accueil RESF
DON au RESF

resf90 info - février mars 2007

Accueil > RESF - Collectifs locaux > 90-Territoire de Belfort ...
Contact

resf90 info - février mars 2007

 

Journal resf90 info – février mars 2007 (version « corps de texte ») :

 

 

Réseau éducation sans frontières du Territoire de Belfort

 

1) Présentation du resf90 :

Pour qui : Le Réseau Éducation Sans Frontières se propose de réunir tous ceux, citoyens, enseignants, éducateurs, voisins, parents d'élèves, copains de classe, etc,   qui se préoccupent de la situation des sans papiers scolarisés (de la maternelle à l'université).

 

Pourquoi : Aujourd'hui, en France, des hommes, des femmes et des enfants sont stigmatisés et victimes d'un durcissement des lois qui cachent les inégalités et discriminations croissantes au sein des nations et entre elles.

 

Comment : En alertant la Ligue des Droits de l'Homme qui apporte son aide juridique et défend les dossiers de régularisation en préfecture ; en informant les citoyens des réalités vécues par ces familles ; en organisant la vigilance et le soutien nécessaires à l'application des droits fondamentaux (éducation, logement, soins, asile, égalité de traitement, droits des enfants, …) ; en prévenant et en rendant éventuellement publiques des décisions préfectorales hâtives ou inéquitables qui priveraient des enfants, des jeunes ou des familles de leur droit à une existence décente.

 

Résultats : Grâce à la mobilisation, plusieurs familles et un lycéen du département ont pu bénéficier d'un réexamen plus attentif de leur dossier qui a permis leur régularisation.

 

Se renseigner             site resf-France :www.educationsansfrontieres.org

et/ou s'inscrire :       resf90 : par mél : resf90@gmail.com

                                       par tél : 03 84 26 87 22 (Olivier)

(s'inscrire n'engage à rien. Vous recevrez juste quelques infos, environ une fois par semaine et d'éventuels appels à soutien (concernant la Franche-Comté)). Vous pourrez aussi facilement vous désinscrire en envoyant un mél à la même adresse.

 

*********************************************

 

2) Le durcissement de la législation appelle à plus de vigilance

(par Philippe Péquignot – resf90 et section de Belfort de la Ligue des Droits de l'Homme)

 

Le ministre de l'intérieur, lors de la réunion aux Préfets du 9 février 2007, a fait le point sur sa politique en matière d'immigration. Celui-ci s'est félicité de la baisse de plus de 35% de la demande d'asile (10% en 2005). Celle-ci est passée de 57 000 demandes en 2004 à 35 000 en 2006.

     Par ailleurs, 80 716 «étrangers en situation irrégulière» en métropole et en outre-mer ont fait l'objet d'une mesure d'éloignement (47 716 reconduites, soit +36%, et 33 000 refoulements). Pour la seule métropole, le ministre a fixé comme objectif l'exécution de 25 000 reconduites (23 831 réalisées en 2005) et de 4 000 interpellations de personnes «aidant» à l'entrée, à la circulation ou au séjour d'un étranger.

 

Ces chiffres sont éloquents : la France n'en finit plus de légiférer, restreignant toujours davantage les conditions d'exercice du droit d'asile, qui élevait la France au rang d'exemple pour l'Europe.

Aujourd'hui, elle n'hésite plus à s'aligner, a minima, sur les standards de protection proposés par les instances européennes.

 

La chasse est donc ouverte, mais qu'en est-il de la situation dans le Territoire de Belfort ? Sans avoir encore de chiffres exacts nous pouvons donner quelques tendances :

- diminution confirmée de la demande d'asile;

- confirmation du taux de rejet des demandes d'asile ainsi que des recours;

- régularisation au compte-gouttes des situations.

 

Depuis le mois de janvier, la Ligue des Droits de l'Homme a reçu lors de ses permanences juridiques une douzaine d'étrangers en situation difficile (déboutés en première instance et en recours).

Six dossiers concernent des familles avec enfants (1 russe, 1 algérienne et 4 bosniaques); parmi elles, 4 familles auraient pu bénéficier de la circulaire Sarkozy mais n'ayant pas épuisé toutes leurs demandes de recours en matière d'asile, elles ont été exclues de la régularisation.

Plus que jamais nous devons être attentifs à leur situation car à n'importe quel moment ces familles peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement.

 

*********************************************

 

3) Témoignages de maîtresses : (par Julie J. et Fatima G. enseignantes respectivement en maternelle et élémentaire dans des écoles de Belfort, et inscrites au resf90)

 

J'ai rencontré la famille B. dans le cadre de mon travail. Au début, j'avais peu de contacts avec la famille car la maman paraissait discrète et réservée. J'ai appris plus tard que cette jeune femme s'exprimait peu en français mais comprenait bien la langue.

 Un jour, cette maman me parut très abattue, soucieuse et son enfant éprouvait de plus en plus de difficultés à se séparer de sa maman en classe (ce qui n'était pas du tout le cas en début d'année).

Ma collègue lui parlait de temps en temps en arabe et un jour, dans leur discussion sur le pas de la porte, elle fondit en larmes. Elle expliqua que les conditions de vie pour la famille étaient plus que difficiles et sa santé était très faible. Les enfants éprouvaient des difficultés à dormir ce qui perturbait leur scolarité et leur moral. Elle m'expliqua aussi la difficulté de résoudre certains de ses problèmes : tout dépendait de l'obtention des papiers de régularisation pour obtenir un travail, une couverture sociale pour des dépenses de soins importants et surtout les difficultés de n'avoir que très peu de moyens pour subvenir à l'alimentation de sa famille.

Peut-on regarder nos élèves survivre tous les jours sans sourciller ? Peut-on regarder des familles dans de telles difficultés et rentrer chez soi au chaud, en bonne santé, avec un toit, un réfrigérateur rempli, de la place pour dormir, des vêtements pour se couvrir ?

Je suis enseignante : voici mon métier. Et en dehors ? J'oublie ? J'esquive ? Je passe à côté en faisant semblant de ne rien voir ?

Je vis dans la société des droits de l'homme et du citoyen, dans la société dont la devise est liberté, égalité et fraternité… Si quelque chose est encore vrai dans tout cela, il faudrait que cela prenne tout son sens aujourd'hui en 2007.

Julie J. (maternelle Belfort)

 

 

 

 

 

Le cauchemar est devenu réalité un jour pluvieux d'automne lorsqu'un membre du RESF est venu nous annoncer que des enfants de notre école risquaient d'être expulsés.

Alphonsine (10 ans) et Martin (11 ans), frère et sœur, sont scolarisés dans notre école depuis seulement 3 ans et, à les voir, personne ne le devinerait. Ces enfants ont tous les deux beaucoup d'amis. Ils se sont parfaitement intégrés dans l'école en très peu de temps. Ils n'avaient aucune notion de français à leur arrivée et le parlent couramment aujourd'hui. Les résultats scolaires des deux enfants sont plus que bons. Je sais pourtant que la vie de tous les jours est loin d'être facile pour eux. Le père, maçon, n'a pu trouver du travail faute de papiers. Ils vivent donc avec très peu d'argent. Ils ont déjà déménagé plusieurs fois mais toujours dans des appartements à partager avec d'autres familles. Leur petite sœur Germaine (8 ans) est malade. Et surtout, ils vivent avec cette épée de Damoclès suspendue au dessus de leurs têtes : l'expulsion!

Malgré tout cela, les enfants arrivent toujours en classe en souriant. Ils sont heureux, heureux de vivre ici en France, loin de toute la violence qu'ils ont subie là-bas, en Bosnie. Et c'est pour qu'ils restent heureux que les enseignantes se sont mobilisées, que RESF s'est mobilisé, que la LDH s'est mobilisée, que le Centre Culturel s'est mobilisé.

Les Azelvic ont fini par avoir leurs papiers.

La régularisation de cette famille fut un immense soulagement. J'avais tellement eu peur, peur que des gendarmes surviennent dans ma classe pour enlever les enfants, peur de ne plus les voir parce qu'ils auraient été appréhendés au petit matin dans leurs lits, peur qu'ils subissent la violence d'une expulsion, peur qu'ils soient obligés de retourner vivre dans le pays qu'ils ont fui. J'imagine sans mal combien a dû être grande la peur de ces parents et je ne souhaite à personne de vivre avec cette peur là.

Fatima G. (élém Belfort)

 

*********************************************

 

4) Un rendez-vous convivial et solidaire à ne pas manquer :

 

Soirée d'échanges et de fête

Pristina - Belfort - Sarajevo

 

× Diffusion de l'entretien de Mme Raba au Kosovo (« l'exil », Un film de Pierre Corman)

À travers ce court-métrage (35 min) Shpresa Raba témoigne de l'histoire vécue par sa famille, de l'installation en Haute-Saône il y a cinq ans jusqu'au retour forcé vers le village qu'ils avaient dû fuir. L'expulsion de cette femme, de son mari et de leurs trois enfants est devenue emblématique de la brutalité des décisions de reconduite à la frontière.

 

× Petite restauration assurée par nos amis bosniaques

Pitta (au fromage, aux pommes de terre, à la viande), boulettes, … : découvrons la Bosnie par ses spécialités culinaires.

 

 × Ambiance musicale chaleureuse sur des airs des Balkans

 Un accordéoniste nous accompagnera tout au long du voyage; pour sûr, l'ambiance va se réchauffer ...

 

Samedi 24 mars (à partir de 20h30)

Fil du Temps — Évette-Sal bert

Entrée libre
(1 rue du Malsaucy - près de la gare)

 


vendredi 4 mai 2007.

Faire connaître cet article
À L'AGENDA de RESF - Collectifs locaux / 90-Territoire de Belfort
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0