
La petite salle du TJP au pont St Martin à Strasbourg a accueilli hier des familles souvent au grand complet avec des bambins courant sur l'estrade. La manifestation était bon enfant, même si l'enjeu est grave, puisqu'il s'agit de personnes sans papiers dont certaines viennent seulement de déposer une demande, d'autres ont un arrêté d'expulsion, voire sont déjà en centre de rétention. C'est le cas d'une famille tchétchène que l'adjoint au maire PS de Schiltigheim, Raphaël Nisand, a décidé de parrainer.
« Le parrainage n'est pas le sésame de la régularisation »
Chaque famille est en fait dotée de plusieurs parrains ou marraines, dont au moins un parrain citoyen et une personnalité politique dont la mission est d'épauler ces filleuls dans leurs démarches administratives durant l'été.
Une période particulièrement sensible puisque les enfants ne sont plus à l'école et les jeunes plus à l'université. Tel Serge, 27 ans, étudiant en licence de maths. Originaire de la République démocratique du Congo, où il faisait sa 3e année de médecine, il est depuis 4 ans à Strasbourg. « On ne veut pas renouveler mon titre de séjour alors que le président de l'université Louis Pasteur a écrit au préfet pour témoigner de la réalité de mes études ».
« Le parrainage n'est pas le sésame de la régularisation. Mais ce travail est essentiel pour que ça ne se termine pas dans la détresse », a souligné Jacques Fernique, conseiller régional des Verts. Tandis que le député PS Armand Jung « rêve du moment où l'on ne prendra plus les enfants en otage. Ce ne sont ni des bandits, ni des dealers ». Raphaël Nisand a annoncé qu'il s'entretiendra le 16 juillet avec Brice Hortefeux, « car je suis choqué qu'un ministère puisse s'appeler de l'identité nationale ET de l'immigration ».
Henri Dreyfus et Philippe Bies, conseillers généraux PS, Alain Jund, responsable des Verts à Strasbourg et Marie-Dominique Dreyssé, conseillère municipale d'opposition à la mairie de Strasbourg, se sont également engagés auprès des familles.
