qu’une contrepartie bien illusoire à l’arrêt des migrations.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Ségolène Royal


Cette réponse appelle pour nous deux commentaires :

1. Nous pensons nous aussi que le Chef de l’Etat ne devrait pas être un monarque mais c’est bien parce que nous nous sommes heurtés à l’arbitraire, - arbitraire préfectoral tout d’abord dans la décision d’expulser, arbitraire des autorités consulaires ensuite (renforcé par la réponse du chef de cabinet de Douste-Blazy au Président de l’Université de Franche-Comté), que nous avons été conduits à formuler la question de cette manière.
  
2. Joseph n’a pas été expulsé pour "manque de sérieux dans les études" mais parce qu’il était débouté du droit d’asile. Ceci étant, Mme Royal affirme que la décision d’accueillir les étudiants étrangers en premier lieu, et le contrôle effectif de leur scolarité ensuite, doit revenir aux instances universitaires et non aux consulats, aux CEF et aux préfectures. Le RUSF saura s’en souvenir si elle est élue.


Enfin, François Bayrou s’est rendu à Besançon le 13 avril. Malgré nos nombreuses sollicitations de l’UDF du Doubs et l’assurance que nous allions recevoir une réponse, aucune suite n’a été donnée.

Nous regrettons avoir raté la venue de Marie-Georges Buffet et ne pas avoir été en mesure de contacter Arlette Laguiller.


Comité de soutien Joseph Kollie/RUSF Franche-Comté
www.ras.eu.org/soutienjoseph
lundi 16 avril 2007.




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